L'arrêt
maladie
Ce chapitre répond aux questions
suivantes :
C'est un arrêt de travail préconisé
au moyen d'un certificat médical d'arrêt de travail émis par le médecin du
salarié en raison de son état de santé.
Quelles sont les obligations du
salarié ?
En cas de maladie, le salarié doit avertir
son employeur le plus rapidement possible (par téléphone par exemple) et lui adresser un
certificat médical d'arrêt de travail pour maladie dans les 48 heures afin de
justifier son absence.
En cas de prolongation de son arrêt de travail pour maladie, le salarié doit en
avertir son employeur et justifier de cette prolongation, en lui envoyant le certificat
médical correspondant.
| Texte de référence : art. 29-2 de la CCN des CHR du 30
avril 1997. |
Quels sont les effets de la
maladie sur le contrat de travail du salarié ?
Le contrat de travail du salarié est
suspendu pendant toute la durée de l'arrêt de travail ce qui veut dire notamment
que l'employeur n'a pas à lui verser de salaire.
Par contre, si le salarié a 1 an d'ancienneté dans l'entreprise,
l'employeur doit l'indemniser après un délai de carence de 10 jours,
c'est-à-dire à partir du 11e jour d'absence pour maladie.
Par qui le salarié est-il
indemnisé pendant son arrêt maladie ?
Le salarié perçoit des indemnités
journalières de Sécurité sociale après un délai de carence de 3 jours, soit à
partir du 4e jour d'absence.
Si le salarié a moins d'1 an d'ancienneté, il n'est pas indemnisé
par son employeur.
Par contre, s'il a plus d'1 an d'ancienneté, son employeur doit lui
verser à partir du 8e jour d'absence (délai de carence de 7
jours), un complément de salaire pour compléter les indemnités journalières versées
par la Sécurité sociale.
|
Texte de référence : art. R.
323-1 du code de la sécurité sociale et art. 29 de la CCN du 30 avril 1997, décret 2008-716 du 18 juillet 2008. |
Comment l'employeur doit-il
indemniser le salarié pendant un arrêt maladie ?
Cas où le salarié a moins d’1 an d’ancienneté
Dans ce cas,
l’employeur n’est pas tenu d’indemniser le salarié pendant son absence.
Le
salarié perçoit après 3 jours de carence, une indemnité versée directement par
la sécurité sociale et à condition qu’il remplisse les conditions imposées par
la loi, à savoir :
avoir travaillé au moins 200 heures au cours des trois mois
précédant l'arrêt de travail ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1
015 fois le montant du SMIC horaire au cours des six mois précédant l'arrêt.
Cas où le salarié a plus d’1 an d’ancienneté
L'employeur doit lui verser, à
partir du 8e jour d'absence (délai de carence passé de 10 à 7 jours, selon le
décret 2008-716 du 18 juillet 2008, publié au JO du 19 suite à la loi de
modernisation du marché du travail du 28 juin 2008) des indemnités
compensatrices de perte de salaire pour compléter les indemnités journalières
qu'il reçoit de la Sécurité sociale.
Le montant de ce complément de salaire est un pourcentage du salaire brut que le
salarié aurait perçu s'il avait continué à travailler.
Le montant et la durée de cette indemnisation vont dépendre à la fois de
l'ancienneté du salarié et la durée de son absence.
Le tableau ci-dessous résume les montants maximum auxquels a droit sur 1 an un
salarié absent pour maladie.
Ancienneté
du salarié |
Montant et durée de l'indemnisation
due à partir du 11e jour d'absence |
| |
90% du salaire brut |
66,66 % du salaire brut |
| de 1 à 8 ans |
30 jours |
30 jours |
| de 8 à 13 ans |
40 jours |
40 jours |
| de 13 à 18 ans |
50 jours |
50 jours |
| de 18 à 23 ans |
60 jours |
60 jours |
| de 23 à 28 ans |
70 jours |
70 jours |
| de 28 à 33 ans |
80 jours |
80 jours |
| de 33 ans et plus |
90 jours |
90 jours |
Ces indemnités sont soumises à cotisations
sociales ainsi qu'à la CSG et à la CRDS.
|
Attention !
Cette indemnisation s'entend déduction faite des indemnités que salarié perçoit de la sécurité sociale, et éventuellement d'un régime complémentaire de prévoyance.
A cet égard sachez que l'indemnité journalière de sécurité sociale est égale à
50 % du salaire journalier de base (salaire calculé sur la moyenne des salaires des trois derniers mois travaillés précédant l’arrêt de travail, plafonnée à 2859 euros, 47,65 euros par jour maximum au 1er janvier 2009).
Pour les saisonniers, le montant de l’indemnité journalière est calculé sur la moyenne des salaires des douze mois précédant l’arrêt, toujours dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Texte de référence :
- art. 29 de la CCN des CHR du 30 avril 1997 ;
- L.323-1, R323-1, R 382-31 du code de la sécurité sociale,
- art. D1226-2 et D1226-3 du nouveau code du travail.
|
Dernière mise à jour : janvier 2009.
