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Pas d'échappatoire à la redevance Sacem pour les hôteliers
Bien qu'occupant les chambres à titre privé, les clients d'un hôtel sont considérés comme un public et la communication d'une oeuvre opérée au moyen d'appareils de télévision constitue un acte de communication au public au sens de l'article 3, paragraphe 1, de la directive 2001/29/CE du Parlement européen et du Conseil, du 22 mai 2001. Conséquence directe : la communication des programmes audiovisuels de télédiffusion contenant des oeuvres musicales soumises à autorisation, les hôtels sont tenus de payer à la Sacem (au bénéfice final des auteurs) les redevances y afférentes. Une jurisprudence claire et
définitive Malgré cette jurisprudence claire, la Cour de cassation a estimé nécessaire de rappeler, en début d'année, la position nationale et la position communautaire dans un arrêt du 14 janvier 2010 : les hôteliers doivent s'acquitter de la redevance auprès de la Sacem et tout recours devant les tribunaux sur cette question est inutile. Les magistrats ont choisi de diffuser largement cette décision : elle a été adoptée par la formation plénière de la 1ere chambre civile de la Cour de cassation, et cette dernière a, de plus, décidé de publier cette décision dans son bulletin d'information bimensuel et sur son site internet, la rendant visible à un maximum de lecteurs. Quelles démarches doivent
entreprendre les hôteliers pour être en conformité avec
la réglementation ? À titre d'exemple, un hôtel de 100 chambres équipées chacune d'un poste de télévision versera en moyenne 805 E HT s'il s'agit d'un 2 étoiles, 955 E HT s'il s'agit d'un 3 étoiles, 1 120 E HT s'il s'agit d'un 4 étoiles. Suite à la détermination du montant de la redevance annuelle, l'hôtel conclut un contrat annuel avec la Sacem et en accord avec cette dernière, la fréquence des versements pourra être mensuelle, trimestrielle ou annuelle. Des sanctions dissuasives Dans le cadre d'une action civile, la juridiction prend notamment en considération, pour calculer le montant de la condamnation, le montant de la redevance qu'aurait dû verser l'hôtel à la Sacem et la durée pendant laquelle celui-ci a illicitement diffusé des oeuvres, majorée le cas échéant d'un préjudice moral qu'auront pu subir les titulaires de droits. Une action pénale est également ouverte aux titulaires de droits et à la Sacem, car la contrefaçon caractérise un délit. En l'espèce, il s'agit de contrefaçon de droits d'auteur, relevant de l'article L.335-3 du code de la propriété intellectuelle, prévoyant une peine de 3 ans de prison et 300 000 E d'amende. Delphine Brunet-Stoclet (avocat associée chez SBKG & associés)
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