D'APRÈS UNE ENQUÊTE DE LA DIRECTION DE LA RÉPRESSION DES FRAUDES RÉVÉLÉE
PAR "LE PARISIEN"
Dans son édition du 28 février,
quelques jours avant la 8e édition de l'European Sandwich
& Snack Show, en révélant les résultats d'une étude menée par la
DGCCRF et ceux de sa propre enquête, Le Parisien alertait les
consommateurs sur les risques de manger sandwiches, kebabs ou autres
snacks achetés dans des sandwicheries, boulangeries et snacks
orientaux. Les résultats sont certes inquiétants. Mais sont-ils si
surprenants ?
Rupture
de la chaîne du froid, présence de balais dans les cuisines, congélation
illicite, décongélation à température ambiante, stockage des produits à
même le sol, mise en vente de produits à DLC dépassée, absence de savon
près des lave-mains, point d'eau commun à tous les usages… Voilà
quelques-unes des nombreuses anomalies constatées par les contrôleurs de
la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes (DGCCRF) à l'occasion d'une enquête menée au
cours du 3e trimestre 2006 dans 42 départements et sur 1 133
points de vente (600 sandwicheries élaborant sur place et points chauds,
405 restaurants orientaux et 128 boulangeries). Le pourcentage de
non-conformité à l'hygiène sur les établissements contrôlés varie de
34,5 à 61,5 %. Quant aux analyses bactériologiques que Le Parisien
a fait réaliser sur 7 kebabs et 13 sandwiches prélevés dans 10
établissements, elles révèlent que 8 échantillons présentaient des
résultats "non conformes", 5 "acceptables", et seulement 6
"conformes". "Ainsi, 8 établissements sur 10 se sont faits
épingler" titre le journal.

Pas de guide de bonnes
pratiques restauration rapide
Lors de son
enquête, la DGCCRF a relevé également beaucoup d'anomalies relatives à
l'information des consommateurs : jambon pour épaule, crabe pour surimi,
absence d'affichage de prix… Il s'avère que 4,7 à 12 % des
établissements contrôlés ne respectent pas les règles d'étiquetage et
d'information du consommateur. Au total, sur les 1 133 établissements
contrôlés par la DGCCRF, les contrôleurs ont effectué 453 rappels à la
réglementation, 43 intentions de procès-verbaux, 30 procès-verbaux et 24
fermetures d'établissement, soit… plus de 2 % des établissements
contrôlés.
Ce pavé dans la
mare jeté par Le Parisien n'a pas manqué de faire réagir les
professionnels. "D'une part, il faut remarquer que l'enquête de la
DGCCRF ne porte que sur de petits établissements indépendants, et non
sur ceux gérés par les grandes chaînes de restauration rapide qui
veillent de façon rigoureuse au respect des règles d'hygiène et celles
relatives à l'information des consommateurs, commente Dominique Bénézet,
délégué général du Syndicat national de l'alimentation et de la
restauration rapide (Snarr). Elles forment leur personnel et disposent
de budgets suffisamment importants pour faire effectuer des contrôles
bactériologiques réguliers et en nombre suffisant."
Et d'ajouter : "D'autre part, il
faut souligner que la restauration rapide, contrairement à la
restauration commerciale, ne dispose pas encore de son guide de bonnes
pratiques hygiène comme l'exige la réglementation européenne pour tous
les métiers de bouche. Bon nombre de petits opérateurs qui s'installent
sans avoir ni formation en hygiène ni en réglementation relative à la
remise directe aux consommateurs, ni en gestion d'ailleurs, nous
appellent pour nous demander des conseils et un guide. Ce guide de
bonnes pratiques hygiène est en cours de préparation depuis… 1997, soit
10 ans." 10 années durant lesquelles professionnels et représentants
des organismes officiels ne sont pas encore arrivés à se mettre
d'accord. Gageons que l'article du Parisien fera avancer les
choses. En attendant, la DGCCRF préconise aux responsables
d'établissements de restauration rapide de se référer au Guide des
bonnes pratiques Hygiène Traiteur.
|
Où se procurer le Guide de bonnes pratiques hygiène
Traiteur ?
