Moduler le temps de travail dans l'entreprise
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Les employeurs des CHR peuvent continuer à
appliquer la modulation de temps de travail prévu par l'accord du 5 février
2007. Cet accord leur permet une application directe de cet aménagement du temps
de travail. Modulation qui permet d'adapter l'organisation du temps de travail à
l'activité de leur entreprise, en évitant d'utiliser des heures supplémentaires
et le chômage partiel en cas de baisse d'activité. |
La modulation du temps de travail permet de
faire varier la durée hebdomadaire du travail sur tout ou partie de l'année, de
sorte que les semaines de haute activité soient compensées par des semaines de
moindre activité. Les heures supplémentaires effectuées en période de haute
activité seront donc compensées par les heures de travail non effectuées en
période de basse activité.
Cet aménagement du temps de travail évite donc de recourir aux heures
supplémentaires en période de pointe, ainsi qu'au chômage partiel en cas de
baisse d'activité.
Les règles relatives à la modulation du temps de travail dans les CHR sont
fixées par l'article 19 de l'avenant n°2 du 5 février 2007 à la convention
collective des CHR.
Les CHR peuvent continuer à pratiquer la
modulation
Une loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme
du temps de travail est venu mettre en place un dispositif unique et simplifié
d'aménagement du temps de travail dans un cadre pluri-hebdomadaire. Dispositif
qui en principe se substitue avec des règles beaucoup plus souples aux quatre modes d'aménagement du temps
de travail précédents (cycles, modulation, JRTT sur l'année, temps partiel
modulé).
Cependant, cette même loi indique que les accords collectifs (prévoyant ces
aménagements du temps de travail) qui ont été conclus avant son entrée en vigueur restent applicables sans limitation de durée.
L'annexe 1 relatif aux dispositifs d'aménagement du temps de travail de l'accord
du 5 février 2007 (les articles 19 à 22) continue à s'appliquer dans les
conditions et règles fixées par cet accord.
Un employeur des CHR peut donc :
-
soit continuer à appliquer les dispositifs prévus
par l'accord du 5 février 2007,
-
ou choisir d'utiliser le nouveau dispositif
d'aménagement dans un cadre pluri-hebdomadaire instauré par la loi du 20 août
2008. Mais dans ce dernier cas il devra conclure un accord d'entreprise avec les
représentants du personnel. Alors que les dispositifs de l'accord du 5 février
2007 sont d'application directe, ce qui veut dire que l'employeur n'a pas besoin
de conclure un accord d'entreprise. Cette solution est donc à retenir pour
toutes les petites entreprises ne disposant pas de représentant du personnel.
Sur quelle période
Dans le cadre de la modulation, l'article 19 précise que vous pouvez compenser
ces horaires sur tout ou partie de l'année. Cela peut se faire :
-
soit sur la base
de l'année civile,
-
soit sur celle de l'exercice comptable,
-
ou encore sur la
durée de la saison,
-
ou toute autre période définie par l'entreprise.
La seule
limite à respecter : la période ne doit pas être supérieure à 12 moins
consécutifs.
Peuvent donc utiliser cet aménagement du temps de travail autant les entreprises
ouvertes toute l'année que les entreprises saisonnières. Ces dernières feront
une répartition des horaires sur la durée d'ouverture de l'établissement qui
doit être inférieure à 9 mois, mais selon les mêmes règles que les
établissements permanents.
Les principes de la modulation
Le principe de modulation permet par le jeu d'une compensation arithmétique, que
les heures effectuées au-delà de la durée collective de l'établissement, soient
compensées par des heures effectuées au-deçà de cette durée.
La durée du travail peut varier sur tout ou partie de l'année dans la limite du
plafond annuel de 1607 heures.
L'horaire collectif peut varier d'une semaine à l'autre dans la limite d'un
horaire hebdomadaire minimal fixé en période basse à 0 heure et d'un horaire
hebdomadaire maximal en période haute fixé à 48 heures de travail effectif.
Le contingent d'heures supplémentaires, excluant les heures supplémentaires
compensées en temps, utilisable sans avoir recours à l'autorisation de
l'inspecteur du travail, est fixé à 130 heures par an.
