|
|
|
pour le 20e anniversaire de la
compétition
FABRICE DESVIGNES REMPORTE
LE BOCUSE D'OR
HAUT LA MAIN
Fabrice
Desvignes est le 6e Français à remporter le Bocuse d'or
dont c'est la 11e édition en 20 ans.
Par
Nadine Lemoine

La victoire à Fabrice Desvignes.
J'étais
transcendé ! J'ai mis 35 minutes de moins que le temps prévu pour réaliser
les plats. J'étais pressé. Antoine, mon commis, était aussi une vraie
fusée. On était devenus de véritables machines. Pour parler à
Antoine, j'étais obligé de hurler tellement il y avait de bruit. On n'entendait
plus les timers ni le four. Et pourtant, on s'était entraîné avec
la musique à fond pour s'habituer. C'était bien loin de la réalité
!", raconte Fabrice Desvignes, Bocuse d'or 2007.
En deux jours, les 23 et 24 janvier, 24 chefs
issus de sélections nationales sont venus défendre leurs couleurs à
Lyon. Entraînés comme des sportifs de haut niveau et soutenus par des
fans en délire, les candidats avaient 5 h 30 pour envoyer un plat de poisson
et plat de viande qui frôlent la perfection. Avec eux, un commis avec lequel
ils forment un binôme, un élève de l'Institut Paul Bocuse en soutien,
les chefs qui notent leur prestation, et les membres du jury (le gratin de la gastronomie
mondiale) à deux pas qui goûtent les plats avec une attention scrupuleuse.
Le tout sous l'oeil du patron : Paul Bocuse. L'enjeu est d'importance, et ici, tout
le monde en est conscient. La Marseillaise envahit l'Espace des Chefs. Fabrice
Desvignes, second des cuisines du Sénat, coaché par ses chefs Gilles Poyac,
Pascal Grière et Jérôme Le Minier, a rempli son contrat. "Je
veux leur dire un grand merci, ainsi qu'à Michel Roth, François Adamski,
Stéphane Buron et Michel Rochedy, qui sont passés plusieurs fois au Sénat
et m'ont donné de précieux conseils, insiste Fabrice Desvignes. On
a gagné ! C'est fini ! Ce n'est pas ma cuisine qui a gagné, c'est la cuisine
de l'équipe du Sénat. C'est plus d'un an de travail à ne faire
que ça. Je suis heureux !"

En
coulisse, quelques minutes avant l'annonce du palmarès : Olivier Roellinger,
Antoine Michelson et Fabrice Desvignes, inquiets.
"Ça faisait 48 heures que je n'avais pas dormi. J'étais
épuisé physiquement et moralement", confie aujourd'hui le nouveau
Bocuse d'or.
|
Les plats
de Fabrice Desvignes |
LE
PLAT POISSON :
Le Saint-Fjord de Norvège.
Le Flétan : Farci d'une émiettée de King
Crab, étuvée de courgettes en millefeuille de truffes, émulsion de coquillages montée
au beurre, jus de presse de homard.
Les garnitures : Le Chou-fleur : Crémeux de
chou-fleur et sommités au caviar osciètre, jeunes poireaux étuvés
au beurre, tuile croustillante.
Le Spaghetti : Cannelloni de spaghettis en 2 pigments,
garni de crevettes grises, d'un salpicon de homard, Saint-Jacques et langues de
coques.
La Pomme de terre : Pomme de terre fondante farcie aux
pieds de porc confits au jus de crustacés et homard. |
Complément
d'article 3014p3
: le plat viande
La Volaille de Bresse de
tradition
La Volaille : Coque de volaille truffée composée de foies
blonds, rognons et crêtes de coq, échalotes confites et tranches de
cèpes, montée en strates d’un suprême de volaille lardé aux truffes
et foie gras de canard, accompagnée d’un jus gras de volaille.
Les garnitures :
Le Coing : Dôme de coing confit dans un jus de betteraves
rouges aux épices et porto réduit, farci aux châtaignes, sur un
Traoumad salé aux noix.
La Pâte aux Truffes : Ris de veau et crêtes de coq façon
Bressane aux petits oignons.
Le Petit Pois : Chartreuse de carottes et pommes de terre
garnie de petits pois cuisinés à la Française, crème brûlée au lard,
croustillant à la farine de gaude. zzz22v
|

Les
membres du jury lors de la présentation des plats : Gualtiero Marchesi,
Juan Mari Arzak...

