Quelles sont les différentes licences ?

Pour exploiter ou ouvrir un débit de boissons, vous devez notamment :

  • avoir plus de 18 ans,
  • être ressortissant de l'Union Européenne (UE) ou de l'Espace Économique Européen (EEE),
  • ne pas avoir été condamné pour infraction au code des débits de boissons.

Une licence est une autorisation d'exploitation d'un débit de boissons qui donne lieu à la perception d'un droit de licence. Il existe plusieurs catégories de licence : pour la "vente à emporter", pour la "restauration" et pour la "consommation sur place". Désormais la déclaration de vente de boissons alcooliques à l’occasion des principaux repas (licence restaurant) ou à emporter, s’effectue à l’ouverture de l’établissement auprès de la mairie (ou de la préfecture de police pour Paris) comme c’était déjà le cas pour les débitants de boissons à consommer sur place (Licences I- II- III- IV). Il n’y a plus qu’un seul interlocuteur la mairie le service des douanes n’est plus concerné. D'autres, en particulier la licence IV sont contingentées (leur nombre est limité) et ne peuvent s'implanter que dans des conditions bien précises (zones protégées...).

Ce qu'il faut savoir :
Pour connaître la catégorie de licence que vous allez demander, vous devez :

  • préciser le type de boissons que vous voulez commercialiser ;

  • préciser votre activité (restaurant, débit de boissons à consommer sur place, vente à emporter).

 LES DIFFÉRENTS GROUPES DE BOISSONS

Les boissons qui sont commercialisées sont classées en fonction de leur degré d'alcool.

  • Premier groupe :

  • eaux minérales ou gazéifiées (et d'une façon générale, toutes les eaux potables) ;

  • jus de fruits ou de légumes (éventuellement gazéifiés), non fermentés ou comportant, à la suite d'un début de fermentation, des traces d'alcool inférieures à 1,2 % volume ;

  • limonades, sirops, infusions, lait, café, thé, chocolat, etc. ;

  • boissons à base de jus de viande de boucherie, tonics, boissons à base de cola ;

  • Deuxième groupe :

  • boissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, les vins doux naturels à AOC (ex : muscat de Rivesaltes, de Frontignan, de Lunel...;

  • les jus de fruits ou de légumes fermentés titrant de 1,2 à 3 % volume (pétillants de raisins, boissons aromatisées à base de raisin ou de pomme) ;

  • Troisième groupe :

  • vins doux naturels autres que ceux appartenant au groupe 2, vins de liqueur vermout, apéritif à base de vin et liqueurs de fraises, framboises, cassis ou cerises, ne tirant pas plus de 18 degrés d'alcool pur ;

  • Quatrième groupe :

  • rhum, tafias et alcools provenant de la distillation des vins, cidres, poirés ou fruits et ne supportant aucune addition d'essence ;

  • Cinquième groupe :

  • toutes les boissons alcooliques dont la vente est autorisée en France.

 LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES DE LICENCE

  • Les licences : pour la vente à consommer sur place
  • La licence I : dite de 1ère catégorie qui concerne les boissons du 1er groupe
    Vous devez effectuer une déclaration fiscale à la recette des douanes + obtenir une autorisation municipale. Pas de droit de licence à payer aux Douanes.

  • La licence II : dite de 2ème catégorie qui concerne les boissons du 1er et du deuxième groupe. Pas de droit de licence à payer aux Douanes. Mais cette licence est soumise à contingentement.

  • La licence III : dite de 3ème catégorie ; concerne les boissons des trois premiers groupes. Vous aurez un droit de licence à payer aux douanes (tarif simple) cette licence est soumise à contingentement (Actuellement des démarches sont en cours afin de rapprocher les licences II et III qui sont sensiblement identiques).

  • La licence IV : dite de 4ème catégorie ; toutes les boissons dont la vente est autorisée en France. Vous aurez un droit de licence à payer aux douanes (tarif double) cette licence est soumise à contingentement.

  • Licence V : dite licence restaurant, vous pouvez servir toutes les boissons des 4 groupes uniquement à l'occasion des repas et en accompagnement de celui-ci sauf celles du premier groupe qui peuvent être servies toute la journée. Elle est gratuite.

  • Licence VI : dite petite licence restaurant, Vous ne pourrez servir des boissons du 2ème groupe uniquement à l'occasion des repas et en accompagnement de celui-ci Sauf celles du premier groupe qui peuvent être servies toute la journée.

  • Les licences : pour la vente à emporter
  • Licence VII : dite grande licence à emporter. Vente à emporter des boissons dont la vente est autorisée en France. Droit de licence à payer aux Douanes (tarif simple) et une déclaration fiscale à la recette des Douanes ;

  • Licence VIII : dite petite licence à emporter. Vente à emporter des boissons des 2 premiers groupes. Pas de droit de licence à payer aux Douanes.

