Accueil à
la porte
Imaginons que le
restaurant soit un théâtre
Et comme au théâtre, vous avez des spectateurs, l’acteur principal, les
seconds rôles, un metteur en scène...
Quel rôle attribuez-vous :
-
aux cuisiniers ? acteurs principaux ?
-
aux serveurs vendeurs ? les seconds rôles ?
-
au manager ? le spectateur ?
-
au client ? le metteur en scène ?
Rien de tout cela.
|
Dans le commerce, le rôle principal revient aux clients, car toutes les
attentions et tous les regards convergent vers lui. Le manager, quant à lui,
occupe le rôle de metteur en scène, il concrétise les écrits de l’auteur (le
créateur de l’enseigne), il les fait réalité. Quant aux cuisiniers et aux
serveurs, ils assurent les seconds rôles, toutes leurs répliques et actions se
mettant au service de la valorisation de l’acteur principal, le client.
“Cambia di celù, cambierai de stella.” Proverbe corse.
Traduction : «Change de ciel, tu changeras d'étoiles».
Interprétation : changez le regard posé sur le client et votre job changera.
|
Le chemin de la réussite
4 idées d’
pour réussir sur les planches = persévérance,
enthousiasme, constance, hygiène :
- toutes les étapes du service sont importantes, il est toujours difficile
d’en isoler une plus essentielle que les autres. Votre entrée en scène se fera
toujours au bon moment, avec le bon texte et toujours à l’écoute de l’acteur
principal, le client. Votre savoir-faire se développera avec beaucoup de
persévérance ;
- grande volonté et grande gaieté, c’est ainsi que l’on définit
l’enthousiasme dans le travail : les remarques favorables exprimées par
les clients ou dans les billets gastronomiques de la presse régionale
soulignent souvent, hormis la qualité de l’assiette, les notes personnelles
d’enthousiasme apportées par le personnel de service. Ce sont des notes de
musique qui enchantent un moment passé à table, n’en privez pas vos
clients ;
- s’il est une activité où le plaisir de travailler est dû au changement
permanent de décor, c’est bien la restauration : les clients changent en
permanence, aucun service ne peut se dérouler de la même manière. Par contre, la
qualité de la relation client fait partie de l’identité du restaurant, il vous
faudra faire preuve de constance pour coller en permanence à cette
régularité si chère à trouver ;
- dans cette contrée (le Nord Pas de Calais) qui occupe la 5e place au
national par le nombre d’emplois, un dicton local dit «T’as bien un grand
pontificat», c’est à dire, «tu as mis tes habits du dimanche, tu es bien
habillé». L’habit de l’acteur serveur communique votre hygiène personnelle et
votre soin vestimentaire. De par sa netteté, vous dites aux clients le respect
que vous lui portez. Pourvu que vos clients ne disent pas de vous (inspiration
régionale encore) «t’as l’air d’une prune», traduisez «tu es mal habillé».
P. I. C. A. S. S. O.* en toute clarté
Vous exercez un métier de contact et de représentation : cherchez à rester en
harmonie avec lui, vos clients y seront très sensibles dès leur arrivée. Que diriez-vous d’une infirmière qui dédaigne ses malades ? Du boulanger qui
renie son pain ? Du concierge d’immeuble qui fuit ses résidents ? Bref, des
personnels qualifiés qui n’anticipent pas les goûts, besoins et désirs de leurs
clients. Gardez donc en mémoire PICASSO, il vous donnera des indications sur les
motivations et besoins des clients, souvent décodés dans les comportements ou
les non-dits. En effet, les décisions d’achat et la satisfaction sont mues par :
- l’instinct de Possession :
l’envie de dépenser une somme exceptionnelle dans l’établissement, d’avoir
consommé au moins 1 fois chez vous, par exemple : le client qui a gagné des
chèques cadeaux au challenge de son entreprise ;
- l’Inertie : décision d’achat motivée par la tendance à faire le moindre
effort, c’est satisfaire un désir de commodité (formules tout compris), l’envie
de rester dans la routine (consommer du bœuf, refuser de l’antilope...) ;
- l’instinct de Conservation
: satisfaire le besoin de se nourrir, de se reposer, répondre à la
satisfaction des sens : le confort d’un siège pour le toucher, la musique
d’ambiance pour l’ouïe, le décor pour la vue... ;
- le besoin d’Affection, de satisfaire des désirs : c’est-à-dire réagir à des
images suggestives : à quoi pensez-vous ?
