L’ État au côté du Synhorcat dans son combat contre Expedia, Tripadvisor et Hotels.com
La direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) vient rejoindre la procédure engagée par le Synhorcat contre les pratiques de Tripadvisor, Expedia, et Hotels.com, sites d’opinion et de réservations d’hôtels. L’audience est reportée au 6 juillet.

Christophe Paluel-Marmont, président de la commission Europe au sein du Synhorcat.
Cela fait 4 ans que le Synhorcat a engagé le combat en France et avec le soutien actif de l’Hotrec au niveau européen contre les pratiques déloyales des sites de réservation en ligne. Faute de pouvoir obtenir à l’amiable un changement de comportement de ces sites, le Synhorcat a assigné en avril 2010 Tripadvisor, Expédia et Hotels.com., devant le tribunal de commerce de Paris.
Christophe Paluel-Marmont, président de la commission Europe au sein du Synhorcat, qui a porté ce dossier dans le cadre de l’Hotrec depuis le début déplore le mélange des genres entre ces sites d’opinion et de réservation conduisant à des pratiques commerciales déloyales. Il reproche notamment à ces sites d’afficher de fausses informations sur la disponibilité des chambres d’un hôtel et de l’afficher complet alors qu’il ne l’est pas. Autre grief : annoncer sur le site des super promotions pour attirer les internautes en utilisant le nom de l’hôtel et ce sans son accord.
Il est aussi reproché le remplacement avec la même police de caractères, du numéro de téléphone de l’hôtel par le numéro d’une centrale de réservations d’un distributeur si cet hôtel n’est pas sous contrat avec ce distributeur.
Une implication de la Fagiht et du ministère
De son côté, la Fagiht préfère privilégier la voie réglementaire. Pascal Droux, président des hôteliers de la Fagiht, réalise une étude dénommée ‘Les hôteliers ne seront pas entre leurs mains’ d’une cinquantaine de pages présentant un état des lieux de la réservation en ligne ainsi que sur les pratiques mises en place par ces sites. Dans ce document, il dénonce les relations commerciales déséquilibrées entre les hôteliers français indépendants et ces sites au profit de ces derniers. Mais il révèle aussi la diffusion d’informations fausses ou de nature à induire en erreur le consommateur, notamment sur la confusion entre les sites officiels des hôtels et celui de ces distributeurs, la disponibilité réelle des chambres… Cette étude transmise à Lionel Tardy, député de la Haute-Savoie a fait l’objet d’une question écrite au gouvernement. Au vu de ce document, Frédéric Lefebvre secrétaire d’État au Tourisme, déclenche en février 2011, une enquête de la DGCCRF au niveau national. Ces services viendront constater dans plusieurs établissements hôteliers la réalité des faits invoqués.
Alors que le tribunal de commerce était appelé à se prononcer sur le sujet vendredi 5 mai, l’audience a été reporté au 6 juillet afin de permettre à la DGCCRF de produire ses conclusions.
En effet, le secrétaire d’État au Tourisme, Frédéric Lefebvre, a décidé de poursuivre en justice certains de ces sites de réservations d’hôtels en justice. Il a donc demandé à la DGCCRF de saisir le tribunal de commerce de Paris et, dans un souci de rapidité et d’efficacité, de se joindre à la procédure déjà engagée par le Synhorcat.
Didier Chenet, président du Synhorcat souligne “combien une telle démarche est exceptionnelle de la part de l’État. Elle vient appuyer un dossier de qualité dans son combat pour plus de clarté en faveur des consommateurs et des professionnels de l’hôtellerie.”
Pour le Synhorcat, il ne s’agit pas de se battre contre le principe de ces sites de réservations et d’opinion, qui sont des compléments à leurs activités, mais il souhaite que les règles soient clarifiées. Transparence qui doit bénéficier autant aux internautes qu’aux hôteliers.