Journal L'Hôtellerie Restauration
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Le journal L'Hôtellerie Restauration










 
 
 
du 31 mars 2005
HÉBERGEMENT

ÉTUDE EXCLUSIVE L'HÔTELLERIE RESTAURATION/COACH OMNIUM

LA FRANCE REPRÉSENTE PLUS DE 40 % DE L'OFFRE EUROPÉENNE DES CHAÎNES INTÉGRÉES

Le revenu par chambre disponible des réseaux intégrés a progressé de 2,3 % en 2004. Une performance encourageante qui ne s'est pas produite en termes de développement. Les places étant de plus en plus coûteuses et souvent déjà occupées par les leaders, les opérateurs élargissent leur zone de croissance en dehors du Vieux Continent.

Avec le temps, va, tout s'en va… Y compris le développement des chaînes hôtelières intégrées en Europe. Ces dernières ont encore rencontré beaucoup de difficultés en 2004 en termes de croissance. À vrai dire, on est très loin des années 1990, quand l'essor du parc se chiffrait à plus de 500 nouveaux hôtels en moyenne chaque année. Aujourd'hui, on peut à peine compter sur la moitié de ce volume, soit un solde de près de 231 nouvelles adresses en 2004. Pourtant, le développement demeure le principal souci des groupes hôteliers, ne serait-ce que pour compenser la stagnation globale du chiffre d'affaires observée au cours de ces 3 derniers exercices. De fait, le seuil des 150 hôtels pour rentabiliser un réseau reste toujours d'actualité. Mais, au final, il n'y a que 16 enseignes à dépasser ce nombre, sur 87 recensées par Coach Omnium. À présent, c'est avec 7 153 hôtels (soit 806 201 chambres sur les 12 pays d'Europe de l'Ouest) qu'il faut compter.
Un chiffre qui peut, à première vue, paraître gigantesque. Reste qu'il faut le comparer à l'ensemble du parc hôtelier européen : 135 600 hôtels pour 4,1 millions de chambres disponibles. Autrement dit, les chaînes hôtelières intégrées ne représentent que 5 % de cette offre totale en nombre d'établissements et 19 % en nombre de chambres. À noter : les enseignes hôtelières ont choisi la France pour la consacrer "pays européen le plus investi par elles". C'est 16 % des hôtels classés, 35 % des chambres et 52 % de parts de marché, soit plus d'une nuitée hôtelière sur deux. L'Hexagone regroupe à lui seul plus de 40 % de l'offre européenne des réseaux intégrés, soit le double de celle de la Grande-Bretagne, pays placé directement après la France sur ce créneau. Ainsi, les chaînes hôtelières intégrées démontrent un succès patent en termes d'activité. Leur différence avec l'hôtellerie indépendante est marquante, et la clientèle fait elle aussi la distinction.

Accor toujours premier
Les hôtels de chaîne sont globalement 20 % plus chers à prestation comparable (gamme, localisation, services) que leurs homologues indépendants. Ils affichent en outre des taux d'occupation de 8 à 15 % supérieurs. Quant à leur capacité, elle est 3,75 fois plus importante, avec 113 chambres par hôtel en moyenne contre 30 pour l'hôtellerie indépendante, selon l'étude de Coach Omnium. Pour autant, l'uniformité n'est pas de mise en Europe, qualitativement mais aussi quantitativement. En France, les hôtels de chaîne - les plus nombreux - proposent en moyenne 79 chambres contre 107 en Grande-Bretagne, 155 en Espagne et 168 en Allemagne.
En ce qui concerne la présence des chaînes, Accor demeure le groupe le plus représenté au travers de ses marques en France, en Allemagne et en Belgique. Ailleurs, ce sont des groupes nationaux qui règnent. À l'échelle du Vieux Continent, Accor est également toujours premier en contrôlant sans surprise 28,5 % de l'offre en hôtels des chaînes intégrées. Le mastodonte est suivi de Louvre Hotels, qui réunit 2 fois moins d'adresses, d'InterContinental Hotels et à présent du britannique Whitbread.
D'une manière générale, les enseignes d'origine française conservent la main sur l'ensemble du parc hôtelier européen, avec 48 % des hôtels. Les Britanniques caracolent derrière avec 20 % de l'offre, mais on les trouve surtout concentrées dans leur propre pays. Quant aux groupes américains, leur présence se situe surtout parmi les gros porteurs, majoritairement dans le haut de gamme, et ils sont plutôt situés dans les grandes capitales. Leur volonté de se développer sur le sol européen est certes toujours aussi forte, mais leur démarche demeure dans les faits relativement modeste. À l'image de Marriott, qui annonce l'arrivée de 10 nouveaux hôtels d'ici à la fin 2006.