Hiroyuki
Hiramatsu et Olivier Roellinger, membres du jury, avec
Jean Fleury et Paul Bocuse.

Heston Blumenthal,
président d'honneur du jury, Paul Bocuse et
Serge Viera, Bocuse d'or 2005.

Photo
de famille de tous les chefs qui ont rendu possible le bon déroulement du concours
depuis 1987.

Frédéric Anton, Pré Catelan
à Paris, Espoir 3 étoiles, est venu assister au Bocuse d'or en attendant
la sortie du guide Michelin.

Michel Roth, Yannick Alleno (également
classé en Espoir 3 étoiles), François Adamski et Franck
Putelat. Bocuse d'or et Bocuse d'argent, les prédécesseurs de
Fabrice Desvignes sont venus le soutenir.
|
Classement
du Bocuse d'or |
|
Classement |
Pays |
Total
|
|
1 |
France |
968 |
|
2 |
Danemark |
941 |
|
3 |
Suisse |
932 |
|
4 |
Norvège |
893 |
|
5 |
Suède |
891 |
|
6 |
Japon |
835 |
|
7 |
Canada |
829 |
|
8 |
Islande |
808 |
|
9 |
Espagne |
798 |
|
10 |
Royaume-Uni |
781 |
|
11 |
Allemagne |
767 |
|
12 |
Australie |
757 |
|
13 |
Autriche |
754 |
|
14 |
États-Unis |
749 |
|
15 |
Belgique |
730 |
|
16 |
Singapour |
727 |
|
17 |
Chine |
723 |
|
18 |
Italie |
718 |
|
19 |
Afrique du Sud |
716 |
|
20 |
Brésil |
691 |
|
21 |
Luxembourg |
690 |
|
22 |
Mexique |
683 |
|
23 |
Argentine |
666 |
|
24 |
Russie |
614 |
Retrouvez
les
meilleurs moments du Bocuse d'or 2007
en vidéo et
en images
|
Palmarès
|
|
Bocuse d'or : Fabrice Desvignes
(France).
Bocuse
d'argent : Rasmus Kofoed
(Danemark).
Bocuse
de bronze : Franck Giovannini
(Suisse).
Prix
Poisson : Sven Erik Renaa
(Norvège).
Prix
Viande : Markus Aujalay (Suède).
Prix
du Meilleur poster et de la Meilleure identité culinaire
: Kotaro Hasegawa (Japon).
Prix
du Meilleur commis : Chang
Yung Lua (Chine).
|

Georges
Blanc et Vincent Ferniot, qui présentait en direct le concours du
Bocuse d'or.

Kotaro
Hasegawa, Hiroyuki Hiramatsu, Jacques Pourcel, le commis de Kotaro
Hasegawa, Laurent Pourcel.
Le chef japonais travaille pour les frères
Pourcel au restaurant Sens et Saveurs à Tokyo.

