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JOURNÉE DES FRANÇAIS DE
L'ÉTRANGER LE 4 MARS À PARIS
LES EXPATRIÉS À
L'HONNEUR AU SÉNAT
À l'occasion de la 1re journée des 'Français
de l'étranger', le Sénat met à l'honneur des réussites
de Français à l'international. Parmi eux, Jean-François
Pelaez et Lionel Richard, tous deux directeurs de la restauration dans des palaces
indiens. Focus.
Pour
sa première édition, la journée des 'Français de l'étranger'
réunira des institutions, des associations et des entreprises au Sénat
dans le but d'informer les Français désireux de s'expatrier sur ceux
qui ont déjà franchi le pas. Pour le Sénat, à qui la Constitution
confie la représentation des Français de l'étranger (art.24), c'est
une manière inédite de sensibiliser le public sur la présence française
à l'étranger ainsi que sur la représentation politique des Français
établis hors de France.
La manifestation est organisée sous forme
de journée portes ouvertes permettant à tous ceux qui le veulent de
s'informer de manière générale sur l'expatriation et ses conséquences
fiscales, sociales et culturelles. De nombreux
secteurs
d'activité seront représentés, notamment celui des CHR, avec la présence
du groupe Accor et du Club Med.
Des responsables du recrutement des 2 groupes
expliqueront aux visiteurs quelles sont leurs opportunités d'emploi à
l'international (lire l'encadré ci-contre). La journée sera clôturée
par un débat dans l'hémicycle du Sénat avec des interventions d'hommes
politiques et de Français qui ont réussi à l'étranger. Le
tout sera ponctué par des reportages présentant des 'success stories'.
Parmi celles-ci, nous avons sélectionné celles de Jean-François
Pelaez et Lionel Richard, tous deux directeurs de la restauration en Inde.
Tiphaine Beausseron
zzz99
Pour en savoir plus :
www.expatries.senat.fr/JFE.html
Recrutement
Le Club Med présente ses opportunités
d'emplois à l'international
"En
2005 nous avons effectué 3 700 embauches en France et Europe du Nord*, pour
nos Villages de vacances en France et à l'étranger. Plus
de 50 % d'entre elles concernaient des postes de service en restauration, bar,
réception et cuisine", précise
Leslie Delamarre, responsable de la communication recrutement
du Club Med.
Le groupe dirigé par Henri Giscard d'Estaing, compte aujourd'hui
60 Villages répartis dans 40 pays dont plus de la moitié
à l'étranger.
Pas étonnant que le groupe, qui emploie au total 16 000 collaborateurs dont 11 000
saisonniers (GO, gentils organisateurs et GE, gentils employés)
partout dans le monde, ait tenu à participer à la 1re
journée des Français de l'étranger organisée par le
Sénat le 4 mars. "La possibilité, pour des jeunes professionnels de découvrir
des cultures culinaires propres à chaque pays à travers leur différente
affection partout dans le monde, est une opportunité
enrichissante. Elle présente en outre l'avantage d'être un bon complément
par rapport à l'enseignement hôtelier souvent limité aux traditions culinaires
françaises", complète Thierry Kopferschmitt, responsable du recrutement
France et Europe. Et de poursuivre : "Nous pouvons souffrir parfois
d'une
réputation pas très 'hôtelière' de sorte que les jeunes professionnels
sont nombreux à ne pas penser spontanément à démarrer une
carrière chez nous. Pourtant, nous proposons toute une gamme de métiers exigeants des compétences techniques nécessairement
acquises en écoles hôtelières, comme c'est le cas pour les réceptionnistes, lingères, assistantes
gouvernantes, chef de partie, sous-chef ou chef de cuisine. Certes 100 % des contrats
proposés à l'embauche par le Club Med pour les Villages de vacances sont des CDD
saisonniers et cela peut être perçu comme un inconvénient.
Mais c'est aussi un avantage que de se dire qu'on peut s'expatrier juste le temps d'une ou plusieurs saisons dans un pays étranger."
Selon les responsables recrutement du Club Med, un GO change de destination en moyenne tous les 6 mois, et peut alterner la montagne l'hiver et les destinations balnéaires
l'été, contrairement aux GE qui occupent des postes moins qualifiés,
et sont recrutés parmi les professionnels locaux. Mais que l'on soit GO ou GE, les
valeurs humaines avec lesquelles le Club Med souhaite conquérir les jeunes professionnels
sont identiques : professionnalisme, ouverture d'esprit, sens du service,
gentillesse et capacité à travailler dans une équipe multiculturelle. * (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Susse,
Autriche)
www.clubmed-jobs.com |
Success stories
à New Delhi
Parmi
les 2,2 millions de Français établis hors de France, il est impossible
de chiffrer la proportion de ceux qui travaillent dans le secteur de l'hôtellerie-restauration,
mais on peut dire sans trop de risque que l'hôtellerie-restauration est certainement
l'un des secteurs d'activité où l'on s'expatrie le plus. Si certains choisissent de partir
uniquement dans l'optique de perfectionner leur maîtrise de l'anglais avant
d'embrayer une belle carrière dans l'Hexagone, d'autres, conquis par l'expérience
en terre étrangère, choisissent d'y faire leur vie, souvent avec succès
professionnel à la clé. En témoignent les parcours exemplaires
de Jean-François Pelaez et Lionel Richard, actuellement en poste en Inde, un pays qui
attire encore peu de Français.
