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AU SUD-EST DE L'ÉCOSSE
Edimbourg, une destination négligée à haut
potentiel
Principale destination touristique
d’Écosse et deuxième du Royaume-Uni après Londres, Edimbourg est souvent
oubliée des jeunes professionnels désireux de partir travailler
Outre-manche. Il y a pourtant des opportunités.

Le château d’Edimbourg est classé
patrimoine mondial par l’Unesco |
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Le traditionnel Kilt n’a pas
complètement disparu
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Certes, ‘l’Athènes du Nord’ est située à 700 km
au nord de Londres. Elle n’est pourtant qu’à 2 heures de Paris en avion. En
outre, elle compte une concentration impressionnante de restaurants : selon
l’office du touriste écossais, elle est la ville de grande Bretagne qui compte
le plus grand nombre de restaurants par habitants. S’il y a peu de restaurants
gastronomiques véritablement haut de gamme (le guide Michelin UK 2006 n’a
sélectionné que 2 restaurants 1 étoile, et 1 Bib gourmand dans son édition
2006), il y a en revanche une large variété de styles et donc une gamme étendue
de compétences recherchées.
Paradoxalement, les restaurateurs ne semblent pas souffrir pas de la quantité de
main d’œuvre en raison d’un noyau constant d’étudiants britanniques, australiens
canadiens travaillant en restauration le temps de leur séjour. Toutefois,
certains se plaignent de la stabilité de celle-ci. Et c’est là que les
professionnels français qualifiés et motivés ont une carte à jouer. «Attention
cependant à ne pas arriver en conquérant. Les jeunes professionnels doivent
désormais être conscients que les polonais et slovaques peuvent leur faire
concurrence. Quoique souvent moins bien formés qu’eux à la base, ils sont en
effet animés par une puissante volonté d’apprendre, et se révèlent de plus en
plus souvent être des collaborateurs plus compétents et travailleurs que les
français » prévient Philippe Bachelet qui, entre ces deux restaurants ‘Le Petit
Paris’, emploient une trentaine de personnes toutes francophones (voir encadré
ci-dessous). Arrivé à Edimbourg il y a 15 ans 15 ans, un BTS action commerciale
en poche, Philippe s’est formé sur le tas en commençant par travailler en salle
pour une petite chaîne de restaurants français (aujourd’hui disparue) jusqu’à en
devenir directeur des opérations. C’est quand le réseau de franchise s’est
écroulé, qu’il a eu l’opportunité de s’associer avec l’un de ses collègues, pour
l’achat du fonds de commerce et l’ouverture du premier ‘Petit Paris’. Situé dans
la vielle ville juste derrière le château, l’établissement jouit d’un
emplacement privilégié et offre une cuisine résolument française (côte de bœuf,
pruneaux à l’armagnac, chèvre chaud, jambon d’auvergne….) dans un cadre
volontairement ‘titi parisien’. «Avec une capacité de 45 places sans compter la
terrasse on arrive parfois à assurer 500 couverts par jour» souligne-t-il. Forts
de leur succès, ils ont ouvert en 2004, un second restaurant dans New Town sur
le même modèle.

Le quartier de la Leith |
Formule Bistro ou
languedocienne
La formule ‘bistro français’ fonctionne aussi très bien pour Daniel
Vencker, propriétaire de Daniel’s Bistro dans le quartier de Leith, où les
nouvelles habitations ont remplacé les entrepôts du vieux port d’Edimbourg. «Nous
avons volontairement opté pour une carte avec un vaste choix de plat (ndlr :
plus de 40) représentant à peu près toutes les régions de France : salade
lyonnaise, boeuf bourguignon, saumon mariné à l’Aneth, moules farcies,
cassolettes d’escargot, confit de canard… et notre recette clé : la tarte
flambée» précise cet alsacien d’origine. «Dans tous les cas il s’agit d’une
cuisine de style bourgeoise, simple et sans luxe, toujours copieuse et élaborée
à partir de produits frais par notre chef français présent depuis l’ouverture de
l’établissement il y a plus de 8 ans maintenant», complète-t-il.
Mais les restaurateurs français d’Edimbourg ne misent pas forcément sur les
compétences de chefs français. C’est par exemple le cas de La Guarrigue, situé
entre la gare de train et la Royal Mile, l’une des rues les plus touristiques de
la vielle ville, où le personnel de cuisine est écossais. Il n’en demeure pas
moins que la cuisine, elle, est bien française, et plus précisément
languedocienne. Et pour cause, son propriétaire, Jean-Michel Gauffre, qui a
grandi à Bédarieux a conçu ce restaurant un peu comme un retour aux sources.
«J’ai ouvert l’établissement très égoïstement il y a 5 ans avec l’envie simple
de me faire plaisir. Et mon plaisir c’était alors de retrouver des plats que je
mangeais dans mon enfance. Des plats qu’on mangeait chez moi à la maison »
raconte l’ex-élève de l’école hôtelière de Toulouse. Au menu donc des plats tout
simplement bons et ensoleillés : pressé de sardine, tarte à la tomate et au
basilic, bouillabaisse, saucisse de Toulouse et ratatouille….Avec une carte qui
se limite volontairement à 3 entrées, 3 plats et 3 desserts pour un prix compris
entre £14,5 à midi et £24,5 au dîner, il a séduit une clientèle fidèle et à 70%
britannique. Celle-ci apprécie, outre la qualité des mets, l’accueil souriant et
chaleureux offert par l’équipe de salle… « Quand je recrute, la qualité que je
recherche avant tout, c’est l’enthousiasme» précise Jean-Michel dont le mot
d’ordre est ‘travailler dans la bonne humeur’. «Je conseille à ceux qui veulent
faire l’expérience d’un pays étranger de partir jeune, car plus on attend, plus
il est difficile d’adapter sa façon de travailler » explique le chef.
Tiphaine Beausseron zzz99
| Le Petit Paris

