Les avantages en nature nourriture
La double condition de présence

Dans notre secteur d'activité, ils sont constitués principalement par les repas, la pratique de l'avantage en nature logement se faisant de plus en plus rare (de nombreux contentieux ayant vu le jour lors de ruptures de contrats de travail, contentieux portés devant le Tribunal de Grande Instance ou le Tribunal d'Instance et opposant l'employeur propriétaire du logement à son ancien salarié).

On peut dire que l'avantage en nature nourriture est régi par trois textes :

- les arrêtés Parodi du 22 février 1946 (JO27) modifiés par arrêtés des 1er octobre 1947 et 31 décembre 1947, prévoient une obligation de nourrir le personnel des hôtels, cafés, restaurants ou, à défaut, de lui verser une indemnité compensatrice de repas ;

- les articles D141-5 et suivants du code du travail précisent cet arrêté en disant que "tout salarié prenant son repas sur place, à l'occasion du travail, dans un établissement préparant des denrées alimentaires, ne pourra se voir réclamer par l'employeur une contribution supérieure à l'évaluation de l'avantage en nature fixée par le règlement en vigueur" ;

- l'arrêté du 28 avril 2003 (applicable au 25 mai 2003) qui complète l'arrêté du 10 décembre 2002 et abroge l'arrêté du 9 janvier 1975.

Dans une circulaire du 9 mars 1990, l'Administration rappelle que pour en bénéficier, deux conditions sont exigées :

- l'entreprise doit être ouverte à la clientèle au moment des repas ;

- le salarié doit être présent au moment desdits repas (repas du personnel ou de la clientèle).

Cependant, cette même Administration tolère parfois que "la seule condition de présence au moment des repas du personnel est nécessaire pour bénéficier de l'avantage nourriture".

 DÉCOMPTE DU NOMBRE DE REPAS À FOURNIR OU À INDEMNISER

 Généralités

Le décompte du nombre de repas à fournir ou à indemniser étant lié à l'horaire et à la répartition du temps de travail de chaque salarié, ce nombre n'est pas forcément constant et il ne doit surtout pas faire l'objet d'un calcul au prorata du temps de présence. Cependant, pour des raisons de simplification (les responsables de service ayant souvent du mal à décompter les repas pris), certaines entreprises ont pris pour habitude de prendre pour base 22 jours par mois (pour une personne qui travaille 5 jours par semaine) : une telle mesure peut être contestée devant la juridiction compétente (le juge judiciaire) et entraîner un redressement URSSAF si le salarié a droit à un nombre supérieur de repas (par exemple, si le salarié, a travaillé 24 jours dans le mois.
De plus, il appartient au chef d'entreprise de déterminer si les salariés respectent la double condition précédemment citée afin de déterminer le nombre de repas à attribuer au quotidien (1 ou 2 repas).
À noter qu'un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation (du 16 février 1994) a précisé que "le salarié, qui, pour des raisons personnelles, ne prend pas le repas fourni gratuitement par l'employeur, ne peut prétendre à la compensation".

La double condition, précédemment citée implique qu'un veilleur de nuit n'a pas droit aux repas et une personne qui ne travaille pas en coupure n'a droit qu'à un seul repas.

Seules les personnes en coupure auraient droit à 2 repas par jour.

 Temps partiel et nourriture

Une personne à temps partiel n'a, habituellement droit qu'à un seul repas (présence à 1 seul repas).

 À QUELS SALARIÉS S'APPLIQUE L'OBLIGATION NOURRITURE ?

Cette obligation s'applique à l'ensemble du personnel du secteur à partir du moment où il bénéficie de la double condition citée précédemment. De facto, les veilleurs de nuit sont exclus de cet avantage.

INDEMNITÉ NOURRITURE ET CONGÉS PAYÉS

Pendant ses congés payés ou ses jours fériés chômés, le salarié doit percevoir l'indemnité "nourriture" (soit en se basant sur le nombre de repas pris en moyenne sur les trois derniers mois ou plus simplement sur le dernier mois. Cependant, l'avantage doit toujours profiter au salarié).

 ÉVALUATION DE LA NOURRITURE

Depuis l'arrêté du 28 avril 2003, applicable au 25 mai 2003, la règle d'évaluation de l'avantage nourriture se fait selon l'article D141-6 du Code du Travail, soit toujours sur la base du minimum garanti, mais il n'y a plus lieu de majorer cet avantage pour les salaires supérieurs au plafond de la Sécurité Sociale. En effet l'arrêté du 9 janvier 1975 qui imposait cette majoration a été abrogé.

Depuis le 25 mai 2003, pour tous les salariés, quel que soit leur salaire, ces avantages sont évalués sur la base de 2 fois le minimum garanti pour une journée de travail : cliquez ici pour voir la page "Quelques chiffres et précisions"

Important :
Plusieurs entreprises ont dû, suite à des contrôles URSSAF, régulariser les réductions de cotisations qu'elles appliquaient sur les repas.
En effet elles versaient 1 repas jusqu'à 5 heures de travail et 2 au delà de 5 heures.

Selon URSSAF ouvrent droit à la réduction les salariés au sens du droit du travail (pour lesquels l'employeur est soumis à l'obligation d'assurance contre le risque chômage) auxquels l'employeur est tenu de fournir le repas ou d'allouer une indemnité compensatrice de nourriture. L'obligation de nourriture s'impose à l'employeur lorsque deux conditions cumulatives sont remplies :

- l'établissement est ouvert à la clientèle au moment des repas,

- le salarié est présent au moment des repas. Sont visés tous les salariés qu'ils soient rémunérés au SMIC ou au-delà employés à temps plein ou à temps partiel.

Calcul de la réduction :
elle est déterminée à chaque versement de la rémunération. Elle est égale pour chaque salarié, au produit du nombre de repas fournis ou d'indemnités compensatrices allouées soumis à cotisations en application de l'article L.242-1 du code de la sécurité sociale, par le montant forfaitaire de la réduction. Ce montant est égal à 28% du minimum garanti prévu à l'article L141.8 du code du travail en vigueur au cours de la période d'emploi au titre de laquelle est dû le repas ou l'indemnité compensatrice, le résultat étant arrondi au centime le plus proche.


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