Un reportage réalisé par l'AFP TV leur sera consacré
et sera diffusé le 4 mars dans l'Hemicycle du Sénat. Voici leur portrait
en avant-première.

Jean-François
Peleaz : "Aujourd'hui,
il y a de belles carrières à faire en Asie, car le savoir-faire français
bénéficie d'une excellente réputation." |
Jean-François Pelaez, responsable
du département culinaire Hôtel Oberoï :
"Nos salaires sont souvent parmi les plus élevés""
À L'Hôtel Oberoï
de New Delhi, l'un des plus prestigieux de la capitale indienne, Jean-François
Pelaez, 40 ans, assume la fonction de responsable du département culinaire.
Dans ce luxueux palace membre de la chaîne The Leading Hotels of the World,
il assure la gestion et les menus de 6 restaurants, un room-service, un service
banquet, un coffee-shop avec service de vente à emporter. Le tout mobilise
près de 150 cuisiniers, et génère un chiffre d'affaires annuel d'environ
22 millions de dollars. Sacré poste, pourrait-on résumer ! Comment y est-il
parvenu ? À force de travail bien sûr (il a travaillé en France
pendant 10 ans aux côtés des plus grands : Michel Bras, Roger Vergé,
Joël Robuchon, Jacques Cagna…), mais aussi grâce à une grande
faculté d'adaptation développée au fil de ses expériences à
l'étranger. Car avant d'arriver en Inde, Jean-François Pelaez a beaucoup
voyagé : chef executif dans un resort des Bahamas, au Four Seasons de Mexico,
ou encore au Nigeria à l'occasion de l'ouverture d'un Méridien en 1994.
Cet ancien de l'école hôtelière de Saint-Quentin-en-Yvelines, a pris
goût à l'univers des hôtels de luxe, et a su se démarquer
par ses compétences techniques et sa capacité d'adaptation à différentes
cultures dans la gestion des hommes et des budgets. Il faut dire que l'homme originaire
de Béziers peut de targuer d'être quadrilingue (français, anglais, espagnol et italien). Atout indiscutable
et rare ! "Aujourd'hui, il faut que les jeunes comprennent qu'il y a de belles
carrières à faire en Asie, car le savoir-faire français bénéficie
d'une excellente réputation, et qu'il y a encore peu de chefs français.
Mais ils doivent à tout prix savoir parler anglais. Ils doivent aussi avoir
en tête que l'expatriation n'est pas chose facile. Certes, on gagne souvent
bien sa vie - d'ailleurs, les salaires des chefs executifs d'hôtels de luxe
sont souvent parmi les plus élevés -, mais on travaille souvent 6 jours
sur 7, 12 heures par jour, éloigné de sa famille et de sa culture. Ce
n'est pas toujours évident", prévient le chef.
Hôtel Oberoï
DR Zakir Hussain Marg
New Delhii 110003 India
www.oberoidelhi.com

Lionel Richard
s'est d'abord expatrié en Suisse. |
Lionel
Richard, à la tête
de 5 restaurants du palace Imperial :
"Je ne rentrerai pas en France"
L'envie de partir travailler
à l'étranger démange ce diplômé de l'école hôtelière
de Tain-l'Hermitage, après une solide formation pratique acquise chez Georges
Blanc (3 étoiles Michelin à Vonnas) et chez Jean-Paul Lacombe
(2 étoiles Michelin à Lyon). "Un cabinet de recrutement m'a
alors suggéré de commencer par un pays non loin de la France, et m'a proposé
une place en Suisse", raconte
ce Lyonnais d'origine. C'est ainsi qu'il débute sa vie d'expatrié comme
directeur adjoint de la restauration au Lausanne Palace & Spa, puis à
Genève, comme directeur de la restauration à La Réserve Hôtel
& Spa. 3 ans plus tard, l'envie d'horizons lointains resurgit. Il hésite
alors entre les États-Unis et l'Asie. Et c'est l'opportunité d'un poste
de directeur des restaurants de l'hôtel The Imperial, un palace indépendant
aux allures de palais de Maharajah, qui le mène jusqu'à New Delhi. Ce
n'est pas tant l'idée d'y gagner en salaire qui le motive (hormis les avantages
en nature tels que voiture, téléphone et logement de fonction, billets
d'avion annuels, assurance santé… il n'y gagne que légèrement,
comparé à son ancien salaire suisse) que l'attrait du challenge. Il
signe alors un contrat de 2 ans, et débarque à l'hôtel, à
la tête de 5 restaurants et 2 bars. Sur les 750 employés du palace,
ils ne sont que 5 expatriés : 2 Français, 1 Italien, 1 Allemand et 1
Suisse. "Malgré ce choc culturel, tout ne fut pas trop déstabilisant,
car l'univers hôtelier m'était déjà familier", précise
Lionel. "À l'issue de mon contrat, dans 6 mois, je ne sais pas encore
ce que je ferai. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne rentrerai pas en France",
avoue-t-il. The Imperial
Janpath
New Delhi
110001 India
www.theimperialindia.com zzz18p
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L'Hôtellerie Restauration n° 2966 Hebdo 2 mars 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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