Une situation de monopole
Les 5 premiers opérateurs hôteliers en Europe détiennent 57,4 % de parts de l'offre. C'est dire si le terrain est monopolisé par un leadership qui peut jouer sur tout le processus du marché : la détermination des prix, la fidélisation de la clientèle, l'évolution des produits, etc. Et ce n'est pas terminé, ces mêmes majors continuant à faire preuve d'un développement qu'ils veulent musclé en Europe. En 2004, le plus gros développeur a été Travel Inn en Grande-Bretagne, qui a repris le réseau Premier Lodge, avec 134 établissements (et 5 Travel Inn ont été ouverts) pour s'appeler maintenant Premier Travel Inn, dont Premier Travel Inn Metro qui correspond à des hôtels de centre-ville.
De façon plus classique dans sa croissance, Ibis s'est adjoint 32 nouvelles adresses. Express by Holiday Inn a ajouté 26 unités à son réseau. S'agissant d'Etap Hotel, le chiffre s'élève à 24, comme pour Travelodge. Parallèlement, Ramada a ouvert 21 nouveaux hôtels, Balladins 19 et Days Inn (Cendant) 15. Les autres grands groupes hôteliers ont connu une croissance moindre l'an passé.
À l'évidence, l'Europe plaît toujours autant. Néanmoins, s'y développer devient de plus en plus complexe. Les opérateurs hôteliers, qui parviennent à faire financer les murs de leurs projets par des tiers, ne souffrent pas tant d'un manque d'investisseurs. C'est surtout que, pour assurer un élargissement de leurs réseaux, les ténors de l'hôtellerie sont en fait confrontés à une raréfaction des terrains disponibles ou à un coût inabordable. Par
ailleurs, après les années 1970-80, où les hôtels se créaient dans les périphéries, la demande est désormais concentrée vers le coeur des villes. Sachant que la majorité des groupes recherchent en priorité des hôtels à affilier ou à créer d'au moins 70 à 80 chambres en moyenne en province, les possibilités s'amenuisent considérablement.

Extra-européen et sélectif
Enfin, les hôteliers indépendants franchisables ou prêts à se franchiser fondent comme neige au soleil, même si les conditions comme neige au soleil, même si les conditions d'affiliation se sont avantageusement assouplies. Du coup, après s'être cassé les dents sur des pays comme l'Italie, où les chaînes ont décidément du mal à croître, ils regardent plus loin ou autrement. Leur regard ne porte plus à l'échelle de continents ou de grandes régions mondiales - on a compris que les marchés de ces contrées n'étaient pas homogènes et devenaient parfois aussi décevants qu'ils semblaient prometteurs -, et les projets se font dorénavant sur des pays sélectionnés un par un, généralement via des joint-ventures. Ainsi, s'il compte marquer sa présence en Espagne d'une cinquantaine d'hôtels supplémentaires d'ici à 2008, Accor mise aussi ailleurs que sur le Vieux Continent : en Lituanie, au Nigeria, en Algérie, au Maroc, etc., où il flaire des marchés émergents.
Bien sûr, il existe quelques outsiders, tel Rezidor SAS, qui comptent bien encore se tailler une jolie part en Europe. Le groupe scandinave annonce vouloir implanter quelques dizaines d'hôtels sous les marques Radisson ou Park Inn avec, pour cette dernière enseigne, un objectif de 150 hôtels d'ici à 2006. Il en va de même pour la chaîne superéconomique B & B, rachetée en 2003 par Duke Street Capital et qui compte 106 unités. Après s'être développé à petits pas, il a levé un pactole de 223 millions d'euros afin de booster son déploiement. Le tout s'accompagnant d'un travail de refonte en profondeur de son produit hôtelier.
Enfin, il faudra suivre de près la chaîne Balladins, qui manoeuvre avec détermination pour arriver à 150 unités fin 2005, tout en remodelant son produit de restauration.

