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LA DYNAMIQUE DU DÉVELOPPEMENT
HÔTELIER SE CONFIRME EN FRANCE
LES INDÉPENDANTS ONT CONCENTRÉ 54 %
DES PROJETS DE CRÉATION OU D'EXTENSION D'HÔTELS EN 2004
La
profession et bon nombre de financiers présents dans le secteur hôtelier participent, ce
jeudi 31 mars, à un colloque organisé par BDO MG Hôtel & Tourisme en partenariat
avec L'Hôtellerie Restauration. Outre un débat portant sur l'importance à
terme du marché chinois pour la France, le cabinet d'étude présente, à l'occasion de
ce rendez-vous, une analyse détaillée des performances de l'hôtellerie hexagonale en
2004 et les perspectives pour l'année en cours. Gros plan sur l'évolution des décisions
CDEC.
Allez, vous ne l'avez pas oubliée, cette loi-là !
Celle du 5 juillet 1996, baptisée loi Raffarin, qui soumet les projets de création ou
d'extension d'hôtels à la Commission départementale de l'équipement commercial (CDEC)
dès lors que le seuil de 30 chambres est franchi (50 chambres pour Paris). Voici un
moment en effet qu'elle sévit dans le secteur. Créée au moment où la France souffrait
de surcapacité hôtelière, cette disposition avait pour principal objectif de réguler
le développement dans l'hôtellerie hexagonale. Une présence indispensable à l'époque,
qui a conduit à un net ralentissement du nombre de nouveaux établissements sur le
territoire en son temps. N'empêche que l'an passé, le nombre de dossiers présentés aux
CDEC - selon une étude menée par BDO MG Hôtel & Tourisme - s'élevait tout de même
à 162 projets de création ou d'extension contre 166 en 2003.
Analysée en termes de nombre de chambres, la tendance est toute autre puisqu'au final,
les commissions ont vu passer 19 % de chambres de plus qu'en 2003, pour un volume total
d'environ 9 900 unités. Concrètement, les projets d'extension ont sensiblement fléchi
en 2004 : - 30 %.
Par contre, les créations, qui s'inscrivent sur le
moyen terme et relèvent souvent
d'enjeux stratégiques que les opérateurs ne souhaitent nullement compromettre en cédant
leur place sur certains marchés, ont elles dépassé le seuil des 101 établissements,
totalisant quelque 2 000
chambres de plus qu'en 2003 (+ 31 %). Le tout accompagné d'une augmentation de la
capacité moyenne portée à 88 chambres, contre 84 sur l'exercice précédent.

Les
projets d'hôtel 3 étoiles ont le vent en poupe
Contrairement aux idées reçues, ce
sont les hôtels indépendants qui ont joué un rôle majeur en 2004 dans le
développement hôtelier en France. La preuve : ils ont représenté 54 % des projets de
création ou d'extension. "Le nombre de dossiers de création a par ailleurs
doublé, pour un volume de chambres en hausse de 140 %, indique BDO MG Hôtel &
Tourisme. Cette tendance est générale et concerne toutes les catégories. Elle est
néanmoins tempérée par le fait que le taux de concrétisation des projets indépendants
est d'ordinaire moins important que celui des chaînes intégrées, en raison de montages
financiers parfois difficiles à finaliser."
S'agissant des groupes intégrés, ils ont observé
un repli du nombre d'extensions et une stabilisation des créations. Le tout débouchant sur un volume annuel de 5 400
chambres. L'essentiel du développement de l'hôtellerie de chaîne s'est concentré sur
les enseignes 0 et 1 étoile tandis que les créations de chambres ont fortement diminué
sur les segments 2 et 4 étoiles. Un recul qui a toutefois profité à la catégorie 3
étoiles.
Il semble en effet que le cru 2004 ait été
globalement très favorable aux projets de création ou d'extension dans le 3 étoiles (30
%). Le nombre de chambres correspondantes a du reste été multiplié par deux par rapport
à 2003 : soit 3 000 unités dont 1 700 chambres de chaînes intégrées. "Le
groupe Accor se distingue très nettement avec 8 projets de création autorisés sous les marques Mercure, Novotel et
Suitehotel pour un total de près de 800 chambres", précise le cabinet d'étude.
Mais d'autres enseignes se sont également renforcées sur ce créneau telles Kyriad
Prestige, Holiday Inn et Courtyard by Marriott.

Accor
en superforme
Sur un plan géographique, l'étude
de BDO MG Hôtel & Tourisme met en évidence le maintien du dynamisme des projets
hôteliers dans les deux principales régions touristiques françaises. Autrement dit,
l'Île-de-France et PACA. À elles deux, ces régions ont concentré 38 % des projets
hôteliers en nombre de chambres en 2004. En Île-de-France, c'est Disneyland Paris et les
Hauts-de-Seine qui ont attiré la majorité des projets tandis que Cannes et Marseille ont
également séduit bon nombre d'opérateurs. Sur le reste de l'Hexagone, 3 départements
ont dû se prononcer sur un volume de chambres en projets de plus de 350 unités. À titre
d'exemple, le Rhône a été sollicité pour la création de deux hôtels 3 étoiles et
d'une résidence hôtelière sur le Grand Lyon. À noter que deux de ces projets ont été
rejetés et font désormais l'objet d'un recours en CNEC. En Seine-Maritime, 4 projets ont
été autorisés sur les villes de Rouen et du Havre. Le groupe Accor est derrière 3
d'entre eux sous les enseignes Etap-Hotel, Novotel et Suitehotel. Accor s'est par ailleurs
aussi très bien positionné sur le pôle Bordeaux/Libourne en Gironde avec 4 projets de
création autorisés en 2004. Un 5e hôtel (Etap-Hotel de 140 chambres) ayant
été validé en février 2005 à Bordeaux. Face au leader de l'hôtellerie européenne,
les hôteliers indépendants opèrent eux plus volontiers sur des localisations davantage
liées à la saison comme la Corse du sud et la Savoie. Des endroits jugés peu attractifs
pour les réseaux intégrés. En région parisienne, la part significative des projets
d'hôtels indépendants tient à la capacité élevée des 3 établissements soumis aux
CDEC de Paris et de l'Essonne.
BDO MG Hôtel & Tourisme avec la collaboration de Claire Cosson zzz20h zzz36v
Méthodologie
Cette étude porte sur la totalité des
décisions CDEC prises pour le secteur hôtelier ou parahôtelier en 2003 et 2004 (date du
passage au CDEC).
Les données ont été collectées auprès de préfectures.
À noter que pour un dossier présenté en CDEC plusieurs fois sur la période observée,
seule la décision la plus récente a été prise en compte.
7 décisions négatives
prononcées en 2004
Au cours de l'année 2003, les CDEC/CNEC
avaient refusé 4 projets pour un total de 300 chambres (3,5 % des chambres présentées).
Un nombre de décisions négatives qui a très légèrement
augmenté en 2004 puisqu'il s'est élevé à 7 (soit 5,4 % du volume total de chambres
sollicitées*). Malgré tout, les CDEC n'en demeurent pas moins des filtres efficaces. Ils
obligent en effet les porteurs de projets à structurer leurs différents dossiers, voire
parfois à en modifier certains points problématiques.
Un ajustement du dispositif est toutefois à l'étude pour simplifier les extensions de
quelques chambres.*Par ailleurs, 6 projets
refusés en CDEC en 2004 dans l'attente d'une décision CNEC. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2918 Hebdo 31 mars 2005 Copyright © - REPRODUCTION
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