Influence du liège
PRODUCTION ANNUELLE MONDIALE DE
LIEGE : 340 000 TONNES

SOURCE
: LA JOURNÉE VINICOLE
C'est Dom Pérignon qui aurait introduit le bouchon de liège
en France, à la fin du XVIIe
siècle. Jusqu'à cette époque, les bouteilles étaient bouchées avec des chevilles de
bois. Mais le liège était utilisé ailleurs depuis fort longtemps. Une amphore étrusque
bouchée avec du liège, datant de 600 ans avant J.C, a été découverte en Italie.
Pour le vin, le liège est un "mystérieux complice, un prodige de la
nature", qui mérite quelques explications.
Il provient d'un arbre cultivé essentiellement à l'ouest du bassin méditerranéen
(Italie, Espagne, Corse, Roussillon...), mais aussi du Maroc et surtout du Portugal qui,
à lui seul, représente plus de 50 % de la production mondiale. Des essais de
plantations aux U.S.A. et en Amérique du Sud, ne semblent pas donner les résultats
escomptés. En France, le chêne-liège est surtout présent dans le Var et dans les
Pyrénées-Orientales, près de la frontière espagnole. De nombreux bouchonniers, parmi
les plus connus, sont installés dans la région de Céret, au sud de Perpignan.
En fait, le liège est produit à partir de l'écorce du chêne-liège, qui se
forme au rythme de 1,5 mm par an dans les premières années et de 1 mm par la suite. La
première récolte intervient lorsque l'arbre a environ 30 ans. Sur un chêne-liège, le
liège se reconstitue régulièrement. Il faut compter environ 9 ans entre deux récoltes.
Après 12 à 15 récoltes, l'arbre, alors âgé de 150 ans, n'est plus exploitable.
Le liège est le matériau idéal de bouchage en raison de
différentes caractéristiques :
w il est
souple pour pénétrer dans le goulot ;
w il est
élastique, ce qui lui permet de reprendre sa forme et d'obturer parfaitement ;
w il a un
bon pouvoir d'adhérence aux surfaces lisses, même humides ;
w il est
neutre et imputrescible.
Malgré toutes ces qualités, on rencontre parfois des
bouteilles couleuses. Plusieurs raisons : le bouchage mécanique, la pression dans la
bouteille, mais aussi la qualité du liège. En effet, il existe des lièges de
différentes qualités. A partir des meilleurs sont fabriqués des bouchons longs, qui
font généralement 53 mm. Ces bouchons, très recherchés et très chers, sont utilisés
pour les vins de garde. Pour les vins de table et les vins à boire jeunes sont
généralement utilisés des bouchons de qualité moindre. Il existe évidemment des
qualités intermédiaires.
| LA CULTURE DU LIÈGE
S'APPELLE LA SUBÉRICULTURE |
Pour conclure : vins de garde = grands bouchons ; vins à
boire jeunes = petits bouchons.
PHOTO :
BRUNET

Production de liège dans la région de Céret (Pyrénées-Orientales).
Différents types de bouchons :
Le bouchon naturel élaboré avec des planches de qualité
supérieure.
Le bouchon colmaté pour lequel est utilisée de la poudre de liège.
Le bouchon mixte qui se compose de liège aggloméré et d'une ou deux rondelles à
chaque extrémité.
Les bouchons de champagne et les agglomérés à deux têtes naturelles.
Actuellement des recherches sont effectuées pour mettre au point des produits de
substitution, mais une enquête récente de la SOFRES montre que les Français restent
très attachés au bouchon de liège.
Le goût de bouchon (ou les goûts de bouchon)
GOUT DE BOUCHON, GOUT DE PLASTIQUE
Question urgente à L'Hôtellerie, toujours de bon
conseil.
Dans ma pizzeria, je sers du vin italien en bouteilles dont le bouchon n'est pas
en liège mais en une sorte de plastique.
Personnellement, je trouve le procédé très bien conçu, car ce type de bouchon
me paraît très hygiénique, et de plus, le vin ne risque pas d'être dénaturé par un
mauvais liège. Ce qui arrive encore trop souvent. Mais voilà, mes clients sont beaucoup
plus sceptiques et même parfois carrément hostiles à ce nouveau bouchon. Ce n'est pas
l'affaire du siècle, mais si vous avez des arguments techniques à me proposer, je serais
ravi de pouvoir les exposer à mes convives. Ce sont souvent des amis, mais dans le Sud...
(Luigi sur le Forum de L'Hôtellerie)
Ce type de bouchon se développe depuis deux ans sur la scène internationale. Le
plastique a effectivement pour objectif de supprimer le goût du liège, qui apparaît
parfois dans le vin, mais il reste une grande inconnue et une grande peur pour toute la
filière. Aujourd'hui, certains puristes affirment remarquer des goûts de plastique
après quelques mois de conservation avec ce système.
