Document unique : mode d'emploi
Aujourd’hui, la démarche d’évaluation des risques professionnels dans le cadre du document unique laisse bien souvent perplexe le responsable d’établissement. En effet, il n’y a pas de formalisme imposé et ce manque de repères induits des difficultés de mise en œuvre du dispositif.
Le modèle de document unique proposé n’est qu’un guide pour identifier les différentes étapes de la démarche. Il ne constitue pas un modèle type à recopier car il se doit d’être le reflet des spécificités de l’entreprise.
La démarche doit permettre avant tout l’échange avec les salariés qui pourront, de par leur connaissance, enrichir le document unique.
La démarche peut
s’articuler en 4 étapes
1ère étape : Organiser
Identifiez les ressources qui en interne peuvent se mobiliser et contribuer à la
démarche (salariés référents, membres
CHSCT, etc.), définissez vos unités de
travail (par lieu, par métier, par branche d’activité...) et communiquez au
sein de votre établissement sur le travail engagé.
2ème étape : Evaluer
En partant de l’observation de l’activité des salariés, il convient d’identifier
les causes d’atteintes à la santé et leurs conséquences physiques ou
psychologiques.
Pour certains domaines, vous pouvez vous aider des fiches de données de sécurité
accompagnant les produits chimiques, des notices d’utilisation qui accompagnent
les équipements. Vous pouvez interroger vos fournisseurs sur les risques que
présentent leurs produits, leurs équipements. Les risques ainsi constatés
doivent être hiérarchisés au regard des indicateurs dont dispose l’établissement
tels que déclaration d’accident du travail ou de maladie professionnelle,
absentéisme, turn -over, réclamations des clients, courriers reçus de la caisse
régionale d’assurance maladie (CRAM), de l’inspection du travail, rapport du
comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail (CHSCT), etc.
3ème étape : Agir
Extrait de la circulaire n°6 DRT du 18 avril 2002 prise pour l’application du
décret n°2001 -1016 portant création d’un document relatif à l’évaluation des
risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, prévue par l’article L.4121-1 du code du travail et modifiant le code du travail :
« L’évaluation des risques ne constitue
pas une fin en soi. Elle trouve sa
raison d’être dans les actions de prévention qu’elle va susciter. Sa finalité
n’est donc nullement de justifier l’existence d’un risque, quel qu’il soit,
mais, bien au contraire, de
mettre en œuvre des mesures effectives,
visant à
l’élimination des risques, conformément aux principes généraux de prévention.
L’articulation entre les résultats de l’évaluation des risques et l’élaboration
du programme d’actions ne s’opère pas mécaniquement. La mise au point du
programme d’actions consiste à rechercher des solutions et à effectuer des
choix. Les décisions devront être prises dans le respect des principes généraux
de prévention :
- « combattre les risques à la source » ;
- « adapter le travail à l’homme en particulier lors de la conception
des postes de travail, du choix des équipements de travail, des méthodes de
travail et de production afin de limiter le travail monotone et cadencé au
regard de leurs effets sur la santé » ;
- « tenir compte de l’état d’évolution de la technique » ;
- « remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou
par ce qui est moins dangereux » ;
- « prendre les mesures de protection collective en leur donnant la
priorité sur les mesures de protection individuelle » ;
- « donner les instructions appropriées aux travailleurs ».
4ème étape : Valider les actions
Le document unique doit être un outil vivant. Les actions que vous déciderez de
mettre en œuvre pour supprimer ou diminuer les risques peuvent conduire à des
changements techniques et organisationnels susceptibles de générer de nouveaux
risques. C’est pourquoi il convient d’enclencher de nouveau le processus de la
démarche à l’issue de toute mise en œuvre de mesures de prévention.
Pour les femmes de chambre et valets, vous pouvez explorer, par exemple, des
champs d’action autour de :
- l’organisation du travail ;
- les outils et équipements de travail ;
- les locaux et mobiliers ;
- la formation des salariés (Attention : la formation « gestes et postures » ne
peut être l’unique réponse pour pallier les risques auxquels sont exposés les
femmes de chambre et les valets).
Exemple à partir d’une opération pour une tâche particulière
Date : 15/01/2007
Rappel : le document unique doit être mis à jour au moins annuellement (R.230-1
du code du travail).
|
Activités |
Situation dangereuse |
Risques |
Risques |
Niveau de priorité |
Mesures de
prévention |
| Gravité
|
Probabilité |
Court terme |
Moyen terme |
Long terme |
| |
Lister l'ensemble des opérations à réaliser
pour réaliser la tâche prescrite |
|
Echelle de 1 à 4(nb2) |
Echelle de 1 à 4(nb3) |
Du plus important au moins important
(de 16 à 1)(nb4) |
Correspond généralement à une action sur
l’organisation, la formation |
Correspond généralement à une action sur
les outils |
Agir sur l’environnement
Envisager le long terme est important pour
mettre en place des mesures pérennes
|
| Faire un lit |
L’opérateur se courbe pour faire le lit
(Hauteur du lit)
L’opérateur soulève à plusieurs reprises le couvre -lit, des draps, les
couvertures (poids des matériaux) |
TMS (nb1) |
3 |
4 |
12 (3X4
A classer dans les priorités) |
Envisager le travail en binôme
|
Identifier des pratiques professionnelles moins contraignantes |
Investir dans des lits à hauteur variables, (des matelas moins lourds), des
couvre -lits et des draps moins lourds. |
(nb1) TMS : Troubles Musculo Squelettiques ;
(nb2) 1 - faible (soins) ; 2 - moyen (arrêt de travail) ;
3 -
grave (incapacité) ; 4 - très grave (décès) ;
(nb3) 1 - peu probable ; 2 - faible ;
3 - moyen ;
4 - significatif ;
(nb4) Obtenu en multipliant la note de gravité à la note de
risque.