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DÉSIGNÉ À 96,60 % DES
SUFFRAGES
GILLES PÉLISSON PREND LES RÊNES DU
GROUPE ACCOR
C'est
fait ! L'ancien patron de Bouygues Télécom a pris les commandes du leader de
l'hôtellerie européenne. Le tout avec l'assentiment général des actionnaires et le
soutien des opérationnels. Un retour pour Gilles Pélisson à ses premières amours qui
s'effectue dans un contexte favorable. Reste que le nouvel élu doit agir vite.

Gilles Pélisson, directeur général exécutif, et Serge Weinberg, président du conseil
d'administration (poste non exécutif), constituent le nouveau duo d'Accor. |
Le
6 janvier 2006 fera date dans les annales du groupe Accor. Conscients que le leader de
l'hôtellerie européenne allait tourner une page de son histoire, les actionnaires de
l'entreprise se sont déplacés massivement à l'occasion de l'assemblée générale
mixte, qui se tenait le même jour, au Novotel Paris Tour Eiffel. Dans les rangs, on
pouvait aussi croiser bon nombre d'anciens collaborateurs. De Claude Moschéni à Sven
Boinet en passant par Philippe Brizon, Daniel Coccoli, Christian Mure, Jean Bréville,
Jean-Paul Camblin, Michel Baillon
, il y avait là en vérité beaucoup de 'fidèles'
ayant participé à un moment ou à un autre à la fabuleuse 'aventure humaine' que
représente l'histoire d'Accor. Sans oublier bien sûr la présence de plusieurs
franchisés tels Jean Dalaudière, André Cointet ou bien encore Jacques Gad, etc.
Rien que du beau linge en réalité, parfois un
petit peu ému. Tout comme l'étaient d'ailleurs eux-mêmes les cofondateurs, Gérard
Pélisson et Paul Dubrule. On l'aurait du reste été à moins. Et pour cause ! Après une
bataille 'acharnée' qui a défrayé les chroniques de la presse française et
internationale, la compagnie est bel et bien entrée dans une 'nouvelle ère' en ce début
de semaine. Le tout presque comme une simple formalité.
L'ensemble des '32 projets de résolutions' sur lesquels les actionnaires devaient
s'exprimer - dont le changement de mode de gouvernance du groupe, par adoption du régime
de conseil d'administration en place de la structure existante de directoire et conseil de
surveillance - a été en effet adopté sans difficulté majeure. Y compris la
désignation de Gilles Pélisson à la tête de la direction des opérations du groupe
(directeur général exécutif) et de celle de Serge Weinberg à la présidence du conseil
d'administration (poste non exécutif).

Les cofondateurs, Paul Dubrule et Gérard Pélisson, vont prendre une "distance
significative" d'Accor.
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"L'arrivée
de Gilles Pélisson aux fonctions de directeur exécutif est un atout maître"
Le nouveau duo a ainsi récolté
respectivement 96,80 % des suffrages pour le neveu de Gérard Pélisson, ancien numéro 1
de Bouygues Télécom et Euro Disney, tandis que l'ex-patron de PPR affichait pour sa part
un score de 96,65 %. De quoi piloter le géant de l'hôtellerie et des services dans
d'excellentes conditions. D'autant mieux que dans la foulée, le nouveau conseil
d'administration - constitué désormais de 17 membres dont une majorité est
indépendante et 5 sont internationaux - a entériné à l'unanimité Gilles Pélisson
dans ses nouvelles fonctions.
Une nouvelle organisation et de nouveaux statuts
donc, dont se sont félicités les coprésidents d'Accor. À commencer par Gérard
Pélisson qui, au cours d'une allocution chargée d'émotion - suivie d'une standing ovation de l'assistance -, a
souligné la qualité de la nouvelle équipe. "Les nouveaux acteurs s'imposent par
leur personnalité et des compétences incontestées. Nous sommes particulièrement
heureux que Serge Weinberg, dont l'expertise et l'excellente réputation auprès des
marchés financiers ne sont plus à prouver, prenne la présidence du conseil
d'administration", a-t-il commenté. Et de poursuivre : "De même,
l'arrivée aux fonctions de directeur général exécutif de Gilles Pélisson, qui
connaît déjà parfaitement le groupe et ses enjeux économiques mondiaux, et qui, par le
passé, a toujours su relever les défis qu'on lui avait confiés, est un atout
maître". Pour ce qui concerne Paul Dubrule, les propos étaient tout aussi forts.
