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DEUX PALACES, UNE PROPRIÉTAIRE Marianne Estène-Chauvin à la tête du Belles Rives et du Juana
Les
2 établissements sont distants d'une centaine de mètres à peine.
"Belles Rives, c'est côté mer, le Juana, côté pinède.
Je vais pouvoir répondre à toutes les demandes", dit avec humour
Marianne Estène-Chauvin. Le Belles Rives reste attaché à la légende
littéraire de la Côte d'Azur. C'est là que l'écrivain Francis
Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, entre extravagances et mondanités, ont
vécu de 1925 à 1929 dans ce qui n'était alors qu'une luxueuse villa,
le Saint-Louis. Le Juana, c'est ce palace années 1930 à la façade
art déco mais, peut-être et surtout, le lieu où Alain Ducasse s'est
révélé et où, pendant plus de 10 ans, Christian Morisset, qui
lui a succédé, a poursuivi un travail de haute voltige sur la cuisine
méditerranéenne. "Les temps ont changé. Quand j'ai acheté
le Juana, début mai à la famille italienne Ferrante, La Terrasse, le
restaurant gastronomique, n'existait plus. Je ne vais pas le relancer", dit
Marianne Estène-Chauvin. Elle cherchait à acquérir un hôtel
dans le vieil Antibes ou un bar à vins, un "endroit pour prendre un verre
et se nourrir légèrement". L'opportunité du Juana est arrivée.
"Le Juana, c'est une fois dans une vie", dit-elle. Marianne Estène-Chauvin
va le rendre plus convivial, plus accessible tout en maintenant 'la french touch'
qui le caractérise. "J'aimerais y créer une sorte de 'spoon bar'. Le
restaurant n'aura pas de connotation gastronomique." Elle vient de nommer un
nouveau directeur mais désire maintenir le personnel en place depuis de nombreuses
années. Elle évoque "leur élégance naturelle". "Ils
ont le savoir. Ce sont des gens précieux", dit-elle. Marianne Estène-Chauvin
est propriétaire du Belles Rives depuis 2001, année où elle a repris,
seule, le palace que ses grands-parents venus de Russie avaient acheté en 1929.
Elle y a mené à bien les 3 objectifs qu'elle s'était assignée
: ouvrir un restaurant gastronomique, La Passagère, aménager une plage
privée capable d'accueillir 500 personnes et tenir l'établissement ouvert
toute l'année. "L'été, nous sommes 130
personnes, ensuite une vingtaine. Il faut combattre la déprime que l'on ressent
l'hiver à Juan-les-Pins. Il faut créer la vie, d'autres établissements
me suivent", dit-elle. Marianne Estène-Chauvin n'était pas réellement
du métier même si, chaque été, elle venait travailler avec
son oncle qui dirigeait l'hôtel. Spécialiste d'histoire de l'art, elle
affirme que pour convaincre, elle s'est davantage appuyée sur le passé
du Belles Rives que sur les banquiers. "Je me suis donnée à fond
dans l'aventure de diriger ce palace parce que je voulais qu'il continue à
exister et qu'il reste dans la famille", ajoute-t-elle. Pour La Passagère,
après le départ cet hiver du jeune David Marie, son choix s'est porté
sur Frédéric Buzet, un ancien de Guy Martin au Grand Vefour, qui officiait
depuis 12 ans au Saint-Paul à Saint-Paul-de-Vence.
Hôtel
Belles Rives Hôtel
Juana
Nouveau directeur général
au Juana
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