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Origines et bref historique du vignoble
Les premiers ceps de vigne en provenance de Rio de Janeiro et du Cap de Bonne-Espérance arrivèrent dans la région de Sydney avec les premiers immigrants anglais en 1788. Très rapidement, l'on se rendit compte que la zone côtière ne constituait pas le meilleur emplacement pour la culture de la vigne. Les nouvelles plantations se firent alors à l'intérieur du pays. Sous l'impulsion du gouvernement, la viticulture se développa, essentiellement dans les zones les plus propices, à partir de cépages français. À l'origine, l'objectif était d'exporter des vins vers l'Angleterre. En 1815, le capitaine John Mac Arthur se rendit en Europe pour y sélectionner les meilleurs cépages et s'informer sur leur culture. Il fit venir en Australie des vignerons du vieux continent. Dès 1822 et 1827, des vins de la région de Sydney se sont distingués à Londres en obtenant deux médailles (une d'or, l'autre d'argent) lors d'une exposition. Parmi les pionniers sont souvent cités le Capitaine John Mac Arthur et Grégory Blaxland. Mais le "père du vignoble australien" fut James Busby, un professeur d'orphelinat qui ajoutait à ses cours des leçons de viticulture. Encouragé par le succès remporté à Londres pour un cru du millésime 1829, il mit à profit un séjour en Europe pour sélectionner 20 000 pieds de vigne pour le gouvernement. En 1832, il planta un vignoble dans l'Hunter Valley. Ce fut le départ de la grande aventure des vins australiens. La viticulture qui avait débuté en Nouvelle Galles du Sud s'est rapidement étendue aux autres états. En 1870, la vigne était présente dans tous les états d'Australie.
De grosses sociétés ont alors vu le jour : Wyndham (1830), Lindemans (1843) dans l'Hunter Valley (en Nouvelle Galles du sud) ; Penfolds (1844) à Adélaïde ; Orlando (1847), Hardy's (1853) en Australie Méridionale ; Château Tahbilk (1860), Mildara (1888) Brown Brothers (1899) dans l'état de Victoria. Après des débuts très prometteurs, comme en attestent les nombreuses récompenses obtenues par les vins australiens lors de différentes expositions, la viticulture australienne a connu des moments difficiles. Quelques années après l'Europe, elle ne fut pas épargnée par le phylloxéra. D'autre part, les nombreux immigrés (souvent originaires d'Angleterre) préféraient la bière ou limitaient trop souvent leur consommation de vin à des vins doux, type "Porto" ou "Xéres". Entre 1930 et 1950, malgré des conditions difficiles, certains producteurs ont continué à élaborer des vins de qualité, permettant ainsi à l'Australie de rester parmi les "grands". Il faut citer Maurice O'Shea dans l'Hunter Valley avec ses "Mount Pleasant" rouges, Colin Preece à Great Western, Max Schubert et les premiers "Grange Hermitage" ; les vins du "Woodleys Treasure Chest Séries" produits par Bill Redman à Coonawarra... À la fin des années 1950, l'Australie produisait essentiellement des vins fortifiés. De nos jours, cette production ne représente plus que 5 % environ. À la fin des années 1960, une nouvelle forme de distribution a vu le jour : les "wineries boutiques" mettant à la disposition des consommateurs des vins de qualité et des conseils avisés. Ces boutiques sont généralement tenues par des passionnés de vin. Cette nouvelle forme de distribution ajoutée aux efforts entrepris au niveau des vinifications, et des prix très raisonnables à l'origine, expliquent pourquoi en Australie, la consommation de vin a presque triplé en 30 ans, passant de 8 litres à la fin des années 60, à environ 20 litres actuellement. Depuis quelques années, la production de vins effervescents de qualité tend à se développer. Des sociétés françaises (Bollinger, Roederer, Moët et Chandon, Deutz...) se sont implantées sur place. En raison de leurs qualités, et malgré leur éloignement, les vins australiens sont de plus en plus présents sur nos tables. Nous n'avons plus le droit de les ignorer ou de les mésestimer. Poser une nouvelle question Protection de vos données - Signaler un contenu illicite |