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EN ATTENDANT LE TAUX RÉDUIT DE
TVA POUR LA RESTAURATION
UN PLAN DE CROISSANCE
ET DE MODERNISATION DES CHR
C'est
avec la participation des présidents des organisations patronales des CHR,
avec lesquels ils ont régulièrement négocié depuis le début
de l'année, que Renaud Dutreil, ministre des PME, et Léon Bertrand, ministre
délégué au Tourisme, ont présenté jeudi 13 avril un plan
de croissance en faveur de l'emploi et de la modernisation du secteur des hôtels,
cafés, restaurants sur lequel ils étaient tombés d'accord la veille
au soir. La majorité des mesures prévues doivent être inscrites
dans le projet de loi de Finances pour 2007, et en conséquence, ne seront pas
applicables avant le 1er janvier 2007.
Ce
plan est le fruit des rencontres des principaux représentants des organisations
patronales avec Renaud Dutreil et Léon Bertrand, initié par Dominique
de Villepin, à la suite du refus du Conseil des ministres des Finances européens
de faire bénéficier le secteur de la restauration du taux réduit
de la TVA. Renaud Dutreil rappelle en préambule que ce plan est proposé
dans l'attente de l'obtention de la baisse de la TVA en restauration. En effet,
le gouvernement s'engage à poursuivre les négociations avec l'Union
européenne pour obtenir une TVA à taux réduit en faveur de la restauration.
Ce plan s'articule autour de 6 volets.
LES POINTS FORTS :
Augmentation de la 'prime Sarkozy'
Il est prévu d'améliorer
les aides à l'emploi mises en place en 2004, appelées communément
'prime Sarkozy' ou aide à l'emploi pour les CHR.
L'aide forfaitaire pour la restauration
traditionnelle passera de 114 à 180 E par mois et par salarié. Pour
les autres secteurs d'activité, l'aide est maintenue à 114 E par mois
pour un salaire au niveau du Smic ; quant aux salaires supérieurs au Smic,
ce sont les montants actuels qui continuent à s'appliquer. Il est également
prévu d'augmenter l'aide pour les hôtels-restaurants et les cafés-tabacs
en la passant de 57 à 90 E.
Mais ces dispositions doivent être
insérées dans le projet de loi de Finances pour 2007. Ce qui signifie
que ces augmentations de l'aide ne seront pas applicables avant le 1er
janvier 2007.
Simplifier
la procédure de demande de cette aide
En effet, à l'origine,
Jean-Pierre Raffarin avait annoncé une enveloppe de 1,5 MdsE pour la profession
des CHR. Mais le dispositif de demande d'aide est très complexe, et surtout
très fastidieux, car il nécessite l'envoi d'un formulaire à compléter,
auquel il faut joindre la photocopie de tous les bulletins de paie de tous les salariés.
Face à ce formalisme, beaucoup d'employeurs - surtout dans les petites entreprises
- ne demandent pas à bénéficier de cette aide alors que, dans le
même temps, ce sont ces entreprises qui en ont le plus besoin.
C'est la raison pour laquelle
il est prévu de simplifier cette procédure en supprimant l'obligation
préalable d'envoi des fiches de salaire. En contrepartie, il sera mis en place
un système de contrôle a posteriori par les Urssaf. Cette simplification
devrait être mise en place à l'automne 2006.
Les organisations s'engagent à des contreparties
En contrepartie, les organisations
patronales s'engagent à assurer la consolidation et l'effectivité des
accords de juillet 2004. Concrètement, cela veut dire que les organisations
syndicales se sont engagées à ne pas dénoncer l'accord du 13 juillet
2004, qui a notamment instauré la 6e semaine de congés payés.
Et surtout, le Synhorcat a annoncé qu'il retirait son recours devant le Conseil
d'État tendant à demander l'annulation de cet accord.
Les organisations se sont aussi engagées
à négocier très rapidement une nouvelle grille de salaires.
En outre, l'État et les organisations patronales
s'engagent à favoriser par tous les moyens l'insertion professionnelle des
jeunes, en particulier par la voie de l'apprentissage.
Un
dispositif fiscal pour rénover les établissements
Afin d'aider au développement
et à la modernisation du secteur, il est prévu de mettre en place un
dispositif fiscal améliorant la Dotation provision pour investissement (DPI)
pour les travaux de mise aux normes (hygiène, sécurité, risque incendie,
etc.) ainsi qu'aux dépenses liées à l'accessibilité des personnes
handicapées. Ce dispositif permettra de déduire du revenu 15 000 E au
titre des investissements réalisés dans ces entreprises. Quant à
celles qui n'auront pas de revenus, elles bénéficieront d'un chèque,
précise Renaud Dutreil. En fait, l'État étend les mécanismes
actuels, qui sont limités à la sécurité alimentaire, à
l'ensemble des dépenses de mise aux normes.
