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Algérie
ORIGINE ET BREF HISTORIQUE DES VIGNOBLES En Algérie, la vigne était déjà cultivée dans l'Antiquité. Par la suite, l'invasion musulmane mit fin à la production de vin, mais pas à la culture de la vigne. En effet, les raisins de table et les raisins secs étaient toujours très recherchés. Mais il a fallu attendre plus de 10 siècles pour élaborer à nouveau des vins dans le pays. Contrairement à une idée très répandue, le renouveau de la viticulture en Algérie ne date pas de l'arrivée des Français, lors de la conquête en 1830. Ce n'est vraiment qu'après la destruction du vignoble métropolitain par le phylloxéra que la vigne fut plantée de façon intensive en Algérie. Il y avait à ce moment-là une grande diversité de cépages, chaque colon essayant d'implanter ceux de sa région d'origine. Plus tard que la métropole, certes, mais l'Algérie n'échappa pas au phylloxéra. C'est lors de la reconstitution du vignoble que des cépages originaires du Midi de la France, furent plantés dans plusieurs régions du pays. Jusqu'à l'indépendance en 1962, les vins d'Algérie bénéficiaient de la législation française, beaucoup avaient le statut de VDQS. La Métropole constituait alors un débouché naturel et important. Après les accords d'Evian, et surtout après les directives de l'U.E. interdisant le coupage des vins des pays membres avec ceux de pays tiers, la production chuta très rapidement. Actuellement de gros efforts sont entrepris pour élaborer des vins de qualité destinés à l'exportation. Mais la religion constitue toujours un frein au développement de la viticulture dans le pays. QUELQUES CHIFFRES Les superficies actuellement plantées en vigne sont de l'ordre de 60 000 hectares pour une production de 350 000 à 400 000 hectolitres par an. À la fin des années 1950 les superficies étaient de 380 000 hectares et la production proche de 20 000 000 hectolitres. Actuellement, le gouvernement algérien encourage, timidement, la production de vins de qualité destinés essentiellement à l'exportation. Pour des raisons religieuses, la consommation est pratiquement inexistante. Les vins produits sont exportés, surtout à destination de la France, de l'Allemagne, de la Belgique. Quant aux importations, elles peuvent être considérées comme nulles(1). (1) Une loi de 2003 a interdit l'importation de boissons alcoolisées. PRINCIPAUX CÉPAGES Cabernet Sauvignon et Merlot sont de plus en plus présents. Mais l'essentiel de l'encépagement reste à base de cépages du sud de la France : Alicante Bouschet, Grenache, Cinsault, Mourvèdre... On trouve la Syrah dans les districts d'Alger et d'Oran. À signaler également quelques cépages considérés comme "locaux" : Farahna et Tizourine. LÉGISLATION - DIFFÉRENTES CATÉGORIES DE VINS Comme nous l'avons déjà vu, jusqu'en 1962, les vins algériens ont bénéficié de la législation française. Les meilleurs d'entre eux étaient classés en V.D.Q.S. Après l'indépendance, il a fallu mettre en place de nouvelles structures pour adapter la production de vin à l'économie globale du pays. Les premières mesures mises en place furent la création de deux organismes d'état chargés de définir la politique vitivinicole du pays: l'Institut de la Vigne et du vin (I.V.V.) et l'Office National de Commercialisation des Produits Vitivinicoles (O.N.C.V.). L'I.V.V. a une mission essentiellement technique : production et commercialisation des plants de vigne, suivi et contrôle des travaux se déroulant pendant chaque phase culturale. Quant aux prérogatives de l'O.N.C.V., organisme créé par ordonnance du 7 Août 1968, elles peuvent se résumer ainsi :
Les meilleurs vins bénéficient d'une Appellation d'Origine Garantie (A.O.G.)
RÉGIONS DE PRODUCTION
Les vignobles classés en AOG (Appellation d'Origine Garantie) sont situés dans les districts d'Alger et d'Oran. District d'Oran AOG Coteaux de Tlemcen : à l'ouest du pays, près de la frontière avec le Maroc, vins blancs, rouges et rosés. Les vins rouges sont corsés, les blancs et les rosés manquent parfois d'acidité.
AOG Monts du Tessala : au sud d'Oran, près de Sidi-Bel-Abbès, vins rouges et rosés. Les vignobles sont situés entre 500 et 600 mètres d'altitude sur un sol varié. Les vins rouges sont corsés, souples et fruités.
AOG Coteaux de Mascara : à l'intérieur des terres, au sud-est d'Oran, vins blancs, rouges et rosés. Les vignobles sont situés en altitude sur sol calcaire. Cabernet Sauvignon et Syrah sont présents dans cette zone. Les vins rouges sont capiteux et veloutés, ils demandent un léger vieillissement. Les blancs et les rosés sont généralement très fruités.
AOG Dahra : entre Mostaganem et les coteaux du Zaccar, c'est dans cette zone que se trouvent les crus suivants: Taughrite, Aïn-Merane et Mazouna (vins rouges et rosés, très corsés). Région d'Alger AOG Coteaux du Zaccar, près de la côte et de la ville de Cherchell, à l'ouest d'Alger : vins rouges et rosés. Vignoble d'altitude entre 450 et 850 mètres, le sol argilo-calcaire permet d'obtenir des vins rouges très bouquetés à partir des cépages Pinot noir et Syrah.
AOG Médéa, à l'intérieur des terres, au sud de Blida, vins blancs et rouges. Dans ce vignoble situé en altitude, entre 900 et 1 300 mètres, Cabernet Sauvignon et Pinot noir donnent de bons résultats, les vins rouges sont supérieurs aux vins blancs.
AOG Aïn-Bessem-Bouïra, à l'intérieur des terres, au sud d'Alger entre 500 et 700 m d'altitude. Les vins rouges sont corsés, ils ont un bouquet délicat et beaucoup de souplesse ; les rosés se boivent facilement, mais attention, ils sont riches en alcool. Indépendamment de ces vins d'appellation d'Origine Garantie, le vignoble algérien offre des vins de cuvée parmi lesquels il faut citer : "La Cuvée du Président", qui passe pour être un des meilleurs vins d'Algérie, "Khayyam", du nom du célèbre poète persan, "Montagne des Lions", "Dahroussa", "Fontaine du Génie", "Nadim", "Trappe". L'Algérie produit également des vins de desserts tels que "La Treille Muscat" et "La Treille Grenache" et un vin de liqueur appelé "Bordji".
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