Jean-François
Mesplède, directeur du guide Michelin France, a également
suivi les épreuves. Ici avec Laurent Turmes, managing director de Villeroy
& Boch.
Réactions
à chaud |
|
ANTOINE
MICHELSON,
commis de Fabrice Desvignes, élève en bac pro à Ferrandi à
Paris : "C'est énorme ! Ça fait 9 mois que je travaille dur avec
Fabrice. Je n'avais pas le droit de le décevoir. Je suis très heureux
!
Mon rêve, avec mon bac pro en poche, c'est d'aller à
New York travailler avec Daniel Boulud." |
JACKY
FRÉON,
1er vainqueur du Bocuse d'or en 1987, secrétaire général et coordinateur de l'Académie des Bocuse d'or :
"J'avais dit à Régis Marcon 'c'est le meilleur
candidat qu'on ait présenté jusqu'à présent'
et j'ai beaucoup de respect pour tous ceux qu'on a sélectionné
auparavant. Fabrice Desvignes doute beaucoup et c'est ce qui fait qu'il est à
l'affût de tout. Je n'ai jamais vu ce niveau-là en concours. C'est
tellement haut qu'on se demande ce qu'on pourra faire demain."
|
|
GÉRARD
CAGNA
"D'un métier du quotidien, on a réussi à faire
un métier spectacle. On voit les yeux des candidats tendus comme ceux des sprinters,
mais eux, c'est un marathon qu'ils vivent. Il y a une compétence et une gestuelle
magnifiques. Tension et dramaturgie. Je suis admiratif." |
CHRISTIAN
BOURILLOT "On sent une montée en puissance du concours. On ne
sait pas où ça va s'arrêter. Des pays faibles montrent de
grands progrès. C'est formidable !" |
|
OLIVIER
ROELLINGER
"C'est la première fois que je fais partie du jury et
je suis très honoré. La cuisine est vraiment un trait d'union entre
les hommes. C'est une fête internationale exceptionnelle, avec une ferveur
et une magie que l'on doit à Paul Bocuse et ceux qui l'entourent."
|
FRANÇOIS
ADAMSKI
"Ça me rappelle de grands souvenirs, beaucoup de contraintes,
de travail… Ça nous aide à grandir en termes de notoriété
et de travail et on se fait plaisir." |
|
MICHEL
ROTH (à
droite, dans le box de Fabrice Desvignes)
"On se rend compte que la France est toujours là et
toujours en pointe en matière de technicité. Ce sont les jurés
de chaque pays qui ont voté. Il faut le rappeler. Il y a de plus en plus de
candidats compétitifs, et la France, qui a une culture de concours, avance
bien avec son temps et reste le pays à battre. On est toujours à notre
rang dans les concours et dans les restaurants. On est encore là." |
SERGE
VIERA,
vainqueur du Bocuse d'or 2005 :
"Le niveau s'est
encore amélioré. Je n'aimerais pas être à leur place. Je
suis plus zen aujourd'hui. Grâce au Bocuse d'or, ça accélère
tout. J'ouvre mon hôtel-restaurant début 2008 à Chaudes-Aigues
(45 couverts, 6 chambres). On aurait mis 5 à 6 ans de plus sans la victoire
au Bocuse d'or." |
|
JACQUES MAXIMIN,
et une partie des MOF qui ont suivi les épreuves
:
"Je suis venu en observateur en vue de la finale des MOF. Je regarde les niveaux,
les techniques… C'est impressionnant. Il y a un décalage avec le
MOF où les plats peuvent être servis dans un restaurant. Ici,
ce sont des plats de maîtrise qu'on fait une fois dans sa vie. Ça
vaut le coup de le voir !" |
RÉGIS MARCON,
président de l'Académie des lauréats du Bocuse d'or,
ici avec
JOSEPH VIOLA,
restaurant Daniel et Denise : "Le niveau monte. On voit que notre livre (Défi Gourmand
chez Glénat) a été lu par les candidats qui ont suivi quelques-uns
de nos conseils." |
Lire le Quotidien du 24 janvier :
cliquez ici
Article précédent -
Article suivant
Vos questions et vos remarques : Rejoignez le Forum des Blogs des Experts
Rechercher un article
L'Hôtellerie Restauration n° 3014 Hebdo 1er février 2007 Copyright © - REPRODUCTION
INTERDITE

|