Titres de mouvement ou documents d'accompagnement

Un produit alcoolisé ne peut circuler que si les taxes fiscales, matérialisées par un document d'accompagnement, ont été payées. Cette obligation, très contraignante a beaucoup évolué.
Avant 1971, toute mise en circulation de boissons alcoolisées devait s'accompagner d'un titre de mouvement. Il fallait se présenter à chaque fois à la recette locale des impôts. Celle-ci n'était pas ouverte 24 h sur 24, ni 365 jours par an, cela posait de gros problèmes aux commerçants et surtout aux viticulteurs qui vendaient une partie de leur récolte par petites quantités à une clientèle de passage.
Consciente de ces inconvenients, l'administration fiscale a pris des mesures d'assouplissement en proposant :

s La remise de registres de congés aux expéditeurs.
s L'institution de la facture-congé, qui est la synthèse de la facture et du congé. De ce fait, il y a eu regroupement du document commercial et du document fiscal.
s L'apposition d'une capsule représentative des droits (C.R.D.) souvent dénommée "capsule congé".

Chaque capsule doit comporter un certains nombre de mentions obligatoires (1).

(1) Mentions devant figurer sur les capsules :
a) Le N° d'agrément de la personne responsable de l'embouteillage du produit. Ce N° délivré par le directeur régional des douanes et droits indirects territorialement compétent se compose du mot "récoltant" ou "non récoltant" pour les non récoltants (SICA, négociants) ;
Ces mots peuvent être remplacés respectivement par les lettres "R" ou "N". Les récoltants dont les syndicats viticoles, les groupements professionnels, les caves coopératives et leurs unions embouteillant leur récolte pour le compte de leurs adhérents bénéficient du mot "récoltant" ou de la lettre "R".
b) La marque du fabricant de capsule...

(J.O DU 5 OCTOBRE 2000)

Le numéro d'agrément du responsable de l'embouteillage figurant sur la couronne, la marque fiscale, l'indication de contenance et le cas échéant, le titre alcoométrique volumique figurant au centre de la couronne sont indiqués sur fond :

Vert pour les vins tranquilles et mousseux d'A.O. (AOC et AOVDQS). Pour le champagne, ce nom d'appellation doit figurer sur la capsule.
En bleu pour tous les autres vins, y compris les "Boissons Fiscalement Assimilées au Vin". Pour ces dernières la mention "BFAV" doit figurer sur la couronne.
Orange pour les produits intermédiaires bénéficiant d'une AOC. Pour les VDN bénéficiant d'une AOC, la mention VDN doit figurer sur la couronne.
Jaune d'or pour le Cognac et l'Armagnac.
Rouge pour le rhum.
Blanc pour les autres alcools.

Les CRD destinées à être apposées, dans les autres états de la Communauté européenne, sur les bouteilles et récipients doivent comporter, entre autres, le numéro d'agrément délivré par l'administration des douanes et droits indirects précédé du sigle du pays, par exemple : DE pour l'Allemagne, IT pour l'Italie, ES pour l'Espagne, GB pour la Grande-Bretagne, etc.

Jusqu'en 2000, il existait différents titres de mouvement :
s Le congé : lorsque le droit était payé à l'enlèvement.
s La capsule-congé.
s Le passavant ou laissez-passer : lorsque la franchise de l'impôt pouvait être accordée.
s L'acquit-à-caution : lorsque le droit était consigné ou simplement garanti.

Seuls les deux premiers titres intéressaient vraiment les restaurateurs.
Une nouvelle législation, de 2000, a mis fin à des dispositions dont certaines dataient de plus de 150 ans. Ces dispositions étaient différentes selon les opérateurs. Maintenant, l'ensemble des opérateurs : viticulteurs, caves coopératives, négociants, distillateurs, brasseurs, bouilleurs de cru sont considérés comme "entrepositaires agréés". Acquits-à-caution, passavants, congés... ont été remplacés par deux formulaires administratifs utilisables aussi bien en France que dans les états membres de l'U.E : le document d'accompagnement administratif (DAA) et le document simplifié d'accompagnement (DSA).
Restaurateurs attention, à chaque livraison, vérifiez la présence de CRD (1) ou exigez les documents d'accompagnement et conservez-les soigneusement. Ils peuvent être exigés à tout moment par l'administration. En cas de déménagement, le transporteur les demande systématiquement. Cela est également valable pour les particuliers.

NATURE DES CAPSULES

Les capsules représentatives des droits doivent être en métal ou en matière plastique, elles peuvent être apposées sur les bouteilles ou faire partie intégrante du récipient.
Les capsules métalliques doivent être en métal assez mince pour pouvoir être déchirées ou, s'il s'agit d'un métal dur, épais ou trop malléable, présenter des points de moindre résistance disposés de telle manière que l'ouverture de la bouteille entraîne obligatoirement la destruction de la capsule et empêche toute réutilisation frauduleuse. Les points de moindre résistance peuvent toutefois être remplacés sur les capsules métalliques de surbouchage par le seul encollage si celui-ci donne des garanties suffisantes de non-réutilisation. Une autorisation doit être demandée au service fiscal local pour être habilité à recevoir et à utiliser des capsules de surbouchage non encollées.
Les capsules en matière plastique ne sont agréées par l'administration, aux conditions qu'elle déterrnine dans chaque cas particulier, que dans la mesure où elles sont rendues inutilisables lors de l'ouverture de la bouteille. Elles doivent parfaitement épouser le col de la bouteille de telle manière que le décapsulage puisse intervenir que par excision ou par déchirement des capsules.


(1) Inutile d'ouvrir tous les colis, si les bouteilles sont munies de capsules congé,
les lettres CRD figurent sur les caisses ou les cartons.




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