Souriez, vous êtes en crise !
Pour André Picca, responsable du cabinet
Coach in Form !
et auteur de ce
blog des experts : « RCC "Radio Convivialité Client" a été remplacée dans les salles
de restaurant par RM, "Radio Morosité" ».Il tire la sonnette d’alarme et invite à
réagir positivement à la crise :
« c’est dans l’attaque et dans la difficulté qu’émergent les coups de génie,
souvent marqués de bons sens » précise-t-il.
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Explications
- Vous dites avoir remarqué que la crise déteint sur les comportements, en
salle, des professionnels de la restauration. Pouvez-vous expliciter ?
La situation de crise est déclarée depuis l’automne, mais elle est latente,
visible, palpable depuis plusieurs années. Le fait que cela devienne un
événement durable provoque une morosité dans les commerces, lieux de plaisir de
vivre, quelle qu’en soit la gamme. Hors, on constate des masques figés dans les
salles de restaurant, à tous les niveaux. Comme si une chape de plomb était
tombée sur la tête de chacun.
- Comment conseillez-vous de réagir au cours de cette période de transition ?
Le restaurateur est à un carrefour très intéressant, le changement de
comportement du consommateur, c’est un environnement qui change radicalement.
C’est le moment d’organiser des prestations pour satisfaire des clients en
tenant compte, de leurs attentes nouvelles, de leur pouvoir d’achat ‘en
stand-by’ et de l’environnement de l’entreprise ‘déstabilisé’, au risque de
bousculer des conventions, des règles et des traditions. Ici, le patron de
l’entreprise a une grosse part de responsabilité. En effet, on entre dans la
bataille économique pour son entreprise comme on monte au front. Or les chefs de
guerre qui gagnent sont ceux qui stimulent les troupes. Comment voulez vous
stimuler les équipes si le chef est désemparé ? Bien évidemment, en période de crise, c’est plus compliqué pour tous. Et lorsque
l’un est au travail, la « production » de bonne humeur, de convivialité est un
du au client. Connaissez vous un consommateur qui entre dans un commerce avec
plaisir alors que « radio morosité » est sur toutes les ondes. Pendant la 1ère
guerre du golf, je suis entré en mission dans un hôtel où il était d’usage de
laisser en boucle la chaîne d’infos de l’époque. Salle des petits déjeuners,
hall, bar étaient inondés des infos en ligne, vous devinez l’ambiance ! « Allez,
mes chers clients, encore un peu de courage et le bonheur existe en sortant de
l’hôtel ! ».
- Concrètement quelles pistes d’actions proposez-vous ?
Tout d’abord, c’est le moment ou jamais de concentrer sur la gestion de son
entreprise. Renseignements pris auprès de cabinets d’expert comptable, trop
nombreux sont ceux qui attendent la clôture de l’exercice comptable pour « faire
le bilan de l’année ». C’est trop tard. Nous sommes nombreux à inciter les
entreprises à observer la rentabilité intermédiaire, chaque mois ou tous les 2
mois. Les outils existent : inventaire périodique, fiche technique de coût,
suivi des coûts. A quoi bon produire du Chiffre d’affaires sans apporter une
vigilance à la fabrication de la marge d’exploitation.
Vendre : le restaurateur sait vendre ses prestations lorsque le client est
présent. Peu s’investissent dans l’animation d’un plan d’action commerciale.
Hors, regardez ce que font les hôteliers : ils n’ont pas de clients forcément à
proximité, ils parlent d’eux dans leur réseaux de prescripteurs, ils démarchent
directement leurs prospects. Les outils existent avec l’approche par mail, par
fax, et bien sûr par un suivi, le tout à très faible coût. Savez vous que l’on
peut acheter un stock de fax qui ne revient qu’à 0,02 centimes/unité ?
- Que pensez-vous de l’accord sur la Tva ?
Il me semble que le consommateur attend quelque chose de visible et de
compréhensible : le restaurateur qui communiquera sur ce qu’il fait « du gain de
tva » pourrait mieux tirer son épingle du jeu. Le personnel aussi est en attente de signes : les pistes de l’intéressement me
paraissent plus pertinentes que le changement de la base de la rémunération. Voilà les priorités immédiates, au 1er juillet. Le 3e engagement mérite des
simulations au regard des besoins de l’entreprise, de son évolution, qui, nous
le savons tous, se situe dans un environnement indécis.
- Et sur l’éternel problème du recrutement ?
Si l’activité des entreprises stagne, la tension sur le marché du travail
sera moins tendue, les recrutements moins compliqués. On est plutôt dans le
schéma : « comment rendre professionnels et compétents ceux qui veulent
travailler dans notre métier ? ». Les rôles du tutorat et de la formation
dans l’entreprise, au poste de travail sont prédominants. C’est pour aider
les entreprises que j’ai créé le blog « vendre plus au restaurant », outil
de formation destiné aux responsables qui veulent organiser des
micro-formations.
Interview réalisée par
Tiphaine Beausseron

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