Lutter contre
les no-show en prenant des garanties au téléphone
Que votre restaurant soit à forte fréquentation ou connaisse une fréquentation
aléatoire, votre objectif est le même : réaliser le meilleur chiffre d'affaires
et veiller au meilleur encadrement de la masse salariale. Certes, si vous êtes
habitué à une fréquentation soutenue, votre organisation quotidienne vise la
fréquentation optimale de chaque table et siège, avec un suivi rigoureux des
horaires d'arrivée dans le but de renouveler les tables. Au contraire, si la
fréquentation de votre établissement manque de régularité, vous allez plutôt
vous concentrez sur la maîtrise des temps de travail pour que toute présence
soit source de productivité.
Un couvert manquant = 1 heure de travail
Dans les deux cas, une réservation non honorée vous coûte de l'argent. Ainsi, un
couvert manquant peut coûter une heure de travail ; une réservation non honorée
d'un couvert coûte : le temps consacré à la prise de réservation et à
l'agencement de la salle, ainsi que le couvert que l'on a refusé par ailleurs.
- Exemple pour un ticket moyen de 23 E :
Si le coût matière est de 29 %, la marge manquante sur les coûts matière
première sera de 13,65 E hors taxes(nb), soit environ une heure de travail d'un
salarié, charges comprises.
10 couverts en no show coûteront 10 heures.
Lorsqu'un restaurant à grande capacité "s'offre" un no show de 25 couverts, il
lui en coûte vingt-cinq heures de travail !
(nb) 23 E HT = 19,23 E (23 E : 1,196 % = 19,23 E)
19,23 E - 29 % de coût matière = 19,23 E - 5,58 E,
soit une marge manquante de
13,65 E
(19,23 E - 5,58 E = 13,65 E)
Une heure de travail au Smic + 50 % de charge patronales =
8,44 E + 4,22 = 12,66
E.
Donc, on peut dire qu'un couvert manquant équivaut à environ une heure de
travail.
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Reformulez les détails de la réservation
Pour éviter cela, la première chose à faire est de reformuler la réservation. La
reformulation de tous les détails de la réservation est très importante au
téléphone (tout comme la prise de commande à la table), car vous passez un
contrat commercial verbal, et non manuscrit. De plus, le client paiera plus
tard, à la fin du repas (et s'il vient réellement), une fois le produit
consommé, et non pas à la caisse en sortant, comme chez le marchand de
chaussures, moment où le client peut encore refuser le produit. Il est donc
vraiment important de récapituler au téléphone avec le client les détails de la
réservation. Ainsi, vous validez oralement le contrat commercial et vous évitez
les malentendus. Ensuite, pour sécuriser la réservation, il existe plusieurs
moyens, que vous pouvez cumuler ou non (pour plus d'exemples de reformulation
cliquez ici).
Le versement des arrhes de moins en moins pratiqué
Le versement d'arrhes est certainement la garantie la plus sûre pour être
indemnisé en cas de réservation non honorée. Cependant, les arrhes sont peu
pratiquées en restauration ; le client et le restaurateur ont peu de temps à y
consacrer. Cette pratique est répandue pour les réservations de groupes pour de
grandes occasions (fêtes de fin d'année, Saint-Valentin…).
Fixer une heure limite d'arrivée
Vous demandez l'heure à laquelle le client arrivera (et non pas celle à laquelle
il pense arriver), et acceptez sa décision. Dans ce cas, vous vous pliez à sa
volonté. Soit vous imposez vos heures de service, et donc l'heure à laquelle le
client doit arriver pour être sûr d'avoir une table. En pratique, cette méthode
est utilisée par les restaurants qui effectuent 2 services. Elle est
généralement bien acceptée des clients et présente l'avantage de vous aider à
maîtriser la productivité. Quelle que soit votre méthode, n'hésitez pas à
placer, lors de la réservation téléphonique, une phrase du style : "Nous avons
convenu que vous arriveriez à 19 h 30. Si toutefois vous deviez prendre du
retard, prenez la peine de nous téléphoner pour que nous gardions votre table."
La garantie par carte bancaire assortie d'un numéro de réservation
L'achat à distance est suffisamment répandu aujourd'hui pour que les
restaurateurs en fassent de même. Au moins pour persuader le client d'honorer sa
réservation. Demandez le nom de la carte + numéro + date d'expiration.
Donnez-lui aussi votre n° de garantie. Pour cela, vous pouvez vous baser très
simplement sur le jour et la date où vous avez enregistré la réservation.
Exemple :
si Gwenael Leforestier, serveur, le 2 juin à 15 h 32, prend une
réservation pour le 7 juin, il dira :"Je vais vous confirmer votre réservation
avec un n° de dossier ; avez-vous un stylo pour en prendre note ? Il s'agit du
n° GL - 0206 - 1532."
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Le numéro de téléphone, un incontournable
Quel que soit le mode de garantie de réservation pour lequel vous optez, prenez
toujours le numéro de téléphone, en demandant expressément le numéro de portable
du client. Vous pourrez ainsi téléphoner la veille pour confirmer que vous
attendez bien les clients et en profiter pour reformuler la réservation. Cette
précaution est fortement recommandée pour les services à fréquentation
exceptionnelle ou pour toute réservation supérieure à 4 couverts.
La caution pour lutter contre les resquilleurs
Merci à Muriel Robin pour la mise en évidence de la tension palpable lors des
encaissements individuels des grosses tables. La réunion des fêtards avides de
petits matériels et quelque fois, belliqueux, peut transformer le restaurateur
en agent de l'ordre public. Pour y remédier, vous pouvez demander une caution
que vous rendrez après le dernier encaissement.
