Vocabulaire du vin
Voici deux commentaires succincts de la dégustation d'un
même vin rouge. Lequel préférez-vous ?
a) Ce vin a une couleur sombre. Il sent bon, les arômes sont bien perceptibles au
nez. En bouche, il râpe un petit peu, mais dans le fond ce n'est pas désagréable.
b) Ce vin a une robe soutenue, un nez agréable et une bonne intensité aromatique.
En bouche, on perçoit une petite pointe d'astringence de bon aloi.
Les deux dégustateurs ont eu les mêmes perceptions, mais les ont exprimées
différemment.
Difficile à codifier, le vocabulaire du vin est souvent imagé. Les termes utilisés
en dégustation sont fort nombreux. Certaines listes peuvent effrayer le débutant. Qu'il
se rassure, il est préférable de bien maîtriser une dizaine de termes, choisis parmi
les plus courants en dégustation, et de les utiliser à bon escient plutôt que de
vouloir "épater" avec des mots ou des expressions qui ne correspondent pas à
des caractères précis, par exemple, dire d'un vin qu'il a de la cuisse. Il faut
également éviter les mots passe-partout tels que "gouleyant", terme qui
signifie dans la langue de Rabelais qui réjouit la "goule".
Au début, il suffit de retenir les termes suivants et de bien les maîtriser.
En rapport avec l'alcool :
s Léger : vin peu alcoolisé.
s Corsé : vin riche en alcool et en extrait sec, c'est le contraire
d'un vin léger.
s Généreux : riche en alcool, bien constitué, qui procure un
sentiment de bien-être, sans pour autant monter à la tête.
s Capiteux : riche en alcool et qui monte à la tête.
En rapport avec l'acidité :
s Mou : vin qui manque d'acidité, c'est un vin plat, sans relief.
s Frais : peu alcoolisé, bien pourvu en acidité.
s Nerveux : vin ayant du caractère, l'acidité domine.
s Vert : acidité très marquée, voire excessive. Le vin est parfois
herbacé.
Lors de la présentation d'un vin à un client, il est
préférable de parler de fraîcheur, plutôt que d'acidité.
En rapport avec la sensation sucrée :
s Sec : pas de perception sucrée à la dégustation.
s Gras : onctueux, impression de douceur.
s Doucereux : qui manque d'équilibre, trop de sucre par rapport à
l'alcool et à l'acidité.
s Moelleux : utilisé pour les vins blancs, désigne une certaine
richesse en sucre. Ce mot est également utilisé pour les vins rouges présentant du gras
et une certaine onctuosité (dans ce cas, il ne faut pas dire que le vin est moelleux,
mais qu'il a du moelleux).
s Liquoreux : doux, légèrement sirupeux, souvent capiteux.
La notion de vin sec est quelque chose de très relatif : par exemple, un vin
considéré comme sec en Allemagne, peut être qualifié de doux par des consommateurs
français.
En rapport avec le tanin :
s Souple : vin peu tannique, agréable à boire.
s Ferme : vin où dominent légèrement l'astringence et l'acidité.
s Dur : mêmes caractères que le précédent, mais plus prononcés.
s Astringent : vin ayant un excès de tanin. il donne en bouche une
impression de sécheresse. Cette astringence s'atténue au cours du vieillissement.
Appréciations globales :
Un vin rond est un vin souple, bien constitué, légèrement velouté : tanin et
acidité sont bien "fondus".
Un vin équilibré est un vin complet, c'est souvent l'apanage des grands vins.
Deux autres termes sont souvent utilisés en dégustation : flaveur et
organoleptique.
Flaveur : il s'agit d'un vieux mot français qui
désigne l'ensemble du goût et des odeurs d'une boisson ou d'un aliment.
Organoleptique (déjà cité) rappel : terme créé au
siècle dernier par le chimiste français Chevreuil pour qualifier les caractères
perceptibles par les organes des sens. Il ne faut pas confondre sensoriel et
organoleptique. Sensoriel s'applique aux organes des sens, organoleptiques aux produits
examinés. L'examen sensoriel est effectué par un individu pour mettre en évidence les
caractères organoleptiques d'un produit.
Pour les autres termes utilisés en dégustation (voir Annexes).
Les
bons vins parlent d'eux-mêmes et n'ont pas besoin de porte-parole. Le dégustateur
authentique converse plus avec son verre qu'avec son voisin...
Apprenti ou confirmé, le dégustateur ne croira personne et n'écoutera personne.
Comme M. Prudhomme, il ne partagera son avis qu'avec lui-même, contre l'unanimité s'il
le faut. Pour acquérir l'indépendance, il vaut mieux se tromper tout seul que n'avoir
pas d'opinion en partageant celle des autres... (SOURCE : UNE INITIATION À LA DÉGUSTATION DES GRANDS VINS,
MAX LEGLISE, DIVO EDITEUR). |
| Lors
des épreuves de dégustation dans les concours de sommellerie, l'identification des vins
reste aléatoire. En réalité, elle apporte peu de points. En revanche, l'analyse
sensorielle est primordiale. Mais le candidat ne doit pas se contenter de cette analyse.
Il doit ensuite se prononcer sur la température de service, l'évolution du vin (à boire
ou à conserver) et faire des propositions d'accords vins et mets. Même en dehors des
concours, toutes les dégustations devraient se terminer de cette façon. Une des erreurs les plus fréquentes et lourdement sanctionnée, lors de
ces épreuves, consiste à dire une chose et son contraire au cours d'une même
dégustation. Par exemple : "ce vin est très souple" et quelques instants
après "les tanins sont encore trop présents" ou "c'est un vin frais"
et ensuite "ce vin manque d'acidité". |