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L'UMIN DE LOZÈRE EN ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE
ÉTAT D'URGENCE DANS L'HÔTELLERIE
Mende
(48) Avec un taux d'occupation annuel de 30 %, les professionnels ont tiré la
sonnette d'alarme. Mais cette situation ne fut pas la seule évoquée.

De gauche à droite : Philippe Marolot (président
des hôteliers de Lozère), Philippe Villalon (président de la FNRF), Claude Bergounhe
(président de l'Umih de Lozère), Paul Mourier (préfet) et Jean-Luc Martinazzo
(président de la CCI de Mende). |
Le préfet, un député, un
conseiller régional, un conseiller général, un président de CCI : quand l'Umih de
Lozère (142 adhérents) tient son assemblée générale à Mende, personne ne manque le
rendez-vous. Reconnaissons, il est vrai, que quelques mois seulement après la disparition
tragique de Philippe Poudevigne, son président élu au printemps 2004, cette réunion
avait un sens particulier. Elle était la première dirigée par Claude Bergounhe, jeune
hôtelier qui a accepté d'assurer l'intérim. Elle venait, aussi, au terme d'une année
professionnellement difficile, comme l'ont souligné nombre d'interventions.
Le président des restaurateurs a rappelé que "le souci majeur était,
dans son secteur comme ailleurs, de faire revenir les jeunes vers nos métiers".
En 2004, dans ce secteur, l'ANPE de Lozère a enregistré 454 offres d'emploi et seulement
373 demandes. Celui des cafetiers a insisté sur la nécessité de "mettre en
place une convention réglant la question des terrasses à Mende". Le dossier est
à l'étude depuis 4 ans par la mairie !
Pour les hôteliers, les sujets d'inquiétude ne manquent pas. Alors que 2004 a été
marquée par une baisse sensible du nombre de nuitées (- 3,6 % et un taux d'occupation
annuel de 30 %), l'élu a tout à la fois souligné l'impact négatif du développement
des gîtes et des chambres d'hôte, insisté sur la nécessité de pouvoir s'appuyer sur
une personne capable de 'vendre' la Lozère, et enfin rappelé combien il était difficile
d'assurer la succession dans les entreprises. "Entre 15 et 20 hôtels sont à la
vente. On est au bord du gouffre et cette situation va se traduire aussi par des
fermetures saisonnières de plus en plus longues", a notamment déclaré Philippe
Marolot.
Le
préfet tempère le débat sur les chambres d'hôte
Et, comme pour mieux symboliser la
situation de crise vécue par l'hôtellerie du département le moins peuplé de France, il
a aussi rappelé un phénomène assez unique : "Aucune chaîne hôtelière n'est
représentée chez nous et c'est catastrophique, car c'est la preuve qu'il n'y a pas de
véritable marché."
Le représentant de la DGCCRF a souligné qu'il n'avait pas noté d'anomalies manifestes
sur le plan de la restauration agricole mais tout de même constaté, grâce à internet,
des cas d'hébergements non déclarés qu'il a donc signalés à ses collègues des
services fiscaux. Paul Mourier, nouveau préfet, a rappelé qu'il ne fallait "pas
trop dénoncer les chambres d'hôte, car elles participent à l'attractivité touristique".
Il a par ailleurs promis d'intensifier les contrôles face à une économie souterraine
qu'elles peuvent engendrer. Pour sa part, l'élu du département a annoncé qu'un plan
d'aides adaptées aux souhaits des professionnels pour la réhabilitation de certains
hôtels était actuellement à l'étude. Une mince éclaircie dans un environnement
morose.
Jean Bernard zzz26v zzz74v
À Chantoiseau, Patrick
Pagès arrête
À
55 ans, Patrick Pagès n'a plus rien à prouver. Chef salué par une étoile Michelin
qu'il a conservée pendant 10 ans, passionné de vin au point de créer l'Association des
sommeliers en Languedoc-Roussillon, sa passion devant les fourneaux a fait naître bien
des vocations. Mais aujourd'hui, il a décidé de baisser le rideau. L'Hostellerie
Chantoiseau, à Vialas, ne vivra pas une nouvelle saison. Déçu d'avoir cru, sans y
parvenir, qu'on pouvait vivre et travailler au pays, le chef cévenol renonce
Propos recueillis par J. B.
L'Hôtellerie Restauration : Depuis quand sentiez-vous la situation
économique de votre établissement se dégrader ?
Patrick Pagès : C'est à partir de 1996 qu'on a vraiment ressenti
une baisse d'activité. Les réservations étaient de plus en plus tardives, la clientèle
évoluait vers des séjours plus courts. À partir de là, le chiffre d'affaires baissant,
il a fallu compresser les dépenses pour faire plaisir au comptable et au banquier. C'est
le début d'un cercle vicieux. On a moins de moyens pour attirer la clientèle, donc on
devient moins attractif, donc le volume d'activité baisse un peu plus chaque année.
Jusqu'à cette saison 2004 où nous avons perdu aussi de la clientèle en juillet et
août. Par contre, les charges, elles, sont toujours là. On parle de zones franches pour
les banlieues, mais dans certaines zones retirées comme la nôtre, ce ne serait pas une
mauvaise solution.
Avez-vous le
sentiment d'avoir tout fait pour sauver votre entreprise ?
Oui, car pour moi elle a toujours été essentielle. J'ai une histoire ici, tant de
souvenirs de bonheur. Je n'ai donc jamais imaginé quitter définitivement Vialas, même
lorsque les maires de Nîmes ou de Montpellier sont venus me chercher sans jamais
concrétiser leurs promesses. Lorsque j'ai rejoint l'Espace Hérault à Paris, c'était
aussi pour ramener de l'argent en Lozère et tenter d'assurer ainsi des emplois à
l'année.
Être l'ambassadeur de la Sopexa en Europe de l'Est, servir ma cuisine sur des ferries en
mer Baltique ou à bord d'un bateau de croisière dans les Antilles, tout cela n'avait
qu'un sens : me donner les moyens de faire face aux charges d'une entreprise.
Mais dès le début des années 1980, j'aurais dû comprendre qu'un restaurant d'un
certain niveau et les emplois qu'il créait n'intéressaient pas.
À ce moment-là, j'ai cru que des stages cuisine pouvaient prolonger la saison, mais il
n'y avait personne pour m'aider à en assurer la promotion ou même imprimer un dépliant.
Quand on a le sentiment d'être seul à essayer d'avancer dans une région où l'activité
économique tourne au ralenti, on finit par s'arrêter un jour. Mais ce n'est pas un
échec car je sais que j'ai mené un bon combat.
Que va
devenir Chantoiseau ?
Nous avons mis la maison en vente. En attendant de trouver acquéreur, Christiane, mon
épouse, va transformer une partie de la maison en chambres d'hôte et elle s'en occupera
seule.
Et vous ?
Après un séjour de 3 mois au Gabon à l'automne dernier, je suis sur le marché du
travail. J'étudie vos annonces, j'envoie des CV et je me rends compte que les employeurs
ne répondent pas tous. Pourtant, je suis prêt à étudier toutes les propositions et
pourquoi pas à nouveau à partir à l'étranger pour défendre l'idée d'une certaine
cuisine française. Car cette passion-là ne m'a pas quitté !
Franchement, avec le vin, la cuisine et même le marketing, j'ai quelques cordes à mon
arc. Si j'ai la chance de trouver quelqu'un avec un bon projet, je pourrai en faire la
preuve. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2918 Hebdo 31 mars 2005 Copyright © - REPRODUCTION
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