Quelle est la législation pour les terrasses ?

L'autorisation est délivrée par la mairie où se situe le commerce. A titre d'exemple nous donnons ci-dessous les principales dispositions applicables à Paris selon un règlement du 27 juin 1990 (modifié par des arrêtés successifs) qui prévoit des autorisations pour les étalages et terrasses sur les trottoirs et devant les fonds de commerce. Ces textes sont complétés par une loi de juillet 2003

Ce règlement est disponible auprès du Service de la Publicité et des droits de voirie, 17 boulevard Morland, 75004 PARIS.

 AUTORISATION PRÉALABLE

Conformément aux dispositions des articles L 2122-21, 2212-1 à 2213-6 du code général des collectivités territoriales et des articles L 113-2 et L 141-2 du code de la voirie routière du 22 juin 1989, les installations sont soumises à autorisation préalable du maire de Paris, après avis du préfet de police. Les demandes correspondantes doivent être adressées au service de la publicité et des droits de voirie de la mairie de Paris.

 CONDITIONS D'OCTROI ET DE SUPPRESSION DES AUTORISATIONS

Les propriétaires (personnes physiques ou morales) de fonds de commerce à rez-de-chaussée ouverts au public dont la façade ou une partie de façade donne sur la voie publique peuvent obtenir au devant de leur établissement, dans les conditions du présent règlement, des autorisations de terrasses pour l'exercice du commerce principal, de même que des autorisations pour contre-terrasses commerces accessoires ou dépôts de matériel et objets divers. Les établissements en question doivent être conçus de manière à permettre à leur titulaire de s'y tenir, d'y recevoir d'une façon effective et permanente une partie de sa clientèle.
Chaque demande doit être accompagnée du formulaire prévu à cet effet et d'une des pièces suivantes :

  • certificat d'inscription au registre du commerce ou au registre des métiers,
  • bail commercial ou titre de propriété,
  • éventuellement, licence de vente de boissons au nom.

L'autorisation est personnelle et ne peut être vendue lors de la cession du fonds. Elle ne peut être accordée qu'après enquête et approbation par les services intéressés en ce qui concerne notamment le respect des règles de circulation et de sécurité.
A cet égard, dans tous les cas où l'installation d'un étalage, d'une terrasse ouverte ou fermée entraîne une modification de la façade de l'immeuble, le titulaire du fonds de commerce est tenu de déposer simultanément une demande de permis de construire ou une déclaration de travaux.
L'autorisation est soumise à un engagement de la part des intéressés de se conformer aux dispositions du présent règlement et de payer à la ville de Paris les droits de voirie afférents à chaque emplacement autorisé.
Le taux et les modalités de calcul des droits de voirie sont fixés dans les conditions prévues par le code des communes par délibération du conseil de Paris et par arrêté municipal.
Les autorisations d'étalages et terrasses, sont accordées à titre précaire et révocable pour une durée qui ne peut dépasser le 31 décembre de chaque année. Elles se poursuivent par tacite reconduction faute de dénonciation par les titulaires avant cette date.

Elles peuvent toujours être supprimées sans indemnité ni délai, pour des raisons d'intérêt public ainsi qu'en cas de mauvais entretien préjudiciable au bon aspect de la voie publique et dans le cas d'infraction au présent règlement, si le contrevenant n'a pas déféré aux mises en demeure qui lui ont été notifiées.
Les installations doivent être conçues de manière à pouvoir être enlevées sans délai à la première demande de l'administration en cas de nécessité ou de non renouvellement de l'autorisation.

Le titulaire devra en outre supporter tous les frais de modification du sol et du sous-sol de la voie publique nécessités par l'installation. Le coût de ces travaux, qui seront exécutés par les services municipaux ou sous leur contrôle, sera de ce fait majoré de 10 % pour frais généraux.
De plus, si cela est jugé nécessaire par l'autorité municipale, les limites des zones autorisées peuvent être matérialisées par marquage au sol effectué sous le contrôle des services municipaux aux frais des titulaires. L'enlèvement de ces marques, en cas de retrait de l'autorisation est également effectué aux frais des titulaires.
D'autre part, les travaux et aménagements projetés doivent être conformes aux dispositions des règlements de sécurité.