Toutefois, ce contingent annuel est porté à 360 heures par an lorsque la
modulation est construite sur la base d'une amplitude peu élevée, c'est à dire
soit :
Sans dépasser les durées maximales
Si l'employeur peut faire varier la durée du travail de ses salariés en fonction
de ses besoins, il doit veiller à respecter d'une part, les durées maximales de
travail quotidiennes, mais aussi les durées maximales hebdomadaires moyennes sur
12 semaines de 46 heures, ainsi que la durée maximale hebdomadaire absolue qui
est fixé à 48 heures.
Pour mémoire les durées maximales quotidiennes à respecter sont les suivantes :
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Personnel administratif hors site
d'exploitation |
10 h 00 |
|
Cuisinier |
11 h 00 |
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Autre personnel |
11 h 30 |
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Veilleur de nuit |
12 h 00 |
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Personnel de réception
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12 h 00 |
Les salariés soumis à la modulation
L'accord précise que la modulation du temps de travail s'applique à tous les
salariés y compris ceux embauchés en CDD ou temporaire.
Attention !
Dans la mesure où l'accord ne prévoit pas de dispositions
spécifiques pour les apprentis et les contrats de formation en alternance, la
modulation ne leur est pas applicable. (Note DGEFP 38 du 21 septembre 2001).
Le personnel doit être informé
Le personnel doit être informé de la répartition des horaires soit de façon
collective soit individuellement.
Collectivement
Avant de la mettre en œuvre, le programme indicatif annuel de la répartition des
horaires ainsi que sa modification doivent être soumis pour avis au comité
d'entreprise et à défaut aux délégués du personnel.
La programmation indicative doit être portée à la connaissance des salariés par
tout moyen, c'est-à-dire affichage, circulaire…
Individuellement
L'employeur peut organiser selon un calendrier individuel l'activité de ses
salariés en définissant les périodes de haute, moyenne ou basse activité.
L'employeur doit communiquer en même temps que son bulletin de paie un document
faisant état du décompte des horaires des salariés.
Dans tous les cas, le chef d'entreprise devra communiquer au moins une fois par
an un bilan de la modulation.
Le planning peut être modifié
7 jours avant
Les salariés doivent être informés au moins 7 jours ouvrés à l'avance de la
modification du planning.
Ce délai peut être réduit à 48 heures en cas de circonstances exceptionnelles et
afin de tenir compte des variations d'activité et des fluctuations saisonnières.
L'accord rappelle que la diversité des situations rencontrées ne permet pas
d'établir une liste exhaustive des évènements qui présentent un caractère
exceptionnel. Toutefois, les parties signataires soucieuses d'éviter des recours
non justifiées à la notion de caractère exceptionnel ont tenté d'en déterminer
les caractéristiques principales.
Ainsi, entrent dans le domaine de l'exceptionnel :
-
les arrivées ou départs importants de clients non prévus ;
-
des retards ou des décalages dans les arrivées et départs ;
-
les conditions météorologiques ;
-
le surcroît d'activité pour pallier les absences imprévues du personnel et de
manière générale, toute autres circonstances revêtant la nécessité dune
intervention rapide, non prévisible et qui ne peut être différée.
Ce qui veut dire que les évènements énumérés au-dessus par l'accord ne
constituent pas une liste exhaustive mais sont données à titre indicatif.
Ou moins de 7 jours mais avec des contreparties
En cas de non-respect du délai de 7 jours, le salarié bénéficie des
contreparties suivantes :
-
soit un repos compensateur de 10% des heures effectuées par jour de retard par
rapport au délai de prévenance de 7 jours.
Exemple : un salarié n'est informé que 5 jours avant au lieu des 7 jours,
pendant les 2 jours de retard par rapport au délai de prévenance, il a effectué
16 heures de travail. Il bénéficie donc pour ces 16 heures de travail d'un repos
compensateur de 10%. Ce qui donne 1 heure 36 minutes de repos supplémentaires en
compensation.