En attendant
la parution du guide de bonnes pratiques restauration
rapide, la DGCCRF recommande de s'appuyer sur le Guide de
bonnes pratiques hygiène Traiteur (réf. n° 5907).
À se procurer au
Journal officiel au 01 40 58 79 79. |
La DGCCRF envisage de renforcer
les contrôles
Si sur ce marché de la
restauration à emporter, le nombre de points de vente progresse
rapidement, le taux de renouvellement en est très important. Beaucoup
ferment ou changent de direction. Résultat : les responsables et le
personnel méconnaissent pour la plupart la réglementation, et la
formation à l'hygiène dans ces petits points de vente est quasiment
inexistante. "Ce qui semblait acquis, de la part de la majorité des
professionnels de la restauration commerciale ces dernières années, ne
l'est plus pour bon nombre de ces nouveaux types de restaurateurs",
a confié un enquêteur de la DGCCRF. Face à ce constat, et attentive aux
plaintes des responsables de la restauration traditionnelle qui
déplorent le développement de ces commerçants mal préparés au métier de
la restauration et à celui des espaces de restauration rapide dans les
débits de boissons, la DGCCRF suggère plusieurs solutions.
•
Elle engage les professionnels à mener une réflexion sur ce point en
liaison avec les organisations professionnelles concernées.
• Pour limiter les
problèmes relatifs à l'hygiène, elle préconise d'amplifier les recours
aux mesures de police administrative, notamment aux mesures relatives à
l'obligation de formation à l'hygiène (article R.218-3 du Code de la
consommation).
•
Elle entend poursuivre les contrôles dans ces établissements afin que
puisse s'instaurer une concurrence loyale et que l'information et la
sécurité des consommateurs soient assurées.
Article de Bernadette Gutel, journaliste à L'Hôtellerie
restauration - Hebdo N°3019 du 8 mars 2007
|
Les principales règles à respecter pour la bonne information
du consommateur
•
Afficher les prix à l'intérieur et à l'extérieur en cas de
service à table.
•
Préciser la dénomination complète des produits
commercialisés.
•
Indiquer la dénomination exacte des ingrédients : épaule ou
jambon, crabe ou surimi, gruyère ou emmental, foie gras ou
bloc de fois gras…
•
Attention à l'emploi du terme artisanal et aux noms
géographiques qui risquent de créer des confusions.
•
Indiquer l'espèce animale dans la dénomination de vente,
notamment des kebabs et l'origine pour la viande bovine.
•
Indiquer une DLC sur les produits préemballés.
•
Ne pas remplir des bouteilles d'eau minérale avec de l'eau
du robinet.
•
Donner une note précise aux clients (dénomination du
produit, prix). |
|
Quelques-unes des principales mesures d'hygiène à respecter
en restauration
Équipement minimal
•
Des chambres froides en bon état de marche, munies d'un
thermomètre.
•
Un lave-mains avec du savon et des essuie-tout jetables.
Hygiène
du personnel
•
Ongles courts, ni bagues ni anneaux, véritables nids à
microbes.
•
Se laver régulièrement les mains, en arrivant au travail
notamment, avant de commencer les préparations et le
service, après être allé aux toilettes ou s'être mouché.
•
En cas de blessure aux mains infectées, ne pas travailler
aux postes de préparations et de vente de sandwiches ou
snacks.
•
Mettre des gants pour les préparations de sandwiches et
autres snacks. Les ôter pour se rendre aux toilettes ou
manipuler du matériel. En changer aussi souvent que
nécessaire.
•
Prendre une pince pour servir les sandwiches ou snacks.
•
Porter une coiffe.
•
Porter des vêtements de travail propres.
Procédures de travail
•
Bien nettoyer les surfaces de travail après chaque
utilisation. Ne pas déposer dessus des effets personnels,
documents ou produits divers.
•
Ne pas poser les marchandises à même le sol.
•
Protéger les poubelles avec un couvercle à ouverture par
pédale.
•
Ranger le balai et les produits d'entretien dans un local à
part (en dehors de la cuisine).