ARRÊT
MALADIE DOUTEUX : ORGANISER UNE CONTRE-VISITE MÉDICALE
Dans la mesure où l’employeur
paye les indemnités journalières de maladie, il peut, s’il a un doute sur le
bien-fondé de cette absence, demander une contre-visite médicale.
L’employeur peut organiser cette visite médicale de contrôle à partir du premier
jour où le salarié reçoit les indemnités complémentaires versées par
l'entreprise. Autrement dit, dans les CHR, à partir du 8e jour d’absence pour
les salariés ayant 1 an d’ancienneté (art.29 de la CCN des CHR).
L’employeur choisit librement le médecin en charge de ce contrôle (à noter qu’il
existe des sociétés spécialisées dans ce genre de contrôle).
Le médecin mandaté peut venir à l’improviste chez le salarié (ou à l’adresse à
laquelle il est autorisé à se reposer comme indiqué sur son arrêt de travail)
mais il devra justifier de sa qualité professionnelle et de sa qualité de
mandataire de l’employeur.
Attention ! La contre-visite doit avoir lieu en dehors des heures de sortie
autorisées par la Sécurité sociale, c'est-à-dire le plus souvent entre 9 h
et 11 h et de 14 h à 16 h. Parfois, l’arrêt de travail mentionne ‘sorties
libres’. Dans ce cas, le salarié doit informer l'employeur du lieu et des
plages horaires où une contre-visite peut être effectuée afin de permettre à
celui-ci d’être en mesure d’effectuer ce contrôle.
Si le médecin contrôleur
conclut que le salarié peut travailler, ou si le salarié est absent lors de son
passage, l’employeur peut suspendre le versement du complément de salaire
jusqu'à son retour dans l'entreprise. Mais il ne peut appliquer aucune autre
sanction (pas le droit de licencier). La Sécurité sociale peut également décider
de supprimer le versement de indemnités journalières.
|
Textes de références : articles L. 315-1 et L.
323-7 du code de la sécurité sociale, article L. 1226-1 du code du travail,
Décret n° 2010-957 du 24 août 2010 relatif au contrôle des arrêts de
travail. |
Dernière mise à jour :
septembre 2010
Le salarié doit-il passer une
visite médicale de reprise ?
En cas d'absence pour maladie de
21 jours minimum ou en cas d'absences répétées pour raisons de santé, le
salarié doit passer une visite médicale dite "visite médicale de reprise"
devant la médecine du travail.
Cette visite médicale doit avoir lieu à son retour dans l'entreprise et, au
plus tard, dans les 8 jours de la reprise.
Cette visite médicale a pour but de vérifier que le salarié est toujours apte à
travailler à son poste.
| Texte de référence : art. R.241-51 du code du travail. |
Cumule-t-on de l'ancienneté
pendant un arrêt maladie ?
La maladie n'interrompt pas
l'ancienneté du salarié. Mais, dans la mesure où le temps d'absence pour maladie
n'est pas du temps de travail effectif, il ne compte pas pour le calcul des droits liés
à l'ancienneté, sauf si la convention collective applicable à l'entreprise le
prévoit, ce qui n'est pas le cas de celle des CHR du 30 avril 1997.
Ainsi, les temps d'absence pour maladie ne comptent pas pour calculer le
préavis de licenciement, le montant de l'indemnité de licenciement, ni les droits
à congés payés.
| Textes de référence : art. L. 122-6 et 122-9 du code du travail. |
Un salarié empêché de prendre
ses congés payés à cause de la maladie peut-il perdre ses congés payés ?
Lorsque c'est à cause d'une absence
prolongée pour maladie qu'un salarié n'a pas pu prendre au cours de l'année de
référence les congés payés qu'il avait acquis l'année précédente, il n'a pas droit
à une indemnité compensatrice de congés payés, sauf si la convention collective le
prévoit expressément (Cass. soc. 5 mai 2002). Ce n'est pas le cas de la CCN des CHR du
30 avril 1997.
La maladie
interrompt-elle le préavis ?
Non ! La maladie qui survient
pendant un préavis de démission ou de licenciement n'interrompt pas le préavis.
Celui-ci continue à courir normalement, et se terminera à la date initialement
prévue (cass. soc. 28 juin 1989, n° 86-42931).
De même, si un licenciement est notifié à un salarié pendant son arrêt maladie
(sauf cas d’accident du travail ou maladie professionnelle), le délai de préavis
commence à courir le jour où le salarié reçoit la notification de son
licenciement. Le fait qu’il soit en maladie ne reporte pas le point de départ du
préavis à la fin de son congé maladie (pour tout savoir sur le licenciement pour
maladie, voir le Blog :
Droit du travail en CHR : les ruptures du contrat de travail).
Dernière mise à jour : mai
2009.