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LANGUEDOC-ROUSSILLON
Les restaurateurs applaudissent
les 20 ans de la loi littoral

Pour Joël Ortiz, dont le restaurant La Voile Bleue s'installe sur le sable de La
Grande-Motte chaque été depuis 1997, "la préservation de la loi littoral
participe du charme des établissements de plage". |
C'est un
concert de louanges qui marque les 20 ans de la loi littoral en Languedoc-Roussillon. Une
région qui compte 200 km de côtes, largement préservées par cette législation, même
si le choeur des félicitations cache parfois le bruit des bulldozers. Au cours des 2
dernières décennies, l'urbanisation de la bande littorale a tout de même augmenté de
19 %. Il n'empêche, chacun observe avec satisfaction le respect général de la règle
des 100 m, malgré une prolifération des cabanes (il y en aurait environ 5 500 au bord
des côtes du L.-R.) et autres mobile homes, dont l'augmentation s'explique en partie par
les difficultés d'accès au logement, dans une région qui ne cesse d'attirer de nouveaux
habitants (800 de plus chaque mois à Montpellier), et où les prix de l'immobilier
deviennent parfois prohibitifs. Certains promoteurs immobiliers saisissent d'ailleurs
cette inflation démographique comme un argument pour assouplir la loi littoral. Mais ce
n'est certainement pas de l'avis des restaurateurs, pas même de ceux qui sont installés
sur les plages de la région. À l'instar de Joël Ortiz, dont le restaurant estival La
Voile Bleue est devenu une référence sur le sable de La Grande-Motte (34). "C'est
justement la préservation du littoral qui fait le charme de nos établissements côtiers,
souligne Joël Ortiz, et nous sommes par conséquent très attachés au respect de
cette loi littoral : il n'y a qu'à voir comment les paysages ont été saccagés par les
promoteurs espagnols de l'autre côté des Pyrénées pour comprendre l'intérêt de
garder un environnement préservé." Un environnement également favorable aux
'paillotes'. Pour preuve : La Voile Bleue assure entre 150 et 200 couverts/jour en été.
Et le patron s'est accommodé de son activité saisonnière, qui a tout de même
nécessité un investissement de 1,2 ME, pour respecter notamment un cahier des charges
intégrant les contraintes
environnementales et esthétiques, pour ce qui concerne plus précisément le choix des
matériaux : "On ne peut pas se plaindre non plus de devoir démonter les
structures, puisque d'un autre côté, ce sont ces exigences environnementales qui font la
qualité des sites où nous sommes installés ; par ailleurs, le renouvellement ne pose
généralement plus de problème pour ceux qui respectent les obligations liées à
l'emplacement."
Une
"concurrence déloyale" selon Jacques Mestre
Joël Ortiz doit pourtant avoir
quelquefois les oreilles qui sifflent, car son collègue Jacques Mestre, installé au
centre-ville de La Grande-Motte, ne décolère pas contre les restaurants de plage, qu'il
considère comme "une concurrence déloyale". De fait, Jacques Mestre
(également président de l'Umih 34) en appelle encore une fois au préfet pour limiter de
manière drastique l'activité de ces établissements de bord de mer. Avec, comme argument
principal, une application plus stricte de la loi littoral pour un meilleur respect de
l'environnement ! Quand on vous dit que la loi fait l'unanimité.
Francis Matéo zzz22v
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L'Hôtellerie Restauration n° 2959 Hebdo 12 janvier 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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