Il est actuellement présenté dans tous les salons vitivinicoles, recueillant un vif
succès auprès des producteurs de vins du nouveau monde.
Chez nous, ce type de bouchon doit encore faire ses preuves. Pour anecdote, des
bouchonniers viennent de mettre en place "un préserveur Cortex" sur le miroir
des bouchons de champagne comme alternative au bouchon synthétique. Ce préserveur évite
au vin d'être en contact direct avec le liège ! Autre produit connu depuis 1995 cette
fois, et qui semble aujourd'hui donner satisfaction à un plus grand nombre : le bouchon
Altec, lancé par Sabaté et confectionné avec de l'aggloméré et de la colle. On dit
que c'est le must des bouchons nouvelle génération. À suivre.
(JOURNAL L'HOTELLERIE
N°2701) |
En restauration, le goût de bouchon est souvent évoqué. En
réalité, le véritable "goût de bouchon" est très rare. Très souvent, le
mauvais goût assimilé au "goût de bouchon" provient d'un mauvais stockage des
bouchons ou de l'utilisation mal maîtrisée de produits chlorés.
ASPECTS TECHNIQUES ET PRATIQUES DU BOUCHAGE LIÈGE
Dans l'esprit du consommateur, "bons vins" est
associé au bouchon liège. Actuellement, le liège est le seul matériau susceptible
d'obturer efficacement et durablement des bouteilles de vins de garde.
Parallèlement, la tolérance vis-à-vis des bouteilles couleuses est de moins en
moins grande. Les fuites, mêmes importantes, sont toujours préjudiciables à la
présentation de la bouteille.
Elles entraînent :
w une
baisse du niveau du vin dans la bouteille pouvant aller jusqu'à poser des problèmes
réglementaires,
w une
altération de la capsule de surbouchage,
w un
développement de microorganismes ou moisissures sur le bouchon,
w une
dégradation de l'habillage avec coulure sur l'étiquette.
Les causes de bouteilles couleuses sont variées. On peut
citer : le plissement mécanique du bouchon, la qualité insuffisante du liège, la
pression dans la bouteille, le défaut du goulot...
(...) Un bon bouchon est élastique dans tous les sens pour reprendre sa forme
initiale et revenir le plus près possible de son volume de départ, en adhérant
parfaitement aux parois du goulot.
La qualité du liège peut aussi être altérée par des attaques de teignes, dont
les larves creusent dans le bouchon des galeries permettant des fuites de vin.
L'utilisation de capsules de surbouchage en polyéthylène prévient très bien ce genre
d'accidents.
La pression dans la bouteille peut également être une cause de bouteilles
couleuses. Le bouchon introduit dans une bouteille agit comme un piston dans le goulot et
comprime l'air au moment de son enfoncement. Un bouchage de bonne qualité permet au
bouchon de tenir, sans fuite, des pressions comprises entre 0,8 et 1,5 atmosphère ; tout
facteur qui favorise des pressions élevées au-delà de ces chiffres est susceptible de
provoquer des fuites.
Les bouteilles modernes sont étalonnées à 20 °C pour contenir 750 ml de vin à
des niveaux situés, soit à 55 mm, soit à 63 mm du haut du goulot. Tout embouteillage,
à des températures différentes, doit tenir compte de la dilatation ou de la contraction
du vin.
Dans la bouteille, la pression est d'autant plus élevée que le vide de tête est
faible. Le remplacement de l'air contenu dans le goulot par du gaz carbonique
immédiatement avant l'enfoncement du bouchon, entraîne une diminution rapide de la
pression dans la bouteille qui peut alors aller jusqu'à des pressions inférieures à la
pression atmosphérique, du fait de la dissolution du gaz carbonique dans le vin. Cette
dissolution n'entraîne pas de modifications organoleptiques.
L'élasticité du liège, donc la meilleure adhérence du bouchon au goulot, est plus
grande dans le cas de bouchons humides, mais la pression du bouchage est supérieure. La
mise en uvre d'une cadence élevée de bouchage permet, même avec des bouchons
humides, d'éliminer sensiblement la pression.
Suivant la norme CETIE, le diamètre intérieur du goulot des bouteilles doit être
compris entre 18 et 19 mm au débouchage. A 45 mm de profondeur dans le goulot, il doit
être inférieur à 21 mm. Un diamètre trop large entraîne une mauvaise adhérence du
bouchon. Le défaut le plus dangereux est la conicité inverse qui confère au bouchon une
très mauvaise tenue à la pression. Par contre, des bourrelets annulaires réguliers et
limités ne sont pas à craindre.
Le bouchage liège est un stade important du conditionnement des vins de garde.
L'embouteilleur doit se munir de tous les atouts techniques lui permettant de bien le
réaliser.
CHRISTIANE
BARRERE I.T.V. BORDEAUX- ARTICLE PUBLIÉ PAR LA JOURNÉE VINICOLE |
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