"Accor a devant lui un grand avenir fait de croissance et de prospérité. Pour
réussir cet avenir, il fallait des hommes nouveaux. Ils sont là et ils sont prêts. Il
va sans dire que le choix correspond à mes voeux", a ainsi déclaré
l'intéressé.
Distance
significative des coprésidents
Les deux patrons charismatiques
n'ont pas manqué bien entendu de saluer également "le rôle important joué par
Jean-Marc Espalioux et les membres du directoire dans la modernisation du groupe et la
solidité de son bilan". Mais, ils ont aussi rendu un vibrant hommage à 2 de
leurs bras droits, à savoir Benjamin Cohen (vice-président du directoire) et John
Dumonceau (vice-président délégué) qui quittent leur fauteuil. "Tous deux ont
été des piliers essentiels d'Accor", a commenté Gérard Pélisson.
S'agissant de leur retrait annoncé - compte tenu
des nouveaux statuts, les coprésidents fondateurs ne sont plus administrateurs, et
n'assisteront qu'avec une voix consultative aux réunions du conseil -, Paul Dubrule et
Gérard Pélisson ont confirmé qu'ils allaient prendre une "distance
significative". Tout en pensant pouvoir continuer à apporter leur contribution
en qualité d'ambassadeurs du groupe à travers le monde et en apportant au président du
conseil d'administration, "s'il le souhaite bien entendu", leur
connaissance de l'industrie et les fruits de leur expérience acquise au cours des 40
dernières années. Devant le succès de l'entreprise, devenue un acteur incontournable
dans le tourisme mondial (4 000 hôtels dans 140 pays), on imagine mal les nouveaux
dirigeants ne pas profiter un peu de ces deux personnages "particulièrement
éclairés" comme le chuchotent plusieurs experts du secteur.

Gilles Pélisson s'entoure d'un état-major simplifié et ramassé pour construire
l'avenir d'Accor. |
Organisation
simplifiée et priorité aux marques
En attendant, le nouveau directeur
général d'Accor, Gilles Pélisson, va devoir agir vite et fort. Connaissant son parcours
professionnel et ses qualités personnelles, cliquez ici, cet
ancien diplômé de l'Essec et titulaire d'un MBD de Harvard Business School ne va pas y
aller par 4 chemins. D'autant qu'il bénéficie d'un large soutien des équipes
opérationnelles.
Après avoir abondamment consulté au cours des
dernières semaines, Gilles Pélisson devait d'ailleurs présenter son état-major "réuni
en une organisation simplifiée et ramassée" dès mardi après-midi à
l'ensemble de ses 168 000 collaborateurs. Compte tenu de nos informations à l'heure où
nous mettions sous presse, certains choix étaient d'ores et déjà acquis. Notamment ceux
portant sur la communication (Armelle Volkringer) et l'activité hôtelière. Orchestrée
en direct par Gilles Pélisson, ce pôle devrait être organisé autour de Yann Caillère
(ex-président de Louvre Hôtels) pour l'Europe du Sud dont la France, Michaël Flaxman
pour l'Europe du Nord, Georges Lemener pour l'Amérique du Nord, Firmin Antonio pour
l'Amérique latine (qui chapeaute également l'activité services dans cette zone)et David
Baffsky pour l'Asie-Pacifique. Parallèlement, Accor Services sera confié à Serge
Ragozin alors que Philippe Adam (ancien d'Accor et de Compass) occuperait le poste de
responsable de la stratégie groupe, du développement hôtelier et de la construction. À
noter en outre qu'un directeur du marketing de haute volée est encore en cours de
recrutement et que Cathy Kopp élargirait ses responsabilités de DRH groupe en
supervisant le développement durable. Sans oublier Jacques Stern, à la tête des
finances bien sûr, et Pierre Todorov, secrétaire général.
Quant à la politique de fond de l'entreprise,
à en croire les déclarations de Serge Weinberg faites durant l'assemblée générale,
elle devait être présentée d'ici à la fin du 1er trimestre 2006. Gilles
Pélisson a cependant déjà donné le ton. La politique des marques hôtelières sera au
coeur de son action. Après le développement de la marque ombrelle 'Accor Hôtels', il
est temps de fait de redynamiser les différentes enseignes du groupe. Une bonne nouvelle
qui a fait sourire plus d'un franchisé dans la salle.
