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7E CONFÉRENCE
ANNUELLE SUR LES TENDANCES DE L'HÔTELLERIE
"L'HÔTELLERIE FRANÇAISE RETROUVE
DES COULEURS EN 2006"
Dans
son ensemble, le cru 2006 fait figure d'un bon millésime. Toutes les catégories
d'hôtels ont vu leur revenu par chambre disponible progresser par rapport
à 2005. Une hausse dont bénéficient pleinement le haut et le milieu
de gamme, tandis que l'hôtellerie économique connaît une situation
plus contrastée. Entretien détaillé avec Philippe Gauguier,
associé Deloitte.
Propos recueillis par Claire Cosson

Philippe Gauguier : "Tant qu'il y a de la création de
valeur, il n'y a pas de limite au montant des transactions. |
L'Hôtellerie Restauration
:
Quel bilan dressez-vous de l'exercice 2006 ?
Philippe Gauguier, associé
Deloitte :
Je considère
que l'hôtellerie française est dans une phase haussière du cycle
et retrouve des couleurs en 2006. Cette amélioration profite en priorité
à l'hôtellerie haut de gamme, boostée notamment par le retour
de la clientèle étrangère à forte contribution. De fait, la
catégorie 4 étoiles progresse plus 'fermement' que les autres segments.
En 2006, le taux d'occupation moyen des 4 étoiles - France entière - grimpe
ainsi de 6,7 % à 68,8 %, tandis que la recette moyenne par chambre (RMC)
augmente de 6 % (203 E) et le revenu par chambre disponible (RevPAR) de 13,1 %,
s'élevant à 140 E. Avec une hausse moyenne de 4,8 % de ce dernier indicateur
au cours des 5 dernières années, la catégorie haut de gamme rattrape
- au moins, en valeurs constantes - le retard pris depuis le début de cette
décennie.
S'agissant de l'hôtellerie
milieu de gamme (2 et 3 étoiles), elle évolue également de manière
positive, mais dans des proportions moindres et surtout grâce à son
prix moyen chambre. Au terme de l'exercice 2006, le RevPAR des 3 étoiles gagne
5,9 % par rapport à l'année précédente à 62 E et 10,8
% comparés à 2002. Quant à celui
des
2 étoiles, il s'améliore de 2,1 % sur un an et de 12,3 % sur 5 ans.
En fait, seule l'offre économique (0-1 étoile)
présente un bilan mitigé, avec quelques baisses sensibles même suivant
les régions.
À ce propos justement, le produit économique
a-t-il encore de beaux jours devant lui ?
L'hôtellerie économique garde, bien
sûr, des potentiels de progression, notamment au niveau de ses prix moyens,
d'autant que son offre technologique (wifi, TV écrans plats, clim) et sa gamme
de services ne sont plus nécessairement des critères différenciant
avec le milieu de gamme. Seuls la restauration et la surface des chambres font maintenant,
au moins théoriquement, la différence. Ainsi, l'écart avec le moyen
de gamme tend et peut encore se resserrer. Notons toutefois que cette évolution
potentielle demeure liée à la qualité des produits et à
leur niveau de rénovation. Niveau qui reste parfois encore insuffisant aujourd'hui
pour une partie de l'offre économique.
| Pourquoi une alliance entre BDO Marque,
Gendrot et Deloitte ?
Philippe
Gauguier, associé Deloitte
"Nous avons construit - avec Olivier Petit - une structure
polyvalente de conseil dédié à l'hôtellerie et au tourisme,
appréciée tant par sa disponibilité que par son pragmatisme. L'alliance
avec Deloitte représente pour nous une véritable opportunité pour
aller encore plus loin dans la qualité et l'efficacité de nos services.
Deloitte est de fait très présent dans l'hôtellerie. En France tout
d'abord, avec de multiples mandats de commissariat aux comptes pour les plus grands
groupes hôteliers, mais aussi pour les très nombreuses missions de tenues
de comptes, d'expertises comptables réalisées pour beaucoup d'hôtels.
À l'international ensuite, avec HotelBenchmark, l'une des plus puissantes
bases de données au monde. Ces outils statistiques - associés à
notre reconnaissance par les milieux financiers et les compagnies hôtelières
- vont nous aider à aller encore plus loin dans notre recherche de qualité."
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Les fonds d'investissement et de pension - qui ont
acquis ces dernières années bon nombre de chaînes économiques
- jouent-ils, selon vous, un rôle dans ces efforts de rénovation ?
Vaste sujet que d'aborder le rôle et la
politique d'investissement des
fonds de pension et d'investissement. J'estime en fait que ces fonds ont marqué
2 évolutions notables. D'une part, ils sont progressivement passés du
luxe aux segments plus économiques. D'autre part, après avoir ciblé
exclusivement l'immobilier, ils se tournent vers des cibles commerciales, c'est-à-dire
acceptent le risque de gestion, en allant même jusqu'à des acquisitions
de fonds de commerce sans les murs. Ils jouent alors des rôles beaucoup plus
actifs et plus opérationnels. Et qui dit opérations implique de se pencher
sur la rénovation des produits.
Jusqu'à quel point ces fonds d'investissement
ne deviendraient-ils pas concurrents des opérateurs hôteliers traditionnels
?
Certains fonds deviennent en effet des acteurs
et des opérateurs à part entière. Reste qu'ils ne
créent pas encore véritablement de
marque ni de label. Ils contribuent cependant à la valorisation de certaines
d'entre elles. En outre, leur puissance financière, leur disponibilité
