Reconnaissance des saveurs
de base
En schématisant, on peut admettre que les stimulations
gustatives ou saveurs de base sont au nombre de quatre :
w La
sensation salée.
w La
sensation sucrée.
w La
sensation acide.
w La
sensation amère.
RÔLE DE LA LANGUE
SOURCE : LE GOUT ÉDITÉ PAR LE CIDIL - ÉDITION 1990

La langue. |
C'est la langue qui nous permet d'apprécier les
saveurs de base. Elle est recouverte de plusieurs milliers de papilles gustatives. Chacune
de ces papilles est reliée au cerveau par l'intermédiaire du système nerveux.
Le schéma de la langue met en évidence la localisation de ces papilles. A partir de
cette localisation, la détection des saveurs de base est grandement facilitée.
Les perceptions, sur la langue, se répartissent de la façon suivante :
L'extrémité est sensible aux saveurs sucrées (sucre, alcool...).
Les bords supérieurs à l'acide.
Le tour au sel.
L'arrière langue à l'amer.
La partie centrale de la langue, quant à elle, est insensible.
N.B : quelques spécialistes ne sont pas tout à fait d'accord avec cette
répartition. Mais l'expérience prouve qu'il serait regrettable de ne pas pratiquer les
exercices proposés ci-dessous.
PHOTO : BRUNET
Partant
de ces constatations, différents exercices peuvent être organisés afin de mieux
connaître sa langue. Lors de ces différents exercices, il faudra porter une attention
toute particulière au comportement de la salive. Au cours de la dégustation d'une
solution sucrée, la salive devient épaisse et visqueuse. Une solution acide rend la
salive abondante et fluide, avec une légère irritation des muqueuses internes des joues
et un resserrement des gencives. Alors qu'une solution astringente donne une impression de
sécheresse et de rugosité due au fait que la mucine, protéine de la salive, est
coagulée par le tanin.
QUELQUES EXERCICES PRATIQUES
Pour se familiariser avec les différentes saveurs de base,
préparer ou faire réaliser par son pharmacien les solutions suivantes.
Solution n° 1 : 1 l d'eau pure + 1 g d'acide
tartrique - mise en évidence de l'acidité.
Solution n° 2 : 1 l d'eau + 10 g de saccharose - mise en évidence du goût
sucré.
Solution n° 3 : 1 l d'eau + 5 g de sel - mise en évidence du goût salé.
Solution n° 4 : 1 l d'eau + 1 g de tanin - mise en évidence de
l'astringence, différente de l'amertume.
Solution n° 5 : 1 l d'eau + 10 mg de sulfate de quinine - mise en évidence
de l'amertume.
Dans un premier temps, lorsque ces solutions sont dégustées, veiller à bien
étudier les zones sollicitées au niveau de la langue et le comportement de la salive.
Après cette première série d'exercices, il serait
souhaitable de faire :
w une
dégustation comparative avec les solutions 4 et 5 pour bien faire la différence entre
l'astringence (asséchement des muqueuses) et l'amertume (fin de bouche désagréable). En
effet, la présence de tanins est souvent bénéfique au vin, alors que l'amertume est
souvent un défaut.
w Ajouter
80 g d'alcool éthylique à un litre de solution N° 2, puis faire une dégustation
comparative des 2 solutions (une sans alcool, l'autre avec l'alcool) pour mettre en
évidence le fait que l'alcool augmente l'impression de sucré.
Puis, il sera possible de continuer avec les exercices
suivants en mélangeant en proportions égales :
Solution n° 5 + solution n° 1 : (amer + acidité) l'acidité renforce
l'amertume.
Solution n° 1 + solution n° 4 : (acidité + astringence) l'astringence
renforce l'acidité.
Solution n° 1 + solution n° 2 : (acidité + sucre) l'acidité diminue le
goût sucré et réciproquement.
Solution n° 5 + solution n° 2 : (amer + sucré) le sucré diminue l'amertume
et réciproquement.
Tous ces exercices, peu onéreux, permettent une excellente
sensibilisation, non seulement à la dégustation des vins, mais également à celle des
mets. Lors de ces dégustations, une constatation s'impose : tous les individus n'ont pas
le même seuil de perception aux différentes saveurs. Ainsi, une personne qui met deux
sucres dans sa tasse de café peut être moins sensible à la sensation sucrée que celle
qui boit son café sans sucre. Il en va de même pour l'acidité, il faudra une
concentration assez forte pour être perçue par la personne qui boit du jus de citron
sans sucre. C'est la raison pour laquelle, pour les dégustations "très
pointues", on détermine au préalable le seuil de perception et le seuil
d'identification de chaque dégustateur.