Droit et réglementation en CHR
Pascale Carbillet
Journaliste
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L'hôtellerie-restauration soumise à une TVA de 7 % en 2012
08/11/11     L'Hôtellerie Restauration
Le Premier ministre François Fillon a rendu public lundi 7 novembre le relèvement du taux réduit de 5,5 % à 7 %.

"Nous avons décidé de relever la TVA de 5,5 % à 7 % sur tous les produits et services à l'exception des produits de première nécessité, et notamment l'alimentation. C'est un taux intermédiaire aligné sur le taux allemand de la TVA à taux réduit", a annoncé le Premier ministre François Fillon lors de la conférence de presse qu'il a tenu, lundi 7 novembre, à l'hôtel de Matignon pour présenter le plan d'austérité destiné à compenser la baisse à 1 % des prévisions de croissance. Lire la suite ainsi que les réactions des syndicats professionnelsSLP761

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08/11/2011
 
César Rodrigues
"C'est presque un cas de conscience"

"On se moquerait de la clientèle ! Aujourd'hui, tout le monde 'se saigne', on ne peut pas augmenter les prix ! C'est presque un cas de conscience, un devoir de solidarité. Personnellement, je vais chercher à compenser cette hausse en grattant de-ci de-là, voire en ne renouvellement pas des départs volontaires. Mais pas question de licencier. La baisse de la TVA m'a permis notamment de recruter et donc de proposer un service de qualité. Je m'y suis retrouvé en termes de fréquentation. Je pense que ceux qui augmenteraient leurs prix se tireraient une balle dans le pied. La clientèle ne suivra pas."

08/11/2011
 
Benoît Mary
"Je vais couper la poire en deux"

"Forcément je serai obligé d'augmenter les prix qui n'ont pas bougé depuis deux ans. La baisse de la TVA m'avait surtout permis d'en faire bénéficier le personnel, 4 postes et demi avec une hausse des salaires de 20 % et une prime de 150 € tous les trimestres pour mes apprentis. Si, comme il est prévu, la TVA augmente de 2 %, on va s'en sortir. Je vais couper la poire en deux, avec une augmentation de 1 % pour le client, ce qui ne devrait pas me faire perdre trop de clientèle. Si la hausse est supérieure, c'est vraiment la catastrophe ! Franchement, je ne sais pas comment je vais faire".

08/11/2011
 
Florent Dubois
"Notre image s'est dégradée avec ce dossier TVA"

"Si l'augmentation est modérée pour revenir autour de 7 % je ne la répercuterai pas car cette légère hausse pourra être absorbée. Au-delà, il faudra bien sûr augmenter nos prix. Je n'avais pas répercuté la baisse de la TVA car mes prix étaient bloqués depuis six ans. J'en ai profité pour investir dans la rénovation de mon établissement et pour créer un demi-poste. Cela dit, nos gouvernants auraient dû réfléchir avant et peut-être proposer un taux intermédiaire qui aurait été le même pour la restauration rapide. Notre image s'est dégradée avec ce dossier TVA. Je ne veux plus rentrer dans le jeu de la course aux prix les moins chers, car c'est une course sans fin. Je préfère jouer sur le rapport qualité-prix."

08/11/2011
 
Dominique et Bernard Degenne
"Augmenter la TVA reviendrait à fragiliser la profession"

"Revenir à 19,6 % serait catastrophique. Même à 12 %, le coût serait dur car cela représenterait une hausse de 7 points, ce que ne pourront pas supporter de nombreux établissements. Dans nos restaurants, nous avons joué le jeu et respecté les engagements pris par la profession en baissant des prix, en investissant dans la modernisation et en créant des emplois. Nous avons financé une mutuelle, augmenté les salaires. La baisse de la TVA a permis de remettre nombre d'entreprises à flot, l'augmenter à nouveau reviendrait à fragiliser la profession. Car comment financer notre développement, comment rembourser des prêts, si la hausse de la TVA avale nos résultats ? Cette question de la TVA a été mal gérée par la profession, notamment au niveau de la communication vers le grand public."

