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À
MARSEILLE
26 RESTAURATEURS DOIVENT
CASSER LEUR TERRASSE
Dernière ligne droite pour les 26 restaurateurs de l'Îlot
Thiars à Marseille, à côté du Vieux Port. Pour des
raisons de sécurité, ils sont priés de se mettre aux normes, de casser
leur terrasse et de reconstruire selon un cahier des charges négocié mot
à mot par la Fédération de l'industrie hôtelière des
Bouches-du-Rhône.

L'Îlot
Thiars avant les travaux. |
Entre
le Vieux Port et la place du Cours Estienne d'Orves, l'Îlot Thiars fait figure
de parent pauvre. Les terrasses fermées, construites parfois sans autorisation
(selon la mairie), qui ont envahi la chaussée de manière anarchique, donnent
au quartier un aspect coloré, du type big bazar. Inacceptable pour la mairie
qui entend redonner ses lettres de noblesse au quartier, à l'exemple de ce
qui s'est fait en 1998, quai du Port. Pour faire du beau et du neuf avec du laid
et requalifier un espace aux façades XVIIIe siècle, Martine
Vassal, adjointe chargée des emplacements, a profité d'un avis défavorable
du Bataillon de marins pompiers sur les conditions d'accès des engins de secours
et de lutte contre l'incendie. En mai, la ville a entamé une réflexion
avec les 26 restaurateurs, la FIH et le Comité d'intérêts de quartier
(CIQ).
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Les
élus qui présentent le dossier (Martine Vassal, au centre, et Philippe Berger, à droite).
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La position musclée de
la mairie
L'heure de la négociation
étant terminée, les restaurateurs sont priés de démolir leur
terrasse et de reconstruire selon un cahier des charges précis, avec réduction
de la largeur des terrasses. Ils risquent de payer de lourdes amendes, des astreintes
importantes, de subir une fermeture administrative et de voir les bulldozers se
charger du travail, comme à Beauduc en Camargue. C'est ce qu'a exprimé
Philippe Berger, adjoint chargé à la sécurité, lors de la
présentation à la presse du dossier. Cette position musclée n'a
pas plu à Pierre Alfonsi, président de la FIH 13, qui, depuis des mois,
dialogue avec la mairie pour améliorer le projet (lire
encadré ci-dessous). En attendant, certains restaurateurs, Chez Mario, Le Fétiche,
L'Annexe… ont démoli leur terrasse et/ou reconstruit. 8 autres ont déposé
un dossier auprès des services municipaux. Histoire de mettre un peu d'huile
dans les rouages, Martine Vassal s'est engagée à "faire un effort
sur les taxes d'emplacement, si les restaurateurs font vite". Pour Ludovic Nadjar,
patron du Fétiche, les taxes représentent 7 000 E par an. Une somme qui
allégerait d'autant son compte d'exploitation,
la démolition et la reconstruction de sa terrasse lui coûtant 50 000
E. Il explique : "Ma terrasse est passée de 3,10 mètres de largeur
à 2,60, ce qui me supprime 20 couverts. J'espère que les travaux de
rénovation de mon restaurant me feront gagner de la clientèle." Requalifié,
le quartier va bouger. Canas Tapas vient de racheter le Café d'Honoré
et le Bouchon Thiars. Début avril, il installe un vrai bar à Tapas,
premier du genre à Marseille.
Dominique
Fonsèque-Nathan
zzz74v
Pierre
Alfonsi, président de la FIH 13
"Je
n'admets pas qu'un élu municipal comme Philippe Berger (N.D.L.R. : adjoint
au maire délégué au Bataillon des marins pompiers) s'adresse à
des chefs d'entreprise comme s'ils étaient des renégats et menace de nous
envoyer la force publique pour démolir nos terrasses, comme à Beauduc,
avec des bulldozers. Il fait des effets de manche et est incompétent. Il a
exigé 5,50 mètres de largeur de rue pour laisser passer les voitures des
pompiers alors que 4 mètres étaient suffisants (ce que nous avons obtenu).
Je lui rappelle à ce propos que les barrières ont été fixées
dans le sol par la mairie elle-même il y a 12 ans, avec 3,70 mètres d'emprise.
Je ne supporte plus que certains élus tirent sur les gens qui travaillent.
Nous ne sommes pas des garnements. Nous investissons, payons les impôts, créons
des emplois. Nous avons droit au respect, pas à la menace. J'ai négocié
avec Madame Vassal et le maire. Nous avons fait un gros travail pour les adhérents
de la FIH 13 et obtenu des améliorations notables par rapport au projet initial
(N.D.L.R. : par exemple, la hauteur des vitres de séparation est passée
de 1,50 à 1,80). Il y a encore quelques points de détail à
régler. Cela s'est fait dans le dialogue. Et voilà qu'un élu
nous menace. C'est inacceptable." |
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L'Hôtellerie Restauration n° 3016 Hebdo 15 février 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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