Exemple : un salarié n'est informé que 48 heures avant de la modification de son
planning, il aura donc 5 jours de retard où il a du travaillé 8 heures chaque
jour. Il bénéficie donc d'un repos compensateur de 10% sur la base de 8 heures x
5 jours soit 40 heures. Il bénéficie donc de 4 heures de repos en compensation.
-
soit de toute autre contrepartie définie par accord d'entreprise ou
d'établissement.
Comment payer les salariés
L'accord permet aux employeurs de choisir entre deux systèmes de rémunération,
soit une rémunération lissée soit en fonction des horaires réellement effectués.
Quelque que soit le choix de l'employeur quant à la forme de la rémunération, il
doit prendre sa décision au début de la période de référence de la modulation et
l'appliquer jusqu'à la fin.
Le lissage de la rémunération, consiste à verser une rémunération mensuelle
moyenne qui est indépendante de l'horaire effectué. La rémunération se fera donc
sur la base de l'horaire moyen de la modulation à savoir 35 heures.
Une rémunération en fonction des heures réellement travaillées au cours de
chaque mois. Par exemple quand votre salarié ne fait que 20 heures par semaine,
vous le payez donc sur cette base et lorsqu'il réalise 40 heures vous le payez
aussi sur cette base.
Cette solution n'est pas souvent retenue. Elle présente le double inconvénient
d'être plus lourde à gérer techniquement (recalculer le salaire tous les mois)
et surtout n'assure pas un revenu régulier au salarié.
Incidence des absences des salariés au cours de la période de modulation
Les absences d'un salarié au
cours de la période de modulation vont avoir une incidence sur sa rémunération
quand celle-ci est lissée. Conformément à la loi, l'accord a posé les règles
suivantes :
-
En cas d'absence du salarié qui ne donne pas lieu à rémunération ou
indemnisation, la rémunération du salarié sera donc réduite proportionnellement
à la durée de son absence. Il s'agit des absences pour maladie d'un salarié qui
n'a pas un an d'ancienneté…
-
En cas d'absences du salarié qui doivent être rémunérées ou indemnisées (maladie
après un an d'ancienneté, maternité…) l'indemnité à verser au salarié sera calculée
sur la base de la rémunération lissée.
-
Il est interdit de faire récupérer, les jours d'absence rémunérés ou
indemnisés, les congés et autorisations d'absence auxquels les salariés ont
droit en application de la convention collective et de son avenant, ainsi que
les absences justifiées pour cause de maladie ou accident du travail.
Incidence d'une rupture ou d'une embauche en cours de mois
L'accord prévoit qu'en cas de rupture du contrat de travail pour motif
économique intervenant pendant ou après une période de modulation, le salarié
conserve le supplément de rémunération qu'il a le cas échéant, perçu, par
rapport au nombre d'heures effectivement travaillées.
En dehors de ce cas de rupture pour raison économique, l'accord prévoit qu'il
faut recalculer les droits du salarié sur la seule période selon les modalités
suivantes :
Lorsqu'un salarié n'a pas accompli la totalité de la période de modulation
Lorsqu'un salarié n'a pas accompli la totalité de la période de modulation du
fait de son entrée ou de son départ de l'entreprise au cours de cette période,
l'employeur devra régulariser sa rémunération sur la base des heures
effectivement travaillées par rapport à l'horaire moyen hebdomadaire. En clair,
l'employeur doit abandonner la rémunération lissée et recalculer les droits du
salarié.
La rémunération qui ne correspond pas à du temps de travail effectif sera
prélevée sur le dernier bulletin de salaire. En cas de trop perçu par le salarié
par rapport à ses heures de travail, l'employeur peut donc régulariser sur son
dernier bulletin de paie.
Si le salarié a effectué des heures excédentaires par rapport à l'horaire moyen
de travail
Si le salarié a effectué des
heures excédentaires par rapport à l'horaire moyen de travail, ces heures seront indemnisées au salarié avec les majorations
applicables aux heures supplémentaires. Par exemple, un salarié commence à
travailler en période haute et souhaite quitter l'entreprise avant que les
heures ne soient compensées pendant la période basse. L'employeur devra alors le
faire bénéficier de la majoration des heures supplémentaires.