08/11/2011
 
Bernard Bach
"Je pense à un ou deux euros d'augmentation"

"Si la TVA devait augmenter, je serai contraint de revoir les prix des menus. On travaille déjà avec des marges serrées et le coût de la matière première ne fait que progresser. Ça ne représentera pas une somme énorme, je pense à un ou deux euros d'augmentation. Les clients comprendront, j'en suis persuadé !"

08/11/2011
 
Sébastien Colombier
"Je préfère obtenir de mes fournisseurs locaux un petit effort"

"Pour moi, il n'est pas question de répercuter la moindre hausse pour la bonne et simple raison que les gens viennent déjà moins au restaurant. Toute augmentation des prix ne pourrait donc entraîner qu'une baisse supplémentaire du niveau d'activité. En travaillant des produits frais et bio, j'arrive à proposer une cuisine à prix abordable et je veux que cela reste ainsi. C'est donc à l'achat qu'il faut négocier. Je préfère obtenir de mes fournisseurs locaux un petit effort plutôt que de faire porter le poids sur la vente. J'ai ouvert en juin 2009 et j'ai aussitôt appliqué le régime à 5,5 % mais cela ne m'empêche pas d'investir pour satisfaire la clientèle. Aménager un espace fumeurs pour leur permettre d'apprécier un cigare tout en dégustant un vin doux naturel a un coût. Mais je réponds à une demande et c'est essentiel d'être réactif dans une période qui n'est pas très rose."

08/11/2011
 
Jean-Paul Bertrand
"Nous n'avons pas moyen de diminuer les marges"

"On se prépare à une telle augmentation que je pense que la bataille est déjà perdue. La logique voudrait toutefois qu'on répercute cette hausse. Nous n'avons pas moyen de diminuer les marges. De la même façon que nous avions baissé les prix avec, par exemple, un menu d'appel qui était passé de 40 à 35 €, ce qui est très abordable pour un 2 étoiles comme nous, il nous faudra procéder à une hausse la plus modérée possible. Nous avions réalisé des investissements grâce à l'arrivée à 5,5 % et pour 2012, nous venons de déposer le permis de construire pour la construction d'un salon d'accueil et la transformation de l'actuel espace d'accueil en salon particulier pour une vingtaine de personnes. Il est hors de question de remettre cette réalisation en cause alors qu'elle a pour but d'améliorer le confort du client."

08/11/2011
 
Jean-Pierre Gleize
"Pas question !"

"Pas question de toucher aux prix ! Ce n'est pas au client de payer, il n'en a plus les moyens. C'est aux restaurateurs de se remettre en question. Il va falloir qu'on travaille avec les fournisseurs, qu'on fasse baisser les marges. Mais il ne faut pas se faire d'illusions, la TVA à 5,5% n 'a pas été créatrice d'emplois, elle a seulement permis de sauver des postes. La crise est loin d'être finie."

08/11/2011
 
Guillaume Thuin
"Pas sur les menus, plutôt sur les à-côtés"

"C'est difficile d'anticiper cette hausse. Bien sûr que cela aura une incidence car nos prix sont calculés par rapport à la TVA. Mais les restaurateurs ne sont pas obligés de répercuter le même pourcentage d'augmentation sur leur addition. Pour ma part, je ne compte pas faire évoluer le prix de mes menus. Ils sont basés sur le prix global de produits. C'est plutôt sur les à-côtés, comme les eaux ou les cafés, que l'on pourra se rattraper."

08/11/2011
 
Nathalie Vernier
"Je n'ai pas le choix"

"On va être obligé d'augmenter ! Cela fait trois ans qu'on n'a pas augmenté les prix, alors que dans le même temps, on a augmenté nos salariés et subi une hausse de 20 % des matières premières. Alors je n'ai pas le choix. Ou je licencie ou je baisse la qualité de mes produits et je fais du surgelé, mais ce n'est pas ma philosophie. Donc je suis contrainte d'augmenter. La baisse de la TVA était destinée à maintenir l'embauche de nos salariés et à améliorer l'accueil de nos clients. Pas à ce que l'on gagne plus. Je trouve violente cette polémique autour de la TVA : elle est injuste et pas valorisante pour la profession.

08/11/2011
 
Hervé Montoyo
"Jusqu'à 7 %, nous ne toucherons pas aux prix"

"S'il s'agit d'une petite augmentation de la TVA, disons jusqu'à 7 %, nous ne toucherons pas aux prix, mais encore faudrait-il mettre dans la balance l'augmentation de 27 % en un an des prix du gaz, et la hausse de l'électricité de 15 % au cours de la même période. Toute augmentation de la TVA, même minime, serait donc une charge supplémentaire. En tout cas, ce ne serait pas un changement anodin, parce qu'il faut aussi remettre cela dans le contexte du contrat d'avenir que nous avons respecté, en échange justement de la baisse de la TVA. S'il faut faire un petit effort supplémentaire pour renflouer les caisses de l'État, je suis encore prêt à jouer le jeu en maintenant les prix. Mais la situation de nos entreprises reste tendue, et je ne peux pas donner de réponse catégorique."

08/11/2011
 
Jean-Christophe Carcenac
"Pas de marge de manoeuvre pour supporter une hausse"

"J'augmenterai les prix à la moindre augmentation de la TVA, pour la simple raison que je suis déjà sur des tarifs très ajustés. Je n'ai pas augmenté mes prix depuis cinq ans, avec une formule très complète à 12 € qui passerait à 12,50 € dans le cas d'une augmentation de la TVA à 7 %. À ce jour, je n'ai pas de marge de manoeuvre, puisque la charge salariale reste ce qu'elle est, d'autant que nous avons augmenté en volume au moment de la baisse de la TVA. Si on envisage un scenario catastrophe avec une augmentation de la TVA au delà de 9 %, il y a aussi beaucoup de professionnels qui en souffriront, car l'augmentation des prix ne résout rien si elle se traduit par une baisse de consommation dans nos établissements !"

08/11/2011
 
Nicolas Bourget
"On ne peut pas se permettre de perdre 4 % de marge"

"Si la TVA change, il y a aura forcément pour nous une augmentation de prix qui correspondra à cette hausse. On ne peut pas se permettre de perdre 4 % de marge sur le chiffre d'affaires. Nous sommes ouverts depuis deux ans, avec une très forte croissance et nous sommes pleins midi et soir. Dès le début, on a mis en place un bon rapport qualité prix pour se faire une clientèle. Mais on ne peut pas aller en-dessous. On est une petite structure, sans la marge de manoeuvre des plus gros. On veut continuer à privilégier le produit et le qualitatif. On préfère faire 5 couverts de moins s'il le faut. Mais les produits frais et cuisinés sur place, ça a un coût."

08/11/2011
 
Giovanni Guida et Sébastien Yus
"Moins de primes pour les salariés"

"On ne peut pas augmenter les prix sinon les clients ne vont plus venir. Pour nous, la baisse de la TVA a été bénéfique : nous avons baissé le prix de la formule du midi, réparti les dividendes sous forme de primes à tous les employés et embauché. Tous les restaurateurs que nous connaissons ont fait celà ! Cette baisse a été une vraie bulle d'oxygène et nous a permis de supporter l'augmentation régulière des matières premières. En cas de hausse de la TVA, les prix ne changeraient pas car les clients n'y sont pas prêts. Il y aurait donc moins de primes et il faudrait réduire les coûts liés au personnel."

08/11/2011
 
le mexicain
Le passage à la TVA à 7 % se fera a partir de quand ?

08/11/2011
 
Pascale Carbillet
Au 1er janvier 2012.

08/11/2011
 
squier
Bonjour,

Bonne nouvelle : la profession reste au taux réduit

Mauvaise nouvelle : le taux réduit passe à 7%

Cdlt

08/11/2011
 
François
:-) et :-(

En même temps ne doit on pas être solidaire de la nation même si c'est la mort pour certain d'entre nous ?
"To be or not to be ? That's the question !"

08/11/2011
 
Thalie
Donc la prime tva disparait ?

08/11/2011
 
Pascale-Carbillet Auteur
L'accord social du 15 décembre 2009 (avenant n°6) prévoit effectivement "que les partenaires sociaux conviennent que la prime TVA est liée à la réduction du taux de la TVA dans la restauration est strictement conditionnée à l'application du taux réduit de la TVA à 5,5% dans la branche d'activités des hôtels, cafés, restaurants."
En conséquence, le rélèvement du taux de TVA à 7% devrait conduire à la suppression de cette prime. Mais, il est vraiment prématuré d'apporter une réponse à cette question qui va faire l'objet de négociations entre les partenaires sociaux.