de trésorerie, mais aussi les effets de levier considérables utilisés
sur les financements leur permettent d'atteindre très vite les effets de taille,
indispensables dans l'hôtellerie économique en particulier. Leurs objectifs
d'investissement sont atteints dans des délais souvent inférieurs aux
plans initiaux, accélérant ainsi leur délai de prise de parts de
marché. On observe
certes des progressions sensibles de performances commerciales, mais également
des augmentations significatives de prix de cessions. Le tout s'effectue souvent
dans des laps de temps très courts, à peine 2 ans. Voyez-vous des limites
à ces hausses de prix ?
Tant qu'il y a création de valeur, il n'y
a pas de limites ! Les investisseurs à la tête des fonds créent
de la valeur en se dotant des moyens pour repositionner efficacement les hôtels
sur leur marché, en faisant évoluer le classement
dans
lequel ils étaient inscrits, en capitalisant sur des marques parfois sous-exploitées
auparavant. Les efforts d'investissements et de créativité doivent être
à la hauteur des attentes de plus-values.
| Une année 2006 en demi-teinte pour
les 2 étoiles
Alors que les 4 étoiles ont explosé leurs performances
annuelles, notamment à Paris avec une hausse de RevPAR de l'ordre de 12 %
à 171 E, l'hôtellerie 2 étoiles a de quoi faire grise mine. Le
taux d'occupation moyen de cette catégorie a en effet régressé. Certes,
le recul est modeste : - 1,7 % à 67,4 % depuis 2002 et - 0,7 % par rapport
à 2005. N'empêche. Les faits sont là. "Les explications sont,
a priori, à rechercher dans le mix clientèle où les Français
sont majoritaires", indique le cabinet-conseil Deloitte.
N'en déplaise de fait à nos hommes politiques et autres
économistes de renom, en dépit d'une amélioration des chiffres macroéconomiques
français, force est de constater que l'Hexagone ne parvient pas à
afficher les taux de croissance réalisés par les Américains, les
Asiatiques et les Britanniques. Taux de croissance qui font d'ailleurs les beaux
jours de l'hôtellerie haut de gamme. "Il convient toutefois de souligner
que les 2 étoiles sont les établissements qui ont le moins fortement subi
les effets de la crise. Par conséquent, il est légitime que ces taux de
croissance soient inférieurs à ceux enregistrés dans les catégories
ayant dévissé sur la période 2002-2003", ajoute le cabinet-conseil.
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AU COURS DES 5
DERNIÈRES ANNÉE
Hausse record du prix moyen et baisse significative
du taux d'occupation pour les chaînes
économiques
Qu'on
le veuille ou non, les faits sont là ! L'hôtellerie économique
chaînée (0-1 étoile) observe depuis quelque temps un net repli de
son taux d'occupation. La preuve. Selon les données du cabinet Deloitte, la
fréquentation de ces établissements - certes encore supérieure à
70 % - a globalement chuté de 7,8 % au cours des 5 dernières années.
Un fléchissement qui n'est cependant pas homogène. "En effet, les hôtels
de chaînes qui investissement de manière régulière affichent
les meilleures performances, et nombre d'entre eux, des performances en hausse",
explique Florent Daniel, consultant Hôtellerie et Tourisme Deloitte.
En fait, une véritable prime à la qualité régit
le marché économique. Sans oublier l'importance de la localisation qui
constitue également un élément majeur dans un marché ultra-compétitif.
Cela signifie que les produits ayant tardé à se renouveler ou localisés
dans des sites de second rang subissent le contrecoup d'un environnement économique
moins porteur. "Ceci est d'autant plus vrai que compte tenu de leur localisation,
la très grande majorité des établissements économiques ont un
mix clientèle dominé par le segment affaires", précise Florent
Daniel.
Parallèlement, le prix moyen chambre de cette catégorie
d'hôtels n'a pas cessé de progresser depuis 2002 avec le taux de croissance
le plus élevé du marché hôtelier : + 17,2 % à 32 E en
2006. Une croissance qui peut s'expliquer en majeure partie par l'émergence
ou le renouvellement de certains produits offrant, par exemple, la climatisation,
le wifi, etc. Longtemps restés inférieurs à 30 E HT, les prix moyens
de l'hôtellerie économique ont franchi désormais cette barre fatidique
et s'acheminent maintenant vers les 35 E. |
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| Poursuite
de la croissance des RevPAR en 2007

Difficile d'établir à l'heure actuelle des prévisions
sur l'exercice 2007. D'autant que l'industrie hôtelière est à
la fois très dépendante de l'économie mondiale et nationale. N'empêche.
S'appuyant sur les statistiques de l'Insee qui tablent sur une croissance du PIB
français de 1,8 % ainsi que sur ses analyses spécifiques du marché
hôtelier dans son ensemble, Deloitte se projette dans l'avenir. Au regard
des prévisions du cabinet, la croissance des RevPAR devrait se poursuivre en
2007 de manière plus modérée qu'en 2006. |
Complément d'article
3016p13



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L'Hôtellerie Restauration n° 3016 Hebdo 15 février 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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