Les femmes et les jeunes travailleurs
La femme, essentiellement lorsqu’elle est enceinte, et les jeunes de moins de
16 et 18 ans bénéficient d’une protection renforcée correspondant à leur
vulnérabilité physique accrue.
Les femmes enceintes bénéficient d’une surveillance médicale renforcée. C’est
au médecin du travail de décider la fréquence et la nature des examens. Si son
état de santé, médicalement constaté l’exige, la femme enceinte ou son
employeur, peut demander un changement provisoire de poste. Si elle travaille de
nuit, elle doit être affectée à un poste de jour.
Apprentis et stagiaires mineurs ne peuvent travailler de nuit, entre 22h et 6h
pour les moins de 18 ans et entre 20h et 6h pour les moins de 16 ans.
Dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, le travail de nuit des
moins de 18 ans (mais au moins 16 ans) peut être autorisé de 22h à 23h30 en
sollicitant une dérogation auprès de l’inspection du travail.
Les moins de 18 ans ne doivent pas pouvoir accéder à des machines dépourvues de
dispositifs de sécurité.
Femmes et jeunes travailleurs bénéficient d’une limitation dans le poids maximum
des charges qu’ils sont autorisés à porter, notamment dans les cuisines, les
caves et les chais :
- personnel masculin :
- 14-15 ans : 15kg,
- 16-17 ans : 20kg ;
- personnel féminin :
- 14-15 ans : 8 kg,
- 16-17 ans : 10 kg,
- 18 ans et plus : 25
kg.
| Les questions à se poser… |
… des pistes d’action |
| Une salariée vous apprend qu’elle est enceinte ? |
Informez le médecin du travail |
| Votre apprenti a 17 ans et vous souhaitez qu’il
travaille après 22h ? |
Pensez à solliciter l’autorisation de l’inspecteur du
travail |
| Votre salariée enceinte travaille le soir ? |
Veillez à ne pas la faire travailler dans les horaires
considérés comme travail de nuit car elle doit être affectée à un poste
de jour |
| La salariée enceinte se plaint de la difficulté
physique à assurer son poste ? |
A votre demande ou à la sienne, elle peut être affectée
à un poste moins contraignant si son état de santé médicalement constaté
l’exige |
| Votre apprenti est amené à porter des charges ? |
Veillez à ce que le poids de ces charges ne dépasse pas
le maximum autorisé pour son âge |
Pour vous aider :
Pour aller plus loin :
- « Les jeunes travailleurs », n°640,
- « Apprentis et stagiaires : les obligations
de sécurité », n°664,
- « Protection de la maternité et contrat de travail »,
n°662,
téléchargeables sur le le site www.travail-et-securite.fr
Que dit le code du travail ?
Affectation temporaire dans un autre emploi de la salariée en état de grossesse,
à son initiative ou à celle de l'employeur, si l'état de santé médicalement
constaté de la salariée l'exige.
Le changement d'affectation ne doit entraîner aucune diminution de rémunération
(L.1225-7).
La salariée en état de grossesse médicalement constaté ou ayant accouché,
travaillant de nuit est affectée à un poste de jour sur sa demande ou lorsque le
médecin du travail constate par écrit que le poste de nuit est incompatible avec
son état, pendant la durée de sa grossesse et pendant la période du congé légal
postnatal (L.1225-9).
Du côté des tribunaux…
Le 3 octobre 2006 la Cour de cassation a confirmé la condamnation du responsable
d’un hôtel-restaurant à 1 200€ d’amende ainsi qu’aux intérêts civils, pour
blessures involontaires et infractions à la réglementation sur la sécurité des
travailleurs.
Les faits : une mineure en stage de formation dans un hôtel-restaurant a dû
subir l’amputation de la phalange d’un doigt après s’être blessée en utilisant
un hachoir à viande.
Arguments de défense du responsable : il avait interdit aux élèves de se servir
du hachoir à viande, c’était le chef de cuisine qui avait autorisé la victime à
enfreindre les consignes.
Réponse des juges : il ne pouvait qu’être conscient du risque que couraient les
utilisateurs du hachoir à viande dépourvu de dispositif de sécurité, et il ne
pouvait ignorer, en sa qualité de maître de stage la nécessité de demander une
dérogation préalable à l’inspection du travail avant de faire travailler une
personne de moins de 18 ans sur une machine dangereuse.
Ayant ainsi contribué à créer la situation ayant permis la réalisation du
dommage et n’ayant pas pris les mesures permettant de l’éviter, il a commis une
faute caractérisée exposant autrui à un risque d’une particulière gravité qu’il
ne pouvait ignorer.