Le
congé paternité ?
Ce chapitre répond aux
questions suivantes :
Le congé paternité est un congé
indemnisé dont un salarié peut bénéficier à sa demande à l'occasion de la
naissance de son enfant. Il doit débuter dans les 4 mois qui suivent la
naissance de l'enfant.
Exemple : naissance le 1er janvier 2002, le congé doit être pris avant le 30
avril 2002.
| Texte de référence
: L. 122-25-4 et D. 122-25 du code du travail. |
Quelle est la durée du congé
paternité ?
La durée maximale du congé
paternité est fixée à 11 jours consécutifs ou 18 jours en cas de naissances multiples.
Les jours de congé sont forcément consécutifs. Autrement dit, le congé paternité
n'est pas fractionnable, il se prend obligatoirement en une seule fois.
Il faut savoir en outre que le congé paternité se décompte en jours calendaires. Il
comprend donc les samedis et les dimanches. Exemple : si le congé paternité
commence le 1er février, il se terminera le 11 février au soir, soit 11 jours
calendaires plus tard.
Toutefois, rien n'empêche un salarié de prendre un
congé paternité plus court, c'est-à-dire de moins de 11 jours.
Il ne faut pas confondre le congé paternité et
les 3 jours
déjà accordés au père pour la naissance d'un enfant car ces deux congés sont
soumis à un régime différent. De fait, ces 2 congés s'ajoutent l'un à l'autre. Au
total, un salarié peut donc bénéficier de 14 jours de congés (11 + 3) pour la
naissance de son enfant.
Toutefois, le congé paternité n'est pas
obligatoirement à prendre à la suite immédiate de ces 3 jours. Par exemple, un salarié
peut prendre d'abord son congé de 3 jours au moment de la naissance de son enfant, puis
plus tard, mais dans les 4 mois qui suivent la naissance, il peut prendre son congé
paternité de 11 jours.
Texte
de référence : art. 331-8 du code de la Sécurité sociale. |
Quelles sont les
formalités à effectuer pour bénéficier du congé de paternité ?
Le congé paternité doit être pris dans
les 4 mois qui suivent la naissance de l'enfant.
Exemple : naissance le 1er janvier 2002, le congé doit être pris avant le
30 avril 2002.
Pour en bénéficier, le salarié doit en informer son
employeur par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette lettre doit préciser
la date et la durée du congé paternité que vous avez choisi de prendre, et doit être
envoyée un mois minimum avant la date choisie du début du congé paternité. Modèle de
lettre : le père salarié envoie cette lettre à son employeur en recommandé avec
accusé de réception au plus tard 1 mois avant le début souhaité du congé paternité.
Vos Prénom et Nom
Votre adresse |
|
|
Entreprise
Monsieur Prénom Nom du destinataire
Adresse complèteLieu, jour mois année (en
chiffres) |
|
(Au moins 1 mois avant le début du congé)
Madame, Monsieur,
En vertu de l'article
L.122-25-4 du code du travail, je vous informe que mon enfant est né (ou
devrait naître) le "date" je souhaite bénéficier du congé paternité à
partir du "date du début du congé" jusqu'au "date de fin de congé".
Je vous joins la photocopie du livret de famille (ou de l'acte de
naissance ou du certificat médical attestant de la date prévue de la
naissance).
Je vous prie de croire, Madame,
Monsieur, en l'assurance de ma considération distinguée.
Signature
|
|
L'employeur quant à lui agit
comme pour un congé maternité : il remplit le formulaire S3201n d'attestation de salaire
et l'adresse à la caisse d'assurance maladie dont dépend le salarié dès le 1er
jour de son congé paternité.
Afin de prouver à la sécurité sociale,
qu'il est bien le père de l'enfant pour lequel il demande à bénéficier
d'un congé paternité, le salarié doit en outre adresser à sa Caisse d'assurance
maladie :
-
une copie de l'acte de naissance de
l'enfant ;
-
ou une copie du livret de
famille mis à jour ;
-
ou, le cas échéant,
l'acte de reconnaissance de l'enfant.
| N.B. :
Cette pièce justificative peut aussi être adressée à sa Caisse d'assurance maladie par
son employeur en même temps que l'attestation de salaire. |
Comment est-on indemnisé pendant le congé
paternité ?
Pendant son congé paternité, le
père perçoit une indemnité journalière. C'est la caisse d'assurance maladie à
laquelle le père est affilié qui assure le paiement par virement de l'indemnité
journalière de paternité.
L'indemnité journalière de paternité se calcule comme s'il s'agissait d'un congé
maternité.
L'indemnité est égale au salaire journalier de base calculé sur la moyenne des salaires
des 3 derniers mois, diminués des cotisations sociales et de la CSG, le tout pris dans la
limite du plafond de la Sécurité sociale (2 352 euros en 2002).
Comme en matière de maternité, le montant maximum de l'indemnité journalière de
paternité est fixé à 62,88 euros par
jour.
En outre, le montant de l'indemnité journalière paternité est réduit de 0,5 % au
titre de la CRDS et de 6,2 % au titre de la CSG.
Pour bénéficier de l'indemnité journalière de
paternité le salarié doit remplir certaines conditions, à savoir :
-
justifier de la naissance de son enfant par
l'envoi d'une copie d'acte de naissance de l'enfant, du livret de famille ou de l'acte de
reconnaissance de l'enfant ;
-
justifier de 10 mois
d'immatriculation en tant qu'assuré social à la date du début du congé
paternité ;
-
avoir travaillé au moins 200 heures au cours
des 3 mois précédant la date du début du congé de paternité ou, avoir cotisé sur un
salaire égal à 1015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédant la date du
début du congé paternité.
Quelle est la différence entre le congé
paternité et les 3 jours pour la naissance d'un enfant ?
Quelle que soit son ancienneté, le père peut
s'absenter 3 jours pour la naissance de son enfant au titre des congés pour événements
familiaux. Désormais, il peut, en plus, s'absenter 11 jours au titre du congé
paternité. Ces 2 congés s'ajoutent l'un à l'autre, mais ne sont pas soumis au
même régime. Comparatif.
Le
congé de 3 jours pour la naissance d'un enfant
Il est prévu par l'article 25-1 de la CCN des CHR
du 30/04/ 1997.
Il se décompte en jours ouvrables.
Le salarié est payé par l'employeur.
Le congé de paternité
de 11 jours
Il est prévu par l'article L.122-25-4 du code du
travail issu de la loi du 21 décembre 2001.
Il se décompte en jours calendaires (comprenant les samedis et dimanches).
Le salarié est indemnisé par la Sécurité sociale.
Dernière mise à jour :
septembre 2008.