'Plats truffés' : Yves Thuriès
relaxé
Poursuivi
pour tromperie, pour avoir utilisé l'expression 'plats truffés' sans indication
de l'espèce, Yves Thuriès a été relaxé jeudi 6 mai. Il
a néanmoins annoncé qu'il fermait définitivement son restaurant du
Grand Écuyer à Cordes.

Yves Thuriès a plaidé la bonen foi. |
Le
président du tribunal correctionnel d'Albi l'a reconnu dans son délibéré
: "il n'existe aucun texte indiquant que la mention 'truffée' serait réservée
à la truffe noire ou à la truffe blanche." Il a conclu : "Pas
de texte, pas d'infraction."
Yves Thuriès s'est dit "soulagé",
tout en insistant sur le fait qu'avoir été poursuivi pour tromperie, "cela
fait très mal", selon ses propres mots. "Accablé et démoralisé",
il a annoncé qu'il fermait définitivement son restaurant du Grand Écuyer
à Cordes. "Les 25 salariés de l'établissement retrouveront d'autres
emplois", a-t-il souligné.
"Notre volonté de
tromper n'existe pas"
Yves Thuriès était
poursuivi pour tromperie suite à la visite inopinée au Grand Écuyer,
en juin 2009, d'agents de la Direction de la concurrence, de la consommation et
de la répression des fraudes. Les contrôleurs avaient relevé que,
sur un plat portant la mention "truffé", le cuisinier utilisait des
truffes blanches d'été d'origine française alors que seules les
truffes noires peuvent bénéficier de cette appellation,
avaient-ils indiqué. Le plat en litige s'intitulait 'Poitrine de veau farcie
et truffée, braisée en cocotte, lard paysan et noix de cajou'.
À la barre, Yves Thuriès, deux fois
Meilleur ouvrier de France, propriétaire de plusieurs restaurants, a plaidé
sa bonne foi tandis que son avocat, Me Philippe Pressecq, a demandé
la relaxe en affirmant qu'il n'existait aucune réglementation : "Notre volonté
de tromper n'existe pas."
À la lecture du délibéré,
l'assistance, composée de cuisiniers, dont plusieurs Meilleurs ouvriers de
France (MOF), a applaudi.
Bernard Degioanni