Claire Cosson zzz36i
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Cliquez ici pour retrouver la liste nominative des 17 administrateurs d'Accor
Les grands
'travaux' de Gilles Pélisson
Globalement, le groupe Accor se porte bien. Les
performances chiffrées le prouvent. Et quasiment tout le monde s'accorde à le dire. Y
compris les coprésidents qui ont évidemment - au cours de leur intervention à
l'assemblée générale mixte - rendu hommage à la politique de "rééquilibrage
du bilan" ainsi que "l'entreprise de modernisation" menée au
cours de ces dernières années par Jean-Marc Espalioux. Le leader de l'hôtellerie
européenne se porte d'autant mieux que "les opportunités de développement ont
explosé au cours des 3 dernières années", a indiqué Gérard Pélisson. Et ce
tant pour le segment moyen de gamme qu'économique.
Cerise sur le gâteau. À la suite du partenariat stratégique conclu avec le fonds
Colony Capital qui lui apporte 1 milliard d'euros, le tout associé à une révision de sa
politique immobilière (cessions des actifs non rentables et vente des murs des hôtels
avec maintien des contrats de management suivant les segments ou transformation en loyer
variable), Accor bénéficie aujourd'hui des moyens nécessaires pour accélérer son
expansion mondiale. Des pays comme la Chine, le Brésil, l'Inde ou bien encore le
Moyen-Orient s'ouvrent ainsi au géant de l'hôtellerie et des services.
À condition toutefois "d'aller vite et de retrouver un enthousiasme, une passion
entrepreneuriale", estime Gérard Pélisson. Avant de passer à l'action, Gilles
Pélisson devra aussi "reprendre le chemin de l'innovation et de la créativité
pour poursuivre la conquête de nouveaux territoires", comme l'a précisé Paul
Dubrule. Sans oublier bien sûr de trancher rapidement sur un certain nombre de dossiers,
à savoir : la nécessité de conserver la Cie des Wagons-Lits ou bien encore l'utilité
de garder sa participation dans le
Club Med. Côté activité hôtelière, le nouveau directeur général va également avoir
matière à retrousser ses manches.Hôtellerie
économique
Avec 372 établissements Formule 1 (28 423 chambres),
Accor caracole toujours en tête des classements sur le segment de l'hôtellerie très
économique. Reste que cette chaîne - qui a été longtemps le reflet exemplaire de la
capacité d'innovation du groupe - a pris de sérieuses rides (date de création : 1984).
Une réflexion a été engagée afin de moderniser le produit et le "projeter 10
ans en avant, tout en restant le premier prix du marché". N'empêche.
Il faut maintenant prendre une décision sur ledit projet, designé par Matali Crasset.
Du côté des enseignes Ibis (718 unités) et Etap Hotel (328 hôtels), la
situation s'avère bonne. "Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille
s'endormir sur ses lauriers", selon des experts. Une nouvelle chambre Ibis doit
voit le jour en 2006 tandis qu'il faut également booster le développement de ces
différents concepts de restauration. Etap Hotel devra, elle aussi, subir un travail en
profondeur pour mieux affronter l'avenir.
Hôtellerie moyenne gamme
Avec le déplacement de la demande vers les centres-villes,
Gilles Pélisson va être amené à faire des arbitrages au sein du parc Novotel (397 unités). Sans oublier de
réaffirmer l'identité de la chaîne historique du groupe, d'accélérer le déploiement
de la rénovation de son offre chambre (Novation) ainsi que de celle de son concept de
restauration (Novotel Café en France).
Du côté de Mercure (745 hôtels), il y a aussi fort
à faire. Fondé en 1973, le réseau s'est lancé dans un projet d'envergure, baptisé
'Passion Mercure'. Projet dont le but final est de faire de cette enseigne un "réseau
puissant d'hôtels différents, alliant tradition et modernité".
Hôtellerie haut de gamme
Avec 190 hôtels dans 53 pays, Sofitel a grandi à la
vitesse grand V au cours des dernières années. Malgré tout, l'homogénéisation du
réseau doit être encore affinée, notamment en France. Des reclassements sont à
envisager. Reclassements qui seront d'ailleurs d'autant plus profitables à l'image de
l'enseigne sur son territoire national.
Hôtellerie de loisirs
Malgré 200 sites de vacances implantés dans 40 pays, Accor
Vacances a du mal à se faire une place au soleil sur ce marché spécifique. D'où la
question que l'on pourrait se poser : ne peut-on pas rattacher cette division à une
organisation opérationnelle répartie par grandes zones géographiques ? |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2959 Hebdo 12 janvier 2006 Copyright © - REPRODUCTION
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