•
Conserver les sandwiches, kebabs, sauces et autres produits
frais à température réfrigérée, notamment en dehors du
service.
•
Ne pas congeler des produits restants ou à DLC dépassée.
•
Ne pas vendre des produits à DLC dépassée. |
Enquête relative au
contrôle des établissements de restauration rapide élaborant sur place
des denrées à emporter de type kebabs, sandwichs
Résumé :
Cette enquête réalisée au 3ème trimestre 2006 a été l’occasion
de contrôler un secteur d’activité en plein essor car répondant aux
nouvelles habitudes alimentaires des consommateurs. Des contrôles
ont déjà été réalisés dans ce type d’établissements et les anomalies
constatées se retrouvent dans le cadre de cette enquête en matière
tant d’hygiène, que d’information des consommateurs et de loyauté
des transactions. Le pourcentage de non-conformité des
établissements contrôlés, pour ce qui concerne l’hygiène, varie de
34,5 à 61,5 %. L’information des consommateurs n’est pas assurée
dans 4,7 à 12 % des établissements contrôlés et elle est non
conforme pour 5 à 35 % d’entre eux.
Cette enquête, réalisée dans 42
départements, a concerné plusieurs types d’établissements (sédentaires
et non sédentaires) élaborant sur place des denrées à emporter : «
sandwicheries », restauration commerciale de type asiatique ou oriental
et boulangeries.
Elle portait sur le respect des règles d’hygiène, la loyauté des
transactions et l’information du consommateur.
1 - LE BILAN GENERAL DES CONTROLES :
a) le respect des règles d’hygiène :
Les vérifications ont porté essentiellement sur :
- l’hygiène des locaux des établissements préparant et conditionnant les
denrées à emporter, type « kebabs et sandwichs »,
- les conditions d’hygiène et de formation du personnel de ces
établissements,
- les conditions de conservation et d’exposition à la vente des denrées
alimentaires (notamment en fonction du produit le plus sensible
composant le produit proposé à la vente), avant la remise directe aux
consommateurs,
L’hygiène des locaux : les locaux sont parfois inadaptés à l’élaboration
de préparations alimentaires, et dans certains cas exigus. L’étroitesse
des locaux est souvent à l’origine des dysfonctionnements de
l’appareillage électrique et par conséquent, génère dans certains cas
une élévation des températures des denrées. Cependant, dans l’ensemble,
il a été constaté que les locaux récents présentaient un niveau
d’hygiène satisfaisant. Il est fréquemment constaté l’absence de savon
et de distributeur de savon à usage unique pour les lave-mains, ainsi
que la présence d’un seul point d’eau commun à tous les usages.
Le matériel : les anomalies les plus fréquentes concernent l’absence de
couvercles sur les poubelles, la présence de balais et de produits
d’entretien dans les cuisines, l’utilisation de différents matériels en
bois non conformes, un sol difficilement lavable. Des meubles
frigorifiques rarement équipés en thermomètres.
L’hygiène du personnel : l’absence d’une tenue spécifique a été relevée,
ainsi que le manque d’information et de formation sur les bonnes
pratiques d’hygiène.
Les denrées alimentaires : la conservation de kebabs et préparations
avec de la mayonnaise à la température ambiante a été constatée ainsi
que des opérations de congélation illicite et de décongélation de
produits à température ambiante. L’utilisation de sachets de
récupération pour la conservation de denrées alimentaires a été relevée
à plusieurs reprises.
Chez les vendeurs ambulants, les manquements les plus souvent rencontrés
concernent des températures non conformes, des cas de congélation
illicite, le stockage de produits à même le sol et la décongélation à
température ambiante.
b) le respect des règles d’étiquetage et l’information du consommateur :
Plusieurs départements ont signalé :
- la mise en vente ou le stockage de produits avec une date limite de
consommation dépassée,
- l’absence de date limite de consommation pour des produits préemballés
hors de la vue de la clientèle,
- l’absence de dénominations ou des dénominations incomplètes ou
inexactes,
- l’absence d’indication de l’origine pour la viande bovine,
- l’absence d’indication de l’espèce animale dans la dénomination de
vente (kebabs) ou l’utilisation abusive du nom d’une espèce,
- l’absence d’affichage de prix, de rédaction et de remise de notes et
d’affichage à l’extérieur en cas de service à table.
c) la loyauté des transactions :
L’utilisation abusive de certaines dénominations de vente est fréquente,
ainsi que l’emploi de noms géographiques trompeurs.