Les leaders restent les mêmes
Concernant le classement des premières enseignes sur le territoire européen, il y a eu finalement assez peu de changements. Ibis garde la 1re place avec 577 adresses (soit 83 % de son réseau mondial), suivi par Mercure (487 hôtels, soit 68 % de son réseau mondial) et ses nombreuses enseignes associées (Dorint, Parthénon, Libertel, All Seasons…). Premier Travel Inn accède au 3e rang européen, talonné par Campanile, Formule 1 et Etap Hotel. En nombre de chambres, les deux premiers restent en tête de liste, avec respectivement 58 499 et 52 188 chambres, suivis de Novotel (40 191), Holiday Inn (34 958), Hilton International (30 705) et NH Hoteles (28 893 chambres).
Dans le cadre de leur développement, on se rend compte que la franchise et le contrôle des fonds de commerce par la filiation sont monnaie courante. Les mandats de gestion perdent depuis ces dernières années en parts de l'offre. Il y a également une hausse du nombre d'établissements vers le haut de gamme, au détriment du moyen de gamme. Les grands mouvements et changements de mains sont non seulement moins nombreux, mais également moins spectaculaires que par le passé. Les OPA ne sont plus de mise et les leaders sont menacés par la loi antitrust européenne, qui les oblige à ne pas chercher à se reprendre les uns les autres.
On observe aujourd'hui plutôt des rapprochements avec des prises de participation, comme de Lucien Barrière, de Dorint ou du Club Med avec Accor. Il en a été de même, mais de façon plus interne, entre les cousins Concorde Hotels et Envergure. De ce rapprochement naturel est né Louvre Hotels, 2e groupe hôtelier européen en nombre d'adresses. Lorsque des cessions s'effectuent,
il s'agit dans la plupart des cas de ventes de murs, les opérateurs gardant la gestion des hôtels concernés. 

Mouvements dans les coulisses
En résumé, on peut dire que 2004 aura été une année de 'non événement' pour les chaînes hôtelières intégrées. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, le spectacle se déroule à présent dans les coulisses, à l'abri des regards indiscrets. Le développement continue (même s'il mollit) et les partenariats se scellent, notamment avec des fonds d'investissement aux objectifs spéculatifs. Et il y a peu de créations de chaînes nouvelles, mais cela n'a rien de surprenant : créer une chaîne relève de l'exploit, tant il est difficile de réunir de gros moyens financiers et tant le terrain est déjà occupé.
Notons parallèlement que les chaînes hôtelières se focalisent désormais sur la rénovation de leurs systèmes de réservations et sur la modernisation de leur parc. Sans oublier l'amélioration de leur activité, sur laquelle il y a encore des éléments à parfaire.
Mark Watkins zzz20o

Méthodologie
Cette étude exclusive est réalisée par la société d'études marketing & économiques Coach Omnium pour le compte de L'Hôtellerie Restauration. Elle répertorie les chaînes hôtelières intégrées regroupant plus de 10 hôtels, présentes au 1er janvier 2005 dans les 12 pays d'Europe étudiés (hors Dom-Tom). Les informations publiées dans cette étude ont été analysées et contre-vérifiées par nos services avec un grand soin. Toutefois, les données fournies par les chaînes hôtelières concernées n'engagent que leurs auteurs.

COACH OMNIUM
52 boulevard du Montparnasse
75015 Paris
Tél. : 01 53 63 11 00 · Fax : 01 53 63 11 01
www.coachomnium.com

Complément d'article 2918p8

Les chaînes hôtelières intégrées recensées au 1er janvier 2005

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L'Hôtellerie Restauration n° 2918 Hebdo 31 mars 2005 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE