| Écho de
l'assureur-conseil Les
dommages qui ne sont pas pris en charge par les assureurs
Les différentes
garanties que l'on trouve dans les contrats d'assurance couvrent les principaux types de
sinistres qu'un hôtelier peut rencontrer. Les contrats multirisques ne sont pas pour
autant des contrats 'tous risques'. Ils ne garantissent que les dommages consécutifs à
un événement limitativement énuméré tel que incendies, tempêtes, dégâts des eaux,
vols, vandalisme, bris de glace, et la responsabilité civile du chef d'entreprise.
Une chaise cassée par un client, du
vin renversé sur une moquette
sont des dommages qui ne peuvent être
indemnisés par l'assureur de l'hôtel. Mais dans les événements garantis, il y a des
exclusions classiques qu'il convient de rappeler :
Les dommages d'incendie ne sont
couverts que s'il y a eu véritablement un feu. Ce qui exclut par exemple les simples
trous de cigarette dans une literie ou sur un fauteuil.
Sont également exclues les simples
traces de brûlure causées par le fer à repasser de voyage qu'utilise une cliente.
Les dommages consécutifs à une
tempête ne sont indemnisés que sous réserve d'une franchise qui reste à la charge
de l'assuré. Par ailleurs, sont toujours exclus les dommages causés
aux antennes de
télévision, aux toitures construites en matériaux légers, aux stores
Les dégâts des eaux ne sont pris
en charge par les assureurs que s'ils résultent d'une fuite de toiture, de canalisation
ou de débordement d'un appareil à effet d'eau.
En revanche, les infiltrations par
façade ne sont jamais couvertes ; peu importe que le ravalement incombe à l'hôtelier ou
à son propriétaire.
Ne sont pas non plus garantis les
dégâts des eaux provenant d'une fenêtre laissée ouverte, même si cette négligence
est due à un client.
La recherche de fuites d'eau, souvent
prévue par les contrats d'assurance, n'est indemnisée que si elle entraîne des
dégradations immobilières nécessaires pour identifier l'origine de la fuite. Et, bien
entendu, les frais de réparation de la canalisation qui s'avère défectueuse incombent
à l'hôtelier.
Les vols commis au préjudice de
l'hôtelier doivent, pour être garantis, être 'caractérisés', c'est-à-dire qu'ils
doivent résulter d'une effraction, d'une escalade ou d'une agression.
En conséquence, la 'fauche' commise par
une clientèle indélicate n'est jamais couverte, pas plus dans un hôtel que dans un
grand magasin. Ainsi, la disparition d'un cendrier, d'un drap de bain ou même d'un
téléviseur n'est
pas indemnisée par
l'assureur. De même, lorsque l'hôtelier se rend compte de la disparition de plusieurs
billets de banque dans sa caisse, alors que celle-ci n'a pas été fracturée.
L'acte de vandalisme, commis par
un client ou par un tiers, est maintenant fréquemment couvert par les contrats
d'assurance mais sous réserve d'une franchise qui atteint souvent plusieurs centaines
d'euros. En outre, les graffitis sur les murs extérieurs sont souvent exclus.
Les pertes d'exploitation
consécutives à la fermeture totale ou partielle de l'hôtel ne sont habituellement
garanties que si cette fermeture résulte d'un incendie ou d'une explosion. Parfois,
certains contrats d'assurance indemnisent également les pertes d'exploitation
consécutives à des dégâts des eaux. Mais la perte d'exploitation consécutive au
décès ou à la maladie de l'hôtelier n'est pas garantie par les contrats multirisques.
Les bris de glace sont couverts
par certains contrats d'assurances (portes vitrées, miroirs, enseignes lumineuses, et
parfois bris d'appareils sanitaires), mais seul le remplacement du produit verrier est
indemnisé par l'assureur, à l'exclusion de l'enchâssement. zzz66a
Benoît Florin, docteur en droit |