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Le passé récent
Au cours des siècles derniers, la viticulture a connu des fortunes diverses. Au début du XVIIIe siècle, la France produisait trop de vin et pas assez de blé. Il fallut arracher des vignes et interdire les plantations nouvelles. Par la suite, certains événements ont profondément modifié la structure du vignoble français et la façon d'élaborer les vins. Citons par exemple le développement des moyens de transport et le terrible hiver de 1709. Cette année-là, la mer gela sur les côtes, de nombreux vignobles subirent d'importants dégâts. Certains furent entièrement détruits. Ce fut le cas du vignoble nantais, entre autres.
D'autre part, il est impossible de parler de l'histoire de la vigne et du vin en France sans mentionner les travaux de Pasteur, le "père de l'nologie moderne". Ses recherches, effectuées dans la deuxième partie du XIXe siècle ont permis de mieux maîtriser les problèmes complexes de la fermentation alcoolique (voir chapitre sur la fermentation alcoolique). Mais le fait le plus marquant de toute l'histoire récente du vignoble français est incontestablement l'invasion du phylloxéra, ennemi numéro un de la vigne. Il s'agit d'un puceron introduit accidentellement en France, lors d'essais de nouveaux plants. Sa présence fut signalée, pour la première fois, dans le Gard en 1864. Dix ans après, le vignoble français avait pratiquement disparu. Aucune région ne fut épargnée. Pendant de nombreuses années, les spécialistes cherchèrent, en vain, à lutter contre ce fléau. La submersion des vignes fut pratiquée partout où cela était possible. Seuls les vignobles plantés dans le sable furent épargnés, sans doute parce que dans ce cas l'insecte ne peut pas creuser de galeries pour passer d'un cep à l'autre. C'est à ce moment que sont apparus les vins de sable, dont certains subsistent encore (vignoble de Listel), mais il n'était pas question de reconstituer tout le vignoble sur les plages, même si à cette époque elles étaient souvent désertes.
DOCUMENT ANIVIT LE PHYLLOXÉRA L'injection de sulfure de carbone dans le sol fut alors essayée. Rien n'y fit. Ce fut une véritable catastrophe. La solution fut enfin trouvée grâce à la vigne d'origine américaine qui résistait particulièrement bien au phylloxéra. D'où l'idée de greffer les cépages français sur des porte-greffes américains. De nos jours tous les vignobles ont adopté ce procédé. Cela ne veut pas dire que les vins français sont issus de cépages américains ! C'est le greffon qui transmet les caractères, pas le porte-greffe. Cette catastrophe a profondément modifié la structure du vignoble français. Certains secteurs n'ont jamais été replantés, d'autres ne l'ont été que partiellement. Cette invasion eut d'autres conséquences : la pénurie encouragea les fraudes, provoqua la mévente, puis la crise. Le point culminant de cette sombre période se situe en 1907 avec la révolte des vignerons du Midi. Le gouvernement dut faire intervenir la troupe. La Première Guerre mondiale a également eu une influence défavorable : les hommes étant partis au front, des vignobles ont gravement périclité. En 1935, la création des A.O.C. (Appellations d'Origine Contrôlée) et de l'INAO (Institut National des Appellations d'Origine, appelé à l'origine Comité National des Appellations d'Origine contrôlée) ont permis de mettre en place un système que le monde entier nous envie. Soixante dix ans après cette création, de nombreux pays ont mis ou mettent en place une législation qui s'inspire fortement de ce qui se fait en France. En 1956 et 1957, nouvelle catastrophe, le froid vigoureux et les gelées tardives frappent durement le vignoble, en particulier certaines régions comme Pomerol et Chablis. L'année 1984 a constitué un tournant dans la politique vitivinicole européenne. Un important rapport remis au Conseil des ministres de la C.E.E. (devenue depuis l'U.E.) a prévu l'établissement d'un bilan prévisionnel : production, consommation, meilleure coordination pour la distillation des vins excédentaires, limitation du droit de replantation, limitation de la quantité produite à l'hectare pour les vins à appellation d'origine produits dans la C.E.E. et création d'un casier viticole. Dans le compromis de Dublin, publié en décembre 1984, figure notamment la décision suivante : "Pour l'avenir, seuls les investissements ayant pour but l'amélioration de la qualité des vins, sans augmentation de la production feront l'objet d'une aide communautaire." Ainsi, au niveau de l'U.E., la recherche de la qualité est favorisée au détriment de la quantité. Les consommateurs que nous sommes ne peuvent que se réjouir de telles décisions. Actuellement : mise en place, très difficile, de la réforme de l'O.C.M. (Organisation Commune du Marché) vitivinicole de l'U.E.. Un des objectifs de cette réforme est de rétablir l'équilibre du marché par une plus grande responsabilisation des états membres et un ajustement de la production à la demande. Elle porte sur le potentiel viticole (croissance du vignoble, création d'une réserve communautaire, création d'une réserve nationale ou régionale, aide à la restructuration), les pratiques nologiques, l'organisation des VQPRD, l'étiquetage... Que de chemin parcouru depuis l'apparition de la vigne autour du bassin méditerranéen ! De nos jours, le vin n'est plus seulement une boisson. Il est devenu un "phénomène de civilisation". Au début du XXe siècle, dans les salons à la mode, les conversations portaient sur la littérature, le théâtre, la musique. Dieu merci ! Ces sujets de conversation existent toujours, mais il en est un nouveau, qui prend chaque jour une place de plus en plus importante : le vin. Partout en France, des cours sont organisés, les non-professionnels s'y précipitent et y travaillent sérieusement.
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