2 - LA RÉPARTITION PAR POINTS DE VENTE
ET BILAN QUANTITATIF :
Au total 1 133 points de vente ont fait l’objet d’un contrôle se
répartissant en 600 "sandwicheries" élaborant sur place et points
chauds, 405 restaurants orientaux et assimilés et 128 boulangeries. A
cela, il faut ajouter les « cafés-bistrots » qui s’improvisent
restaurateurs pendant la période estivale et qui méconnaissent souvent
les règles de base en matière d’hygiène.
a) les « sandwicheries » :
L’implantation de la restauration rapide proposant à la vente des
sandwichs froids ou chauds s’amplifie l’été et l’équipement utilisé pour
la conservation au froid des denrées est souvent insuffisant.
Pour les 600 points de vente contrôlés, le taux global de non-conformité
pour l’hygiène et l’information du consommateur est détaillé dans le
tableau suivant : 221 rappels à la réglementation et 43 intentions de
procès-verbaux ont été établis; en outre, 4 demandes de fermeture
d’établissements ont été mises en oeuvre.
|
Taux
global de non-conformité |
Hygiène
(stockage -vente-personnel-matériel) en % par rapport au
total des établissements contrôlés |
Températures d’exposition des produits à la vente en % par
rapport au nombre total des mesures effectuées |
Information du consommateur en % par rapport au nombre total
des établissements contrôlés |
|
|
|
Non-conformité |
Écart de T° >
6°C sur T° exigée |
Absente |
Non conforme |
|
«
Sandwicheries » élaborant sur place ………………... |
34,5 % dont
7,3 % d’anomalies majeures |
26,7 % dont
59,4 % de T° avec un écart de + de 6°C sur T°exigée |
15,8 %
|
12 % |
12,2 % |
Un fait nouveau : dans les galeries
marchandes, l‘apparition à côté de grandes surfaces, de « sandwicheries
» vendant des préparations exposées sur des chariots réfrigérés élaborés
dans des laboratoires.
Dans de nombreux cas, les conditions d’hygiène des locaux, des
manipulations et du stockage sont défectueuses. Il convient d’y ajouter
la non-conservation des étiquettes des denrées déconditionnées, la
congélation illicite et le manque de protection des denrées par rapport
à la clientèle.
Au plan de l’étiquetage, les dénominations de vente sont incomplètes ou
absentes et la date limite de consommation n’est pas apposée sur les
denrées préemballées.
Les manquements relevés par rapport à la loyauté des transactions
montrent, outre les cas de tromperie manifeste du consommateur, la
méconnaissance de la réglementation par ces professionnels. Ce qui
semblait acquis de la part de la majorité des professionnels de la
restauration commerciale ces dernières années ne l’est plus pour bon
nombre de ces nouveaux types de restauration. Ainsi, il a été constaté
l’emploi de la dénomination « jambon » pour de l’épaule, des
dénominations « gruyère » pour de l’emmenthal, « crabe » pour du surimi,
« feta » pour un fromage sans appellation, « foie gras » pour du bloc de
foie gras, le remplissage de bouteilles d’eau minérale avec de l’eau du
robinet, et l’emploi abusif du terme « artisanal » et de noms
géographiques trompeurs.
Beaucoup de manquements sont également constatés en ce qui concerne
l’information du consommateur (affichage de prix, remise de notes…).
b) les restaurants orientaux et assimilés
Les exploitants de ce type d’établissements sont rarement des
professionnels et ne connaissent pas la réglementation en matière
d’hygiène et d’étiquetage. De plus, il a été constaté que certains
grossistes n’étaient pas déclarés et agréés pour le stockage des denrées
animales et d’origine animale.
Il faut également souligner que ce type d’établissement est concerné par
l’alerte sanitaire relative à l’utilisation de colorants non
alimentaires dans les produits tels que les huiles épicées, pouvant être
utilisés dans l’élaboration de produits vendus dans la restauration
orientale.
405 points de vente ont été contrôlés ; les non-conformités aux règles
d’hygiène et d’information du consommateur sont détaillées dans le
tableau ci-après :
| Taux de
non-conformité |
Hygiène
(stockage -vente-personnel-matériel) en % par rapport au
total des établissements contrôlés |
Températures d’exposition des
produits à la vente en % par rapport au nombre total des
mesures effectuées |
Information du consommateur en
% par rapport au nombre total des établissements contrôlés |
|
|
|
Taux de
non-conformité |
Écart de T° >
6°C / T° exigée |
Absente |
Non conforme |
|
Restaurants
orientaux et assimilés……………... |
61,5 % dont 21
% d’anomalies majeures |
26,1 % dont 50
% de T° avec un écart de + de 6°C / T°exigée |
13 %x |
11,6%x |
29,4 % |
Les non conformités ont fait l’objet de
182 rappels de réglementation, 30 procès-verbaux et 13 fermetures
d’établissements.
Les règles d’hygiène sont le plus souvent méconnues ou négligées. On
note l’absence de formation aux bonnes pratiques d’hygiène tant de
l’exploitant que de son personnel, d’où le manque de prise en compte et
de sensibilisation au risque sanitaire et à ses conséquences. Ainsi la
notion d’analyses micro- biologiques sur des produits finis est
totalement absente de la façon de travailler de la plupart de ces
professionnels, ainsi que la pratique de l’auto contrôle.
On peut citer, outre les mauvaises conditions générales d’hygiène des
locaux et de manipulation des denrées, le déficit d’entretien des
équipements, le stockage des denrées à même le sol ou dans des
contenants non appropriés, le dysfonctionnement des appareils de
réfrigération du à la chaleur générée par les broches, les surfaces de
travail encombrées d’effets personnels, de documents et produits divers,
les viandes en broches laissées sur place jusqu’au service suivant, les
sauces conservées à température ambiante.
Au plan de la loyauté des transactions, les dénominations des viandes
utilisées pour les kebabs sont très souvent incorrectes ou absentes : «
veau » pour un mélange de viandes ou pour de la dinde (ou une autre
volaille). Sur 81 produits analysés pour ce qui concerne les espèces
utilisées, 9 sont non conformes soit plus de 11 %. Dans deux cas, la
présence de porc a été décelée dans des denrées sans que cette espèce
apparaisse dans la liste des ingrédients. Dans les autres cas, il
s’agissait de bœuf ou de volaille dans des kebabs de veau.
Comme pour les « sandwicheries », l’utilisation abusive de certaines
dénominations est constatée.
L’information du consommateur est très souvent insuffisante : défaut
d’affichage des prix, absence de rédaction et de remise de notes, défaut
d’indication des quantités servies pour les boissons, absence
d’affichage à l’extérieur de l’établissement en cas de service à table.
c) les boulangeries et établissements assimilés :
Les boulangeries proposent à la vente des sandwichs baguettes, des
viennoiseries diverses qui peuvent être composées de produits dits
sensibles type « mayonnaise » préparés souvent à l’avance. Pour ce type
de vente, 128 points de vente ont été contrôlés.
Le taux global de non-conformité pour l’hygiène et l’information du
consommateur se répartit comme suit dans le tableau :
| Taux de
non-conformité |
Hygiène
(stockage -vente-personnel-matériel) en % par rapport au
total des établissements contrôlés |
Températures d’exposition des
produits à la vente en % par rapport au nombre total des
mesures effectuées |
Information du consommateur en
% par rapport au nombre total des établissements contrôlés |
|
|
|
Taux de non
conformité |
Écart de T° >
6°C / T° exigée |
Absente
|
Non conforme |
|
Boulangeries assimilés……………... |
46,9 %
dont 21,1 % d’anomalies majeures |
37,1% dont
34,8 % de T° avec un écart de + de 6°C / T°exigée |
12,9 % |
4,7 % |
21,8 % |
Les manquements ont fait l’objet de 50
rappels à réglementation, 9 procès-verbaux et 7 fermetures
d’établissements.