 Les zones protégées

Les zones protégées sont des périmètres de protection dans lesquels ne peuvent s'installer certains débits de boissons. Ainsi, les licences des 2ème, 3ème et 4ème catégories sont interdites dans les périmètres déterminés autour de certains lieux, établissements ou édifices (hôpitaux, stades, piscines, édifices consacrés à un culte...).

Des règles spéciales existent aussi dans les grands ensembles d'habitation.

 Le contingentement des débits de boissons

La règle du contingentement impose de ne pas avoir plus d'un débit de boissons pour 450 habitants pour une commune donnée (licence II, III et IV confondues).

  • Licence II, III et IV
    L'ouverture d'un débit de boissons de 2ème, 3ème et 4ème catégorie ne peut donc avoir lieu que si le contingentement des débits de la commune n'est pas atteint. Exemple : une commune de 1 372 habitants sur laquelle sont établies : 

- 1 licence II,
- 1 licence III,
- 1 licence IV,

Soit 3 licences pour 1 350 habitants. Il reste donc une possibilité pour la tranche de 22 habitants restants.

  • Exceptions au contingentement (débits temporaires)
    Vous pouvez ouvrir un débit temporaire de 1ère ou de 2ème catégorie sur autorisation municipale, à l'occasion d'une foire, d'une vente ou d'une fête publique.
    L'ouverture d'un nouvel établissement de 4ème catégorie peut être autorisée, sauf dans certaines circonstances, et notamment à l'occasion des foires et expositions organisées par l'État.

 Ouverture d'un débit de boissons

Les licences à emporter et les licences restaurants peuvent être créées à tout moment.
Exceptions : les zones surprotégées (hôpitaux, intérieur des établissements sportifs...).
Il en est de même pour les licences II ou III dès l'instant que vous respectez les zones protégées et les règles du contingent ! Par contre, sachez que les licences IV ne peuvent plus être créées. Leur nombre est définitivement fixé au niveau national. C'est ce qui explique l'existence d'un marché de rachat des licences IV. En vous tournant vers le Service des Douanes ou certains organismes spécialisés, vous pourrez connaître le nombre et l'emplacement des licences IV à vendre.

 La mutation

On appelle mutation tout changement du propriétaire ou du gérant d'un débit de boissons...

Si vous décidez d'acheter et d'exploiter une licence au même endroit et dans la même commune où elle était précédemment exploitée, il s'agit d'une mutation.

 Le transfert (translation)

On appelle transfert tout déplacement de débit ayant pour effet l'exploitation du même débit dans un autre lieu situé soit sur la même commune (translation), soit dans une autre commune. Vous exploitez une licence à Toulon, rue Picot et vous vous délocalisez à Toulon, rue d'Alger il s'agit d'un transfert !

  • À l'intérieur de la même commune
    Vous pouvez déplacer à l'intérieur d'une même commune tout débit de boissons (II, III, IV) à consommer sur place à condition de respecter les zones protégées (voir plus haut).

  • Dans une autre commune
    Vous pouvez transférer un débit de 2ème, 3ème ou 4ème catégorie en dehors de la commune dans les cas suivants :

  • dans les communes dépourvues de tout débit de 3ème ou 4ème catégorie,

  • dans les nouvelles agglomérations d'au moins 450 habitants,

À condition, dans les deux cas, que le nouveau débit soit situé dans un rayon de 50 km de son ancien lieu d'implantation et qu'il respecte les zones protégées.

  • Le transfert touristique
    Le transfert dans les communes à vocation touristique est possible à condition que le nouveau débit soit situé dans un rayon de 100 km à vol d'oiseau du lieu de provenance de la licence (II, III ou IV) et qu'il respecte les zones protégées. Pour mettre en œuvre la procédure de transfert touristique d'une licence, le débitant doit faire une demande de transfert touristique auprès de la mairie du lieu où il souhaite implanter son activité. Cette demande est constituée d'un dossier qui est examiné en commission départementale des transferts touristiques (qui est tenue deux fois par an) et par le Préfet. L'aspect "touristique" de la demande doit être effectivement très marqué.
    La règle du contingent n'est pas applicable dans le cadre d'un transfert touristique.
    Exception : une licence IV ne peut être transférée si elle est la dernière d'une commune ou si elle a déjà été transférée.

 La validité des licences

Tout débit de 2ème, 3ème ou 4ème catégorie qui a cessé d'être exploité depuis plus de 3 ans est considéré comme supprimé et ne peut être transmis sauf dans les circonstances suivantes : liquidation de biens, règlement judiciaire, liquidation et partage de succession, fermeture judiciaire ou administrative, expropriation. Dans ces derniers cas, le délai de péremption est suspendu à partir de la clôture de la vente ou de la succession.

Le préfet peut également accorder une suspension dans le cas où les locaux des débitants ont subi des dégâts, suite à un incendie par exemple (cas de force majeur).

 Obligations diverses

  • Présentation à la première réquisition des titres de mouvement légitimant les introductions de boissons dans le débit (la facture ne suffit pas! ) ;

  • approvisionnement en spiritueux chez un marchand en gros.


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