En outre, l'État s'engage
à mettre en place un mécanisme d'amortissement accéléré
en faveur des dépenses de mises aux normes et d'achats de matériels de
sécurité sur 2 ans au lieu des 5 et 10 actuels.
Création
d'un titre 'maître restaurateur'
"Nous souhaitons que
le consommateur reconnaisse mieux les prestations de qualité, et donc accepte
de mieux les payer", précise Renaud Dutreil. C'est la raison pour laquelle
il est prévu la création d'un titre de maître restaurateur artisan,
qui devrait concerner environ 20 000 entreprises. L'État s'engage à
mettre en place, avec les organisations patronales, un plan local avec des structures
paritaires qui comprendront des représentants de l'administration et des professionnels
chargés de décerner ce titre à chaque restaurateur après une
évaluation.
Ce titre permettra de bénéficier
d'un crédit d'impôt modernisation, d'une aide supplémentaire de
l'État représentant 50 % des sommes dépensées dans la limite
de 30 000 E étalés sur 3 ans, soit un crédit d'impôt total
pouvant aller jusqu'à 15 000 E pour ceux qui modernisent leur entreprise.
En outre, l'État s'engage à
mener une opération de communication pour assurer la promotion de ce titre
de maître restaurateur auprès des consommateurs.
Assouplir
le régime des heures supplémentaires et le recours aux extras
Il est prévu de mettre
en place un dispositif de soutien à l'activité des petites entreprises
de moins de 20 salariés en simplifiant les recours aux heures supplémentaires
et aux extras. Ce dispositif rendra possible, pendant un certain nombre de jours
- soit 45 -, d'utiliser des heures supplémentaires ou des extras avec des formalités
administratives extrêmement réduites, ainsi qu'un forfait horaire de
charges sociales, ce qui entraînera dans les faits à une diminution
de celles-ci.
Ce dispositif s'inspire d'un
système belge qui a été mis en place avec succès.
Création
d'un nouveau mécanisme de financement des murs
L'État va s'engager
dans un plan de rénovation et de modernisation du parc immobilier. Il souhaite
créer un circuit financier qui permettra aux épargnants français
d'investir dans des OPCI (Organismes de placement collectif dans l'immobilier) spécifiques
au secteur des HCR.
Une aide fiscale pourrait être
mise en place pour inciter ces sociétés immobilières à investir
dans le secteur. Il pourrait aussi être envisagé que des investisseurs
physiques puissent acheter des parts et bénéficier du dispositif de défiscalisation
'de Robien' à l'instar de ce qui se pratique dans le tourisme social.
Ces OPCI interviendront en tant qu'opérateur
immobilier sur l'ensemble du
parc, y compris la restauration traditionnelle indépendante. Les exploitants
bénéficieront de loyers bloqués.
Mise
en place d'une charte des droits des CHR
Il est nécessaire d'améliorer
les relations entre les entreprises du secteur et les nombreuses administrations
auxquelles les entreprises doivent faire face. "Il est probablement l'un des
secteurs les plus contrôlés en France", rappelle Renaud Dutreil précisant
que, "parfois, ces contrôles peuvent donner lieu à des crispations,
des incompréhensions, des irritations". L'État souhaite mettre en
place avec les organisations patronales une charte des droits des entreprises du
secteur des CHR sur le modèle de la charte du contribuable qui a été
mise en place par le gouvernement.
Dans chaque département,
sera nommé un médiateur départemental qui sera issu des métiers
du secteur des HCR de façon à mettre un peu d'humanité dans les
relations entre l'administration et les entreprises. Il est prévu de mettre
en place ce dispositif à l'automne 2006.
Lancement
d'un grand plan tourisme
Léon Bertrand, ministre
délégué au Tourisme, présente ce 6e volet relatif
au lancement d'un grand plan tourisme.
Le gouvernement souhaite améliorer
l'image touristique de la France à l'étranger afin de mettre en valeur
la qualité de l'offre hébergement et de restauration.
Il s'agit "d'un effort sans précédent,
car cela représente pas moins de 20 ME qui seront consacrés et
dépensés pendant 3 ans", précise Léon Bertrand.
Les actions de promotion à l'étranger,
mais aussi sur le territoire national de Maison de la France, seront renforcées.
Dès cet été, le ministère du Tourisme présentera son nouveau
site internet pour amplifier cette promotion. Il est aussi prévu une accélération
de la mise en place du plan qualité tourisme. Léon Bertrand rappelle
un chiffre-clé parlant : "1 % de plus de la fréquentation touristique
correspond à la création de 10 000 emplois de tous niveaux. Ce qui montre
la nécessité de mettre des moyens tout aussi importants au niveau de la
promotion."
