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DANS LE CADRE DE LA REVUE
STRATÉGIQUE DE SES PARTICIPATIONS
ACCOR ANNONCE SON RETRAIT
QUASI-TOTAL DU CLUB MÉDITERRANÉE
Le leader de l'hôtellerie européenne
renonce au mariage avec le Club Med. Il cède la majeure partie de sa participation
dans le capital de l'exploitant de villages de loisirs pour ne plus détenir
que 6 %.

Gilles Pélisson,
directeur général et administrateur de Accor veut privilégier ses
métiers de base (hôtellerie et les services). Il le prouve en se désengageant
des activités qu'il estime peu pertinentes sur le plan opérationnel. |
Les
analystes financiers doivent être tout sourire. Gilles Pélisson ne perd
pas de temps. Nommé directeur général du groupe Accor le 9 janvier
2006, le jeune patron mène tambour battant sa politique de recentrage sur son
coeur de métier : l'hôtellerie et les services. La preuve. Depuis le début
de l'année, il a annoncé la cession des 50 % dans Carlson Wagonlit Travel,
et s'est également 'libéré' des titres détenus dans le capital
du groupe britannique de restauration collective Compass.
Nouveau grand virage stratégique la semaine
dernière : Accor rompt avec le Club Med. À l'occasion de la présentation
des résultats semestriels de l'exploitant de villages de vacances, le leader
de l'hôtellerie européenne a en effet dévoilé qu'il se désengageait
du Club en cédant 22,9 % de sa participation initiale (28,9 %). Le mariage
entre les deux protagonistes aura donc été de courte durée. Deux
ans à peine. Mais cette rupture était prévisible selon différents
observateurs. À la publication des 'bancs', les analyses divergeaient sensiblement
quant au bien-fondé de cette association. Beaucoup d'experts du secteur estimant
que Accor devenait une valeur trop cyclique (le tourisme est très dépendant
des aléas économiques et conjoncturels). Certains affirmaient même
que les synergies profiteraient davantage au Club Med que Accor. Concrètement,
le groupe d'hôtellerie et de services a vendu un premier bloc de 16 % - le
vendredi 9 juin - au prix de 44,90 E par action à un groupe d'investisseurs
liés par un pacte d'actionnaires auquel Accor participe.
Vente des 6 % restants pas
avant 2 ans
Dans un second temps, le
géant hôtelier cédera "au mieux de ses intérêts",
6,9 % des actions du Club Med. "Dans le cadre de cette seconde opération,
un accord de cession portant sur 1,5 % a d'ores et déjà été
conclu avec Generali France", a précisé Accor. À noter par
ailleurs qu'afin de pérenniser les synergies réalisées entre les
2 entités, le groupe dirigé par Gilles Pélisson et le Club Med a
conclu un accord de partenariat de 3 ans renouvelable en matière d'achats et
de commercialisation. "La collaboration
engagée depuis deux ans entre les équipes des deux entreprises a porté
ses fruits en termes de synergie. De nouveaux progrès sont attendus dans les
prochaines années", estime le directeur de Accor.
Fort de tous ces éléments, le Club Med
voit bien sûr son capital recomposé. Les grands partenaires - qui forment
le nouveau groupe d'investisseurs - comprennent la Caisse de Dépôt et
de Gestion du Maroc (10 %), le groupe Air France KLM (2 %) et un opérateur
immobilier européen de premier rang (4 %). À propos de ce dernier, un
nom circule volontiers celui d'Icade, filiale de la
Caisse
des Dépôts. Les autres principaux actionnaires du Club sont Richelieu
Finance (25,03 %), le Japonais Nippon Life (4 %) et enfin Rolaco Holdings (4,7 %).
Henri Giscard d'Estaing se félicite de l'arrivée
des nouveaux actionnaires. "Ce sont des partenaires avec qui nous pouvons développer
des synergies nouvelles", a-t-il déclaré. Et d'ajouter :
"Leur engagement dans le Club Med témoigne de leur confiance dans l'avenir
de la société qui s'affirme comme le spécialiste mondial des vacances
haut de gamme, conviviales et multiculturelles."
Claire
Cosson zzz36v
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Le Club Med en forme au premier semestre 2006
Parallèlement à l'annonce de la
cession partielle de Accor, Henri Giscard d'Estaing, p.-d.g. du Club Med, a présenté
les résultats semestriels de la société. Des résultats qui s'avèrent
positifs. Au terme des 6 premiers mois de l'exercice 2006 (du 1er novembre
au 30 avril), l'exploitant de villages de vacances a de fait vu son chiffre d'affaires
grimper de 10,5 % atteignant 828 ME contre 750 ME l'année précédente.
"Cette croissance est la plus importante depuis les événements de septembre
2001", a souligné le patron du Club Med. Mieux encore. Le résultat
opérationnel est passé de 0 ME le semestre dernier à 22 ME en 2006.
Enfin, l'entreprise a réalisé un bénéfice net de 1 ME contre
une perte de 25 ME sur la même période en 2005.
Une performance qui mérite d'être soulignée. D'autant
que le secteur du tourisme "demeure dans un contexte morose". Évidemment,
cette 'remise' en forme ne tient pas au hasard. La stratégie de montée
en gamme choisie par Henri Giscard d'Estaing semble bel et bien commencer à
porter ses fruits. Tout comme le développement des formules 'bar et snacking
inclus' ainsi que le confort à la carte (reclassification des chambres en
3 catégories baptisées 'Club', 'Deluxe' et 'Suite'. Signe des temps d'ailleurs
: le gain de clients se poursuit. "En France, nous avons gagné pour la deuxième
saison consécutive plus de 4 000 nouveaux clients", a indiqué le p.-d.g.
du Club.
De bonne augure pour l'avenir sachant que la montée en gamme
des villages va s'accélérer cette année avec 11 sites, dont 8 en
villages 4 tridents. Sans oublier 3 ouvertures pour 2007-2008 : Albion (Maurice),
Buzios (Brésil) et Taba (Sinaï). À noter en outre, le bon niveau
des réservations au 3 juin qui s'affichent en hausse de 5,1 % par rapport à
la même période en 2005. Autant d'éléments opérationnels
intéressants qui ne paraissaient pas convaincre les marchés financiers.
À l'heure où nous mettions sous presse, le titre Club Med perdait
en effet plus de 5 %. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2981 Hebdo 15 juin 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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