Niché au premier étage d’un immeuble
d’architecture géorgienne en lieu et place d’un ancien appartement, le
second restaurant ouvert par Philippe Bachelet (à gauche sur la photo) et Frederic Berkmiller
(à droite),
est situé dans ‘New Town’. Conçu sur le même modèle que le premier, il a
joué la carte du Paris des années 50 pour l’ambiance. «Notre idée est de
donner à notre clientèle l’impression de passer deux heures en France.
Pour l’authenticité du lieu, nous misons donc aussi sur du personnel
français ou au moins francophone » précise Pierre Bachelet. |
| Daniel’s Bistro

Chez Daniel’s Bistro le personnel n’est
pas forcément français ni doté d’un diplôme d’une école hôtelière. Le
propriétaire (Daniel Vencker - à droite sur la photo) accepte également
des jeunes avec un niveau d’anglais très moyen. Il aime axer son
management sur la formation interne et propose à ses plongeurs une
formation de pizzaïolo. Pour lui, la ‘bonne France’ se retrouve dans les
recettes concoctée par le chef Denis Guilloneau (à
gauche), fidèle au poste depuis l’ouverture. Allison Guilloneau (au
milieu) s'occupe chaleureusement de la salle. |
| La Guarrigue

Avec des plats aux saveurs et couleurs
du sud, et une carte des vins exclusivement languedocienne, Jean-Michel
Gauffre (photo) a réussi le pari de transporter le palais de ses clients en
Roussillon tout en cuisinant les bons produits du terroir écossais. Pour
accentuer l’étiquette ‘région de France’ de son établissement, l’équipe
de salle est volontairement française et compte 4 temps plein et 3 temps
partiel. «Avec quelques autres restaurateurs français d’Edimbourg, nous
réfléchissons à créer un système leur permettant avec un contrat de
travail unique de travailler à plein temps pour chacun de nous» confie
le chef. |
Michel
Bouyer, chef exécutif du Bonham Hotel
Pour le chef exécutif du Bonham
Hotel, l’un des boutique-hôtels de la compagnie The Townhouse, une mini
chaîne hôtelière qui monte en Ecosse, Edimbourg est pleine de richesses.
Ce passionné de pêche profite pleinement de ‘cette capitale à la
campagne’ et a su allier vie de famille et vie professionnelle. «C’est
d’ailleurs l’une des grandes différences avec la France dans le
management quotidien de mon équipe. Ici il est très important d’être
attentifs aux préoccupations d’ordre familial, et de savoir construire
une relation individuelle durable avec chaque collaborateur. D’autant
que les équipes sont souvent cosmopolites. Il faut donc savoir composer
avec des différences de culture et de comportement » précise le chef de
36 ans. Arrivé à Edimbourg à 23 ans, l’ex-élève du Lycée hôtelier de
Machecoul (44), gère aujourd’hui un budget de £700 000, dirige une
équipe de 8 personnes en cuisine, et collabore avec les responsables de
salle et le directeur de cet hôtel 5 étoiles de 48 chambres. «Autre
grande différence avec la France : l’importance du petit-déjeuner qui
est une repas à part entière. A titre d’exemple outre un buffet notre
carte affiche 6 plats différents aussi consistants qu’un déjeuner ou un
dîner » complète-t-il. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2981 Hebdo 15 juin 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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