Mise
en place d'un comité de suivi
Afin d'assurer la bonne
mise en oeuvre de ce plan, il est prévu la mise en place d'un comité de
suivi composé des signataires du présent contrat de croissance et de modernisation.
Ce comité sera chargé de la bonne application des différentes mesures
prises.
Pascale
Carbillet zzz74v
| Les réactions
des présidents de syndicats
André Daguin
Président confédéral de l'Umih
André Daguin constate que le ministre et le gouvernement
déplorent de ne pas avoir obtenu la baisse de la TVA et qu'ils feront tout
pour l'obtenir. De même, l'Umih est satisfaite de voir que le gouvernement
constate que le secteur a créé 40 000 emplois en 2 ans et augmenté
les salaires de 15,7 % dans le même temps. "Le plan de modernisation
proposé aujourd'hui va nous permettre de faire mieux jusqu'à ce que
le taux de TVA soit réduit. Si ce plan ne va pas assez loin sur certains
points, il va dans le bon sens, et nous en apprécions le principe. Cependant,
plusieurs mesures restent à préciser. La signature prochaine aura lieu
après que le conseil d'administration de l'Umih du 25 avril, convoquée
à cet effet, y ait adhéré complètement", conclut André
Daguin.
Jean-François
Girault
Président de la CPIH
Il se déclare satisfait que le sujet TVA ne soit pas
mis au placard par le gouvernement. "Plusieurs éléments dans ce contrat permettront à la profession d'avancer un
peu mieux et peut-être un peu plus. Je constate aussi que le problème
du paracommercialisme a été également abordé et qu'il s'agit
d'un fléau dont le gouvernement prend conscience. En tant que partenaire du
gouvernement, nous nous engageons à suivre ce plan avec, sans doute, quelques
petites améliorations. Nous avons fait un bon travail et continuons ce travail
qui est loin d'être terminé, mais on sent que nous avons une écoute
du gouvernement qui nous permet de dire que l'on va dans le bon sens. Ce plan va
permettre de faire avancer les choses."
• Didier
Chenet
Président du Synhorcat
Globalement satisfait, il tient à souligner la qualité d'écoute et de dialogue du gouvernement, et particulièrement de Renaud Dutreil et
de son cabinet, ainsi que de Léon Bertrand et ses collaborateurs. "Nous
avons pu nous exprimer, dialoguer, faire avancer les choses pour mettre en place
les propositions de ce contrat qui reprend bon nombre de revendications de la profession.
Ce qui explique la position unanime des professionnels. Il faut le souligner, car
cela n'a pas toujours été le cas. C'est un contrat ambitieux qui n'oublie
personne, les professionnels bien entendu mais aussi les salariés, et les jeunes
qui sont au coeur du dispositif. Nous signerons ce contrat en tant que partenaires
et avec la volonté exprimée de faire avancer les choses." En conclusion,
le Synhorcat annonce officiellement qu'il va retirer son recours devant le Conseil
d'État demandant l'annulation de l'accord du 13 juillet 2004.
• Jacques
Bellin
Pour le GNC
Le président du Groupement national des chaînes précise
que les chaînes hôtelières adhèrent à cette proposition
et constate que c'est la première fois qu'un plan de cette ampleur est confectionné
avec les professionnels. "L'amélioration sur le plan social qui nous est
proposée nous permettra d'être plus attractifs et, je l'espère,
de pouvoir répondre aux demandes d'emploi des entreprises."
Autre point qu'il considère important dans ce plan : le lancement
d'un grand plan tourisme et l'accélération de la mise en place du plan
qualité tourisme. "Pour améliorer notre image touristique, il faut
améliorer nos établissements, et là, nous avons déjà
une réponse partielle. Mais il faut aussi mettre les moyens sur la promotion.
En augmentant le budget de Maison de la France, l'investissement en ce sens
est considérable."
Jacques
Jond
Président de la Fagiht
Il souligne le caractère exceptionnel du partenariat
engagé avec le gouvernement depuis le début de l'année, et qui devrait
continuer avec la mise en place du comité de suivi, dans lequel participeront
les représentants de la profession. Jacques Jond tient à rappeler que
le problème de la TVA avait été dénoncé par la Fagiht,
car même s'il s'agissait d'un dossier essentiel, il avait pour effet d'occulter
tous les autres problèmes de la profession. "Nous faisons un grand pas en
avant, car nous remettons à l'ordre du jour dans les priorités un certain
nombre de thèmes qui ont été présentés dans ce plan. D'autres
mesures auraient mérité d'être retenues ; ce sera pour nous une
autre étape, mais tout ce que contient ce contrat est positif. Il serait donc
malvenu de ne pas le signer", conclut Jacques Jond. zzz74v
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L'Hôtellerie Restauration n° 2973 Hebdo 20 avril 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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