- la
Sécurité : surmonter les anxiétés, supprimer les tensions (démarches
sécurisantes du service, deviner le pouvoir d’achat du client), s’installer dans
un lieu sûr et bien fréquenté... ;
- instinct
Social : c’est l’instinct d’imitation en fréquentant un style de
restauration ou de bar identique à sa «tribu», ou qui fait référence à des
groupes (famille, entreprises, sports...) ;
- l’Orgueil :
caractéristique qui nous concerne tous : besoin de
développement, de croissance, de défendre le Moi, de mon amour propre, nécessité
de valoriser les autres.
Personnalisez vos
premiers contacts
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«J’aime bien observer les autres. On ne le fait jamais assez. Aujourd’hui,
c’est une qualité d’observer et d’écouter les gens, alors qu’avant, c’était
normal». Youri Djorkaeff – Foot – L’Equipe Magazine – Avril 2002. |
Pour preuve : les nombreux commentaires que l’on peut lire dans les médias
sur la restauration d’autoroute, où les personnels de certains sites sont
régulièrement salués pour leur capacité à personnaliser leur 1er contact, par un
«Bonjour» franc à l’accent du terroir, des explications calmement délivrées
dans les files d’attente.
Également, il faut saluer le choix fait par le Restaurant Rouge Tendance à Lyon
qui surprend le client agréablement dans ses premiers pas au restaurant par «Madame, Monsieur, Bienvenue !».
Autant d’attitudes d’accueil, de regards, de questions qui suivent et qui
cherchent à décrypter les besoins du client.
Bien que cet exemple soit hôtelier, je ne résiste pas à le partager avec vous :
Dans une discussion avec mes compagnons de route que sont Brigitte et Christian
Gachie, Dirigeants du Tonic Hôtel sur le Vieux Port, je les entends s’épancher
sur l’absence d’écoute et d’observations dans les réceptions : «Quand je rentre
de mon repos hebdomadaire, je scrute les mouvements dans mon établissement, je
me souviens de mes derniers clients, de ceux qui étaient prévus en arrivée, de
leur style, des nationalités, etc. et j’arrive à dire à mon équipe : ce client,
ce doit être Monsieur Untel. Mes réceptionnistes sont toujours surpris. Ils
n’exercent pas assez leur don d’observation. Travailler dans l’hôtellerie, c’est
y trouver ce plaisir-là, c’est aussi jouer un peu».
Dans la restauration, aussi.
Observons maintenant les multiples situations dans lesquelles vous pouvez
vous trouver
Le client se
présente à la porte et le responsable est disponible pour l’accueillir
Le serveur qui est le plus proche accueille le client,
vous qui passez à proximité, vous saluez le client par un regard direct, un
bonjour correct et discret, un sourire.
a encore sévi : dans ma pharmacie préférée, ouverte sans
interruption de 7 heures à 21 heures, la consigne a été donnée de dire «bonjour» à tous les clients, ce qui donne l’ambiance
"réveille-matin" suivante :
- «Bonjour Monsieur !»,
- «Bonjour, Madame» répond le client,
- «Bonjour, Monsieur !» surenchérit le 1er préparateur,
- «Bonjour, Monsieur» répond le client,
Et le dernier «Bonjour, Monsieur !» provient du fond de la réserve de la
pharmacie !
Et là, vous seriez client, auriez-vous encore envie de répondre ?
Le 1er bonjour est convivial et haut, les suivants devraient être plus bas ou
tout simplement soulignés d’un regard et d’un hochement de tête, signe de
bienvenue.
