Tabac
comment
concilier protection de la santé des salariés et liberté de fumer des clients ?
Lutter contre le tabagisme sur les lieux de travail, c’est non seulement
faire respecter un objectif de santé publique (protéger la santé des non-fumeurs
et réduire la consommation de tabac des fumeurs) mais aussi un objectif de santé
au travail.
Le 29 juin 2005, la Cour de cassation avait affirmé que l’employeur a une
obligation de sécurité de résultat à l’égard de ses salariés victimes de
tabagisme passif. Cette décision avait été expliquée dans l’hebdomadaire du 8
décembre 2005, n°2954.
Depuis le 1er janvier 2008 les nouvelles dispositions du code de la santé publique, issues du décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 fixant les conditions d'application de l'interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif, s’appliquent aux débits de boissons, casinos, cercles de jeu, débits de tabac, discothèques, hôtels et restaurants.
Le projet de création d’un emplacement réservé aux fumeurs, ainsi que ses
modalités de mise en œuvre doivent être soumis par l’employeur au CHSCT (ou à
défaut aux délégués du personnel) et au médecin du travail. Une fois
l’emplacement créé, la consultation du CHSCT et du médecin du travail doit être
renouvelée tous les deux ans.
L'employeur doit apposer dans les locaux de travail une signalisation
apparente rappelant l'interdiction de fumer et un avertissement sanitaire à
l’entrée des emplacements éventuellement mis à disposition des fumeurs.
(La signalétique «Interdiction de fumer» et «Emplacement fumeurs» est téléchargeable sur www.tabac.gouv.fr).
Les emplacements mis à la disposition des fumeurs doivent être des salles
closes, réservées à la consommation de tabac et respecter les normes d'aération
suivantes :
- être équipés d'un dispositif d'extraction d'air par ventilation mécanique
permettant un renouvellement d'air minimal de dix fois le volume de
l'emplacement par heure. Ce dispositif doit être entièrement indépendant du
système de ventilation ou de climatisation d'air du bâtiment. Le local doit
être maintenu en dépression continue d'au moins cinq pascals par rapport aux
pièces communicantes ;
- être dotés de fermetures automatiques sans possibilité d'ouverture non
intentionnelle ;
- ne pas constituer un lieu de passage ;
- présenter une superficie au plus égale à 20 % de la superficie totale de
l'établissement au sein duquel les emplacements sont aménagés sans que la
superficie d'un emplacement puisse dépasser 35 mètre carrés.
Aucune prestation de service ne peut être délivrée dans ce local et aucune
tâche d'entretien et de maintenance ne peut y être exécutée avant que l'air
ait été renouvelé, en l'absence de tout occupant, pendant au moins une heure.
Le responsable des lieux qui aura réservé aux fumeurs des emplacements non
conformes à la réglementation, ou favorisé sciemment la violation de
l’interdiction de fumer, ou n’aura pas mis en place la signalisation prévue par
le texte s’exposera à une contravention de 4e classe.
Pour aller plus loin :
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Extraits du site
www.tabac.gouv.fr
(rubrique lieux de convivialité)
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| Questions… |
… Réponses |
| Je souhaite faire installer dans mon établissement un
emplacement fumeur aux normes. Cela suffit-il ou dois-je aussi le faire
vérifier régulièrement ? |
Une installation aux normes ne suffit pas. En effet, le
responsable de l’établissement est tenu de produire une attestation
provenant de l’installateur ou de la personne assurant la maintenance du
dispositif de ventilation mécanique selon laquelle les exigences
mentionnées sont respectées. Il doit pouvoir produire cette attestation
à tout contrôle et faire procéder à l’entretien régulier du dispositif |
| S’il existe des difficultés réelles pour aménager un
emplacement fumeur aux normes, est-il possible de se satisfaire d’un
simple endroit clos ou de demander à mes clients de se responsabiliser
en fumant moins ? |
Non, en cas de difficulté pour mettre en place un local
fumeurs répondant aux normes de surface et de ventilation requise, le
seul espace réservé aux fumeurs qui reste sera un lieu ni clos ni
couvert, tel que la cour, le parvis, etc. |
| Si un client d’un restaurant fume dans une zone non
fumeur, le propriétaire de l’établissement est-il responsable pénalement
? |
Non. Par contre, il sera puni d’amende s’il n’a pas mis
en place la signalisation, si son local réservé aux fumeurs n’est pas
conforme ou s’il a favorisé la violation de cette interdiction.
Le propriétaire doit toutefois rappeler l’interdiction, au besoin en
s’appuyant sur la signalétique obligatoire |
| Un restaurateur pourra-t-il ou devra-t-il refuser un
client au prétexte qu’il fume ? |
Non, il devra lui demander d’éteindre sa cigarette. Si
le client refuse, le restaurateur pourra lui demander de quitter les
lieux dans la mesure où il est tenu à une obligation de sécurité de
résultat pour ses employés |
| Est-il interdit de fumer sur les terrasses des cafés
? |
Non, dès lors qu’elles ne sont pas couvertes et
que la façade est ouverte |
| Les fumeurs devront-ils sortir des
hôtels-cafés-restaurants pour fumer ? |
Oui, si l’établissement n’a pas mis en place de locaux
réservés aux fumeurs selon les normes prévues par le décret |
| Un client fumeur pourra-t-il se retourner contre moi
si je ne mets pas à sa disposition un espace fumeur ? |
Non, parce que la création d’un espace fumeur n’est pas
une obligation |
| Je suis responsable d’un établissement. Bien qu’ayant
pris toutes les précautions dictées par le décret et avoir installé un
emplacement fumeur aux normes, un mineur vient y fumer (élève en
alternance pour l’entreprise, consommateur dans un établissement
relevant des CHR) : est-ce que je risque une sanction ? |
D’après l’article R3511-8 du décret, les mineurs de
moins de 16 ans ne peuvent en aucun cas accéder aux emplacements
fumeurs. Mais les textes ne prévoient pas de sanction pénale au cas où un mineur viendrait y fumer |
| Comment est déterminé le responsable des lieux
possible auteur des infractions prévues à l’article R.3512-2 ? |
Le responsable des lieux est la personne qui, en raison
de sa qualité ou de la délégation de pouvoir dont elle dispose, a
l’autorité et les moyens nécessaires pour assurer l’application des
dispositions du présent décret |
Pour vous aider :