08/11/2011
 
christian s
Il et vrai que nous travaillons avec des marges trop petites les fournisseur ne baisse pas leur prix donc une parti sera prise sur le client et une partie sur la prime tva je regrette mais se sera comme ca car j avais baisser mes prix au passage a 5.5 % de 14% et pas d augmentation depuis.

09/11/2011
 
le mexicain
Voyons ,si on veut conserver notre personnel il faudra bien continuer a verser les primes ,sinon ciao...
je pense ici nous avons tous été des employés avant d?être patrons ,alors ?
qu'auriez vous pensez s'il vous arriverait la même chose?
si on veut que notre métier évolu ,il faudra évoluer avec ,et faire des concessions
1.5% de TVA en plus ce n'est pas la mort et heureusement ce n'est pas 19.6 % !
alors arrêtons de chialer pour si peu ,on a tellement mauvaise presse dans les médias qui se repaissent de nous ,ne leur donnons pas encore la possibilité de nous taper dessus en donnant des explications que trop vasouillardes et surtout intenables

09/11/2011
 
Breizh
"perdre" 1.5 % après avoir gagné 14 % et fait passer toute la profession pour des thénardiers !
Évidemment seuls ceux qui ont vraiment joué le jeu vont y perdre mais s'il ont baissé de 14 % alors qu'il ne leur en était pas demandé tant il peuvent remonter de 1.5 % cela ne se verra pas dans la note.
Vous avez calculé ce que fait 1.5 % sur la base HT de votre menu ? des centimes...
Par contre vous n'entendez pas les hôteliers se plaindre, et pourtant eux qui sont en prise avec les mises aux normes et les classements se retrouvent pénalisés aussi de 1.5...
Je rejoins le mexicain, il faut évoluer avec son métier et son pays. Et surtout son personnel.

09/11/2011
 
Lorraine
Comment gérer le changement de taux de TVA en cas d'acompte déjà perçu à 5.5% (et TVA sur cet acompte déjà reversé) pour une prestation qui aura lieu en 2012 donc soumis à TVA 7%. Faudra t'il faire des factures de régularisation et sur quelles lignes de la déclaration de TVA porter ces sommes. Merci

09/11/2011
 
Breizh
Votre acompte TTC sera déduit du total en TTC et la TVA sera recalculée sur la totalité. Le solde du sera donc en TVA 7 %.
A vous de décider maintenant si vous maintenez votre prix ou si vous l'augmentez de 1.5 % et dans ce cas vous prévenez votre client.
La prestation n'étant pas annulable (acompte) et nous n'étant pas responsable du taux de TVA, vous pouvez faire accepter la hausse de TVA.

09/11/2011
 
Lorraine
Pas d'accord sur cette méthode, car si la TVA est recalculée sur la totalité de la facture, nulle part apparait la TVA déjà payée ( à 5.5%). En fait on ne doit au trésor public que la différence, et c'est cette différence qui doit apparaître sur la facture finale.

09/11/2011
 
Breizh
Pourtant votre facture finale reprend la totalité de la prestation et l'acompte vient en déduction.
Car vous ne pouvez pas délier l'acompte de la prestation totale.

09/11/2011
 
Lilas Rose
On s'y attendait à la hausse de la TVA.. Il faut bien qu'on rembourse la dette creusée par les gouvernements qui sont tout sauf des gestionnaires.
Il n'y a pas le feu à la cuisine non plus..Tant qu'on bosse et qu'on a des clients.. Pas question de monter les prix. Par contre cette mutuelle de branche,, quelle plaie, elle ne sert à rien! Ceux qui veulent une vraie mutuelle avec 1/3 payant, s'en prennent une bonne ailleurs que chez Mornay et ils cumulent deux mutuelles qui font plaisir à qui? Nous on en a pour 16 euros mois par salarié et les salariés de 16 euros aussi pour une couverture très insuffisante. C'est là dessus qu'il faudrait négocier, à mon sens.

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