Le client se
présente à la porte et le responsable n’est pas disponible pour l’accueillir
Ouvrez la porte au client : selon la catégorie de l’établissement
(restauration rapide, cafétéria, bar, brasserie fréquentée par des habitués du
quartier résidentiel ou affaire, restaurant à thème, restaurant gastronomique),
vous donnerez à votre geste une ampleur adaptée à la gamme de l’établissement,
voire au style de clientèle :
- saluez-le de votre meilleur «Bonjour» (Madame, Mademoiselle, Monsieur),
- demandez-lui s’il a pris la précaution de réserver,
- si oui : à quel nom, vérifiez sur votre agenda, et reformulez : nombre
de personnes, emplacement...
- .......... le client acquiesce ou rectifie,
- «Monsieur (untel), votre table est prête, je vous propose de me suivre, je
vous y accompagne»,
Les responsables ne
sont pas disponibles, le client n’a pas de réservation, vous avez de la place
- «Nous avons de la place dans l’espace (fumeur, non fumeur) ; que
préférez-vous ?» (Tenir compte du contexte de son repas : vous saurez
repérer rapidement s’il est en compagnie intime ou s’il est important pour
lui d’être en vue ;
- Bloquez la table sur le planning et dites : «Je vais vous demander de me
suivre, je vous accompagne à votre table» ;
- Parlez-lui jusqu’à la table : attirez son attention sur l’événement (du
restaurant, de la brasserie) du jour, vient-il pour la 1ère fois ? A un
habitué, parlez-lui, de son activité, de sa dernière fois...
Les responsables ne
sont pas disponibles, vous êtes occupé à une table, ou très affairé, les
assiettes garnies plein les bras, un débarrassage en cours ou vous prenez une
commande à une table
- Faites lui un signe de la tête, un sourire qui veut dire : «je vous ai vu,
quelqu’un va venir vous accueillir»,
- ..............
- surveillez que quelqu’un l’a pris en charge, en moins d’une minute.
Les responsables ne
sont pas disponibles, le client n’a pas de réservation, vous êtes complet
- «Je suis désolé pour vous, nous sommes complets. Une table devrait être
libérée d’ici ........ minutes (soyez précis - 5 min - ou approximatif - entre 10 et 15
min - est-ce que cela vous convient ?» ;
- ..............
- «Dans ce cas, je vous propose de prendre l’apéritif au comptoir du bar,
au salon...».
Application des techniques de proposition des apéritifs.
Les responsables ne
sont pas disponibles, le client n’a pas de réservation, vous êtes complet, sans
disponibilité, avec 1 heure d’attente et un restaurant de la même société se
trouve à proximité
- «Je suis désolé pour vous, nous sommes complets et l’attente est de plus
d’une heure. Voulez-vous que je téléphone au restaurant ..............(enseigne) de
(ville).............. Pour voir s’ils peuvent vous accueillir ?» ;
- ..............
- ..............
Remerciez-le et remettez-lui votre publicité de poche en lui recommandant de
réserver la prochaine fois : le client reviendra chez vous, car ce qui le
marquera le plus, c’est le service que vous lui aurez rendu en résolvant le
problème posé et non pas en lui trouvant une table ailleurs.
Les responsables ne sont pas disponibles, le client n’a pas de
réservation, vous êtes complet, vous n’avez aucune solution avant 1 h, ni
d’établissement du même réseau commercial à proximité :
«Je suis désolé pour vous, nous sommes complets.
Je ne peux rien faire pour vous aujourd’hui.
Pour une prochaine fois, je vous remets nos coordonnées et le n° de téléphone
pour réserver votre table.»
Et surtout, n’imitez pas les Gaston la Gaffe qui disent :
- à un client individuel : «je suis complet, nous avons un groupe, un séminaire» ou
«aujourd’hui, ce n’est que sur invitation de la société.............., du club..............», [lire plus haut Orgueil] ;
- «Vous n’avez pas réservé ? Mais, êtes-vous du Club.............. ?» - «Non» - «Alors, je n’ai plus de place», [Ah, ici, seule cette tribu est bien accueillie
!].

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