Lors d'une cessation de commerce, d'un changement d'activité ou d'une cession de fonds, dont il appartient au propriétaire d'aviser l'administration, l'autorisation est annulée de plein droit.
Le nouveau propriétaire du fonds doit alors demander une nouvelle autorisation, la demande est instruite dans les mêmes conditions.

 TERRASSES ET COMMERCES ACCESSOIRES

Les terrasses, ouvertes ou fermées, sont des installations permises exclusivement aux restaurateurs, glaciers, exploitants de salons de thé et débitants de boissons pour disposer des tables et des chaises devant leur établissement.
Peuvent également y être installés des meubles à glace, des vitrines mobiles et présentoirs nécessaires à l'exploitation des commerces accessoires.

= Terrasses ouvertes

Les terrasses ouvertes ne peuvent être autorisées que sur un trottoir d'au moins 2,20 m.
Les terrasses ouvertes peuvent être limitées par des écrans perpendiculaires conformément aux dispositions ci-dessus.

Elles peuvent également être bordées par des écrans bas ou des jardinière de moins de 1,30 m de haut installés perpendiculairement ou parallèlement à la façade dans les limites de l'emplacement accordé au titulaire.

= Terrasses fermées

Les terrasses fermées sont délimitées par des écrans perpendiculaires et parallèles aux façades.
Le dossier de demande d'autorisation, établi par le propriétaire du fonds de commerce au devant duquel doit être installée la terrasse fermée, doit fournir :

  • une notice descriptive et estimative, indiquant, notamment la nature et la coloration des matériaux employés, le temps de démontage de la terrasse, le système de fermeture isolant celle-ci de la salle, la nature de la couverture et le mode de chauffage ;
  • un plan indiquant avec précision la disposition des locaux accessibles au public, les dispositifs prévus, les abords ainsi que la largeur du ou des trottoirs et l'implantation des obstacles existants.
    Chaque terrasse doit être totalement indépendante de la salle qui doit être munie d'une fermeture l'isolant de la partie terrasse construite sur la voie publique. Des issues suffisantes sont à ménager pour l'évacuation rapide de la terrasse et de l'établissement.
    Aucun scellement ne doit être effectué dans le revêtement du trottoir.
    Le plancher mobile doit être constitué uniquement de panneaux démontables de faibles dimensions et sans aucune attache avec le sol. Il ne saurait servir de support aux écrans limitatifs.

Les appareils de chauffage ne doivent pas s'élever à plus de 0,80 m au-dessus du sol. Ils doivent pouvoir être démontés en même temps que le plancher.
Les intéressés doivent prendre, en accord avec les services municipaux, toutes dispositions pour permettre aux agents de la ville, ou à ceux de services concédés, d'accéder rapidement et facilement, de jour comme de nuit, à l'intérieur des terrasses en cas de travaux urgents à effectuer, faute de quoi ils auraient à supporter tous les frais éventuels résultant des dommages causés par l'ouverture d'office des terrasses.
Les terrasses fermées ne doivent contenir que des tables et des chaises destinées à la clientèle. Il est interdit, sauf dérogation, d'y installer des commerces accessoires ou des appareils automatiques (appareils à jeux, appareils distributeurs), de même que tout objet susceptible de gêner la transparence ou de constituer une cause d'incommodité (cuisines aménagées, réfrigérateurs, comptoirs et présentoirs divers, etc.).

= Tambours

Des autorisations d'installation de tambours en saillie au-devant des entrées de boutiques peuvent être accordées aux titulaires d'autorisations de terrasses, conformément aux règlements de police générale.
Les dossiers de demandes d'autorisation doivent comporter les pièces prévues.
Ces tambours doivent servir exclusivement d'accès aux boutiques ou établissements. Il ne peut y être fait aucun dépôt de matériel ou de marchandises, ni aucun étalage.
Ils ne peuvent être constitués que par des constructions légères facilement démontables, de manière à pouvoir être enlevés à la première réquisition de l'administration, avec parois vitrées de glaces entièrement transparentes, sans inscriptions, attributs ou décors, à l'exception des marquages exempts de toute publicité destinés à matérialiser visuellement la présence de ces glaces transparentes. La hauteur de leur soubassement est limitée à 0,80 m au-dessus du trottoir.
Leur saillie est limitée au cinquième de la largeur du trottoir avec maximum de 1,20 m à partir du socle de chaque devanture. Le développement de leurs portes ne peut se faire que vers l'extérieur. Leur longueur mesurée parallèlement aux façades ne peut dépasser 2 m, leur hauteur ne doit pas excéder 2,20 m sauf dérogation dans le cas où l'architecture de l'immeuble le nécessite.