Les professionnels de la boulangerie traditionnelle ont en général une
bonne connaissance des règles d’hygiène, ce qui est moins vrai des «
points chauds ».
Il faut cependant noter que le taux élevé de non-conformité par rapport
au respect des règles d’hygiène montre que « le métier » des ventes à
emporter, (comportant le plus souvent des denrées animales et des
ingrédients sensibles) est différent du métier des boulangers, ce qui
peut expliquer les anomalies relevées. Par ailleurs, on constate que les
sandwichs et certaines préparations sont souvent placées au-dessus des
vitrines, d’où des manquements relevés par rapport aux règles de
température.
CONCLUSIONS
Le nombre de points de vente de denrées alimentaires à emporter augmente
rapidement, mais leur pérennité est loin d’être établie et l’on constate
de nombreuses fermetures ou changements de directions. Cette mobilité
n’est pas sans conséquence sur la qualification et la formation des
responsables et du personnel et sur la connaissance de la réglementation
par ces derniers. Le nombre de rappels de réglementation adressés aux
exploitants en témoigne, car si l’on ne peut exclure la mauvaise foi ou
la mauvaise volonté de certains le plus souvent la réglementation est
ignorée. Le nombre de mesures administratives prises lors de ces
contrôles montre le manque de prise en compte du risque sanitaire et de
ses conséquences. De même l’importance des anomalies majeures relevées
lors des contrôles relatifs à l’hygiène nécessite une amélioration
rapide des pratiques. La mise en œuvre des mesures préconisées dans le
code des bonnes pratiques d’hygiène concernant les traiteurs (n° 5907)
ne peut qu’être recommandée.
S’agissant du contrôle des températures, le taux de non-conformité est
compris entre 26 et 37 %, dont 12 à 15 % de températures s’écartant de
plus de 6 °C de la température exigée . Il est anormalement élevé, si on
le compare au taux moyen d’anomalies constaté pour les denrées à
conserver à moins de 4°C, soit 12,7 % pour l’année 2004.
Concernant la formation des personnes qui ouvrent les établissements de
vente à emporter, on peut constater qu’elle est quasiment inexistante.
Ceci conduit à deux remarques :
- contrairement à d’autres professions, telles que les artisans, aucune
obligation de diplôme ou d’expérience professionnelle n’est prévue pour
ce type d’activité ( loi du 5/06/1998 et décret du 2 avril 1998) . Il
est également relevé que la restauration traditionnelle se plaint du
développement de ces commerces qui se positionnent sur le marché sans
être préparés au métier de la restauration, ainsi que des débits de
boissons qui développent des espaces de restauration rapide. Une
réflexion devrait être engagée sur ce point en liaison avec les
organisations professionnelles concernées.
- en l’absence de telles dispositions réglementaires, il est nécessaire
de mettre en œuvre de manière significative les mesures de police
administrative dans ces secteurs. Il conviendra pour l’avenir,
d’amplifier le recours à ces mesures en particulier celles relatives à
l’obligation de formation à l’hygiène (article R. 218-3 du code de la
consommation).
Il est constaté que 12 % des points de vente à emporter ne fournissent
aucune information aux consommateurs par affichage ou étiquetage, et que
de nombreuses dérives existent dans l’utilisation des dénominations de
vente, souvent trompeuses sur la nature des ingrédients utilisés.
La poursuite des contrôles dans ces établissements est indispensable
compte tenu des anomalies graves relevées, du taux de renouvellement
important constaté et de leur fort développement. Une continuité dans
les contrôles est nécessaire afin que puisse s’instaurer une concurrence
loyale et que l’information et la sécurité des consommateurs soit
assurée. Les organisations professionnelles concernées par ce type
d’activité seront informées afin qu’elles servent de relais auprès de
ces opérateurs. |