Attachez-en un sur…

Nous devons être honnêtes avec vous. D'après notre expérience, demander à la plupart des responsables d'ajouter l'enseignement et la formation à la liste, déjà longue, de leurs obligations équivaut à demander à un condamné à la chaise électrique, s'il a une préférence entre le courant alternatif ou le courant continu.
L'une des raisons pour lesquelles de nombreux restaurants se sentent timides face à la formation quotidienne (spécialement avec leurs "pros" ou leur personnel expérimenté et âgé) est parce que cela semble prendre tant de temps pour voir des résultats. Ce qui nous rappelle une histoire…

Un pilote d'hélicoptère s'écrase dans le désert du Sahara, sans aliments, ni eau. Il rampe sur le sable brûlant pendant deux jours. Il n'y a aucun espoir en vue. Soudain, il voit un Cheikh, une dune plus loin, transportant une valise et marchant droit vers lui. Le pilote se lève en chancelant devant l'homme et demande un peu d'eau :
"Je suis désolé, je n'ai pas d'eau" lui dit le Cheikh, "mais j'ai une grande sélection de cravates Italiennes en soie, dans cette valise. Seulement 3 $ chaque, ou deux pour 5 $. Aimeriez-vous en avoir une ?"
Le pilote ahuri : "Non ! J'ai besoin d'eau, d'eau ! Où puis-je en trouver ?"
Le Cheikh fait un geste vers l'Est et dit : "Il y a un restaurant deux dunes plus loin, qui vend plein d'eau… Etes-vous sûr que vous ne voulez pas acheter une cravate ?"
Le pilote pousse le Cheikh sur le côté : "Etes-vous dingue ? Poussez-vous !" Et il part en trébuchant dans la direction du bistrot. Bientôt, il voit le restaurant. Il y a un grand patio extérieur plein de monde en train de boire du Perrier, de la bière, des martinis, des margaritas glacées et du vin. Il se dépoussière et s'avance pour ouvrir la porte. Soudain, un videur costaud en smoking, lui tape sur l'épaule :
"Puis-je vous aider, monsieur ?" lui demande le videur.
"Oui !" bafouille le pilote exaspéré "je veux de l'eau !"
"Je suis désolé, monsieur" dit le videur, en soulevant doucement le pilote par le col, tout en lui faisant faire demi-tour : "On ne peut entrer sans cravate !"

Morale :
La décision la plus difficile que vous prenez aujourd'hui est celle qui ne vous affectera pas avant demain.

Pourquoi former tous les jours ? Cela peut prendre une journée comme six mois pour voir les premiers résultats chez vos employés. Alors pourquoi ? Parce qu'éventuellement vous verrez des résultats. Un restaurateur qui ne forme pas, n'essaie pas, ne verra jamais aucun résultat. Qui n'entreprend rien, n'obtient rien.
Pensez à la formation comme à l'agriculture ou au jardinage. Premièrement, vous préparez le terreau (l'orientation). Ensuite vous semez les graines (les manuels de formation et les vidéos). Puis vous fertilisez (suivi quotidien), vous arrosez (formation quotidienne). Et vous attendez. Et attendez, et attendez, et attendez. Et finalement, le temps de la récolte arrive (des ventes plus élevées et un meilleur service). Vous mangez et vous vous développez. Mais non sans engagement, ni culture. Chaque graine doit avoir un jardinier. Chaque responsable est un fermier.



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