= Commerces accessoires exercés sur des parties de terrasses ouvertes ou fermées

L'exploitation d'un commerce accessoire doit faire l'objet d'une demande d'autorisation expresse auprès du Maire de Paris.
Les titulaires d'autorisations de terrasses peuvent, à titre de tolérance précaire et révocable, être autorisés à exploiter sur une partie de celles-ci des commerces accessoires de :

a) marrons grillés,
b) crêpes et gaufres,
c) glaces à consommer,
d) sandwiches et croque-monsieur,
e) huîtres et escargots,
f) huîtres, escargots et coquillages,
g) billets de loterie nationale.

Toutefois, les commerces accessoires peuvent être exploités par une tierce personne avec l'accord écrit du titulaire de l'autorisation et du maire de Paris.

Le cas échéant, la situation du bénéficiaire doit satisfaire aux règlements de police applicables aux étrangers.
Le titulaire du commerce principal demeure responsable de l'application des dispositions réglementaires et assujetties aux droits de voirie.
Ces autorisations peuvent toujours être révoquées ou suspendues sans que le propriétaire du fonds de commerce ou l'exploitant puisse prétendre à une indemnité quelconque.
Les commerces accessoires ne peuvent être exploités qu'après accord de l'administration quant à l'aspect et à la consistance des dispositifs envisagés qui devront être particulièrement soignés.
Sur les terrasses ouvertes, les installations doivent être mobiles de façon à pouvoir être rentrées dans l'établissement après la fermeture ou repoussées contre la façade dans les cas où la largeur du trottoir le permet. Leur hauteur ne doit pas dépasser 1,30 m au-dessus du sol. La mise en place de toiture au dessus de ces installations est interdite.
Pour les terrasses fermées, des commerces accessoires peuvent être exercés dans une partie de celles-ci, à condition d'être délimités par un écran intermédiaire vitré.
Les installations peuvent être séparées des terrasses fermées à condition d'être dans le même style.
La longueur de ces installations ne peut excéder le tiers de la terrasse fermée et au maximum 2,50 m par établissement.

= Mesures de police

Les agents de la force publique peuvent toujours, notamment en cas de troubles ou de manifestations, requérir l'enlèvement immédiat des terrasses concernées ou procéder à l'enlèvement d'office de celles-ci, sans que les commerçants ne puisse réclamer de ce chef aucune indemnité ou réduction de redevance.

= Mesures de contrôle

Les titulaires d'autorisation d'étalages et terrasses sont tenus de présenter leur titre d'autorisation aux agents accrédités de la ville de Paris et de la préfecture de police toutes les fois qu'ils en sont requis.
Ils doivent se prêter à toutes les opérations de contrôle, de mesurage, et de marquage effectuées par les agents dûment qualifiés.

 CONDITIONS D'APPLICATION

Responsabilité : les exploitants de terrasses sont seuls responsables tant envers la ville qu'envers les tiers, de tous les accidents, dégâts ou dommages de quelque nature que ce soit, pouvant résulter de leurs installations.
En outre, la ville de Paris ne les garantit en aucun cas à raison de dommages causés à leurs dispositifs du fait des passants ou de tout accident sur la voie publique.
Dispositions relatives à la morale, aux nuisances et à l'hygiène
Il est formellement interdit d'exposer des cartes postales, photographies, gravures ou autres objets attentatoires à l'ordre public, à la décence ou à la morale.
Toute infraction à cette disposition peut entraîner la suppression provisoire ou définitive, sans préjudice de poursuites judiciaires.
Les denrées alimentaires susceptibles d'être consommées sans cuisson ultérieure ne peuvent être exposées aux étalages ou mises en vente sur la voie publique qu'à la condition d'être efficacement protégées contre les poussières et les souillures.
Aucun étalage de denrées alimentaires ne peut être établi à une hauteur moindre de 1,00 m.
Les commerçants doivent tenir constamment en parfait état de propreté leurs terrasses ainsi que leurs abords.
Ils doivent enlever immédiatement tous papiers, détritus ou déchets qui viendraient à être jetés ou abandonnés par leur personnel ou leur clientèle.

Source cours de Monsieur Christian Bonnin avec son aimable autorisation (novembre 2005).


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