Tempête Xynthia : la conduite à tenir pour
se faire indemniser
Face aux dégâts semés par la tempête, les
sinistrés se heurtent à une foule de questions : vers qui se tourner ? Quelles
démarches effectuer auprès des assurances ? Quel est l'intérêt de voir sa
commune reconnue en état de catastrophe naturelle ? Tour d'horizon.
Dès le 26 février, les services de Météo
France diffusaient un bulletin d'alerte afin de placer quatre départements en
vigilance rouge : la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, la Vendée et la Vienne.
L'institut météorologique avait prévu une "tempête d'une ampleur et d'une
intensité peu communes qui nécessite une vigilance particulière, même si cette
tempête devrait être moins forte que celle de décembre 1999". Mais personne
n'aurait pu imaginer que, quelques heures plus tard, la tempête balayerait les
côtes avec des vents allant jusqu'à 160 km/h, et que la mer agitée franchirait
digues et rochers en inondant de nombreuses habitations. L'onde de choc
provoquée par cette tempête a aussitôt entraîné une mobilisation sans précédent
des pouvoirs publics, des services de l'État, de nombreux particuliers, mais
aussi des assurances. D'ailleurs, tous les contrats d'assurance de biens (qu'ils
soient multirisques habitation, ou multirisques entreprise) comportent
obligatoirement une garantie prenant en charge les dégâts occasionnés en cas de
tempête. En effet, à partir du moment où vous bénéficiez d'un contrat
d'assurance incendie ou d'un contrat multirisques avec chapitres incendie, la
garantie tempête doit obligatoirement y figurer. Celle-ci couvre les dommages
causés par le vent (chute d'arbre, toit endommagé ou arraché, mobilier détérioré
par la pluie suite à un dommage dans la toiture). Par contre, la déclaration de
catastrophe naturelle est nécessaire pour les dégâts causés par des évènements
naturels d'une intensité anormale non assurables comme les inondations et
coulées de boue, inondations et chocs mécaniques liés à l'action des vagues.
Mise en oeuvre de la garantie contractuelle
'tempêtes'
Pour faire fonctionner la garantie tempête, il faut que celle-ci ait été
d'une certaine intensité, c'est-à-dire que le vent ait soufflé à plus de 100
km/h, ce qui fut largement le cas avec la tempête Xynthia. Afin d'aider les
sinistrés, la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) s'est engagée
à ce que l'attestation de vitesse du vent ne soit pas réclamée aux assurées.
Même si le vent n'a pas atteint cette vitesse dans votre commune, vous avez
aussi le droit d'être indemnisé au titre de la garantie tempête si d'autres
bâtiments dans les environs ont subi des dommages. Votre assurance prendra en
charge les dommages matériels directement causés par la tempête. Par contre,
l'assureur appliquera un coefficient de vétusté aux parties de bâtiment
endommagées qui n'auront pas été refaites récemment.
Seront aussi pris en charge les dommages causés par le vent et par la pluie
pénétrant à l'intérieur du bâtiment par les ouvertures résultant de la tempête
(toitures endommagées, infiltrations d'eau consécutives à l'envol de tuiles…).
Tous les dommages ne sont pas couverts
Les clauses tempête d'un contrat d'assurance excluent la plupart du temps
les sinistres suivants :
• les bris de clôtures ;
• les arbres et les plantations ;
• les bâtiments construits ou couverts en matériaux légers ;
• les bâches extérieures, les stores, volets, persiennes et antennes de
télévision ;
• les vitrages, marquises et vérandas, sauf si une clause 'bris de glace' est
prévue dans votre contrat d'assurance.
En revanche, seules les entreprises ayant souscrit une garantie 'perte
d'exploitation' se verront rembourser des frais occasionnés pendant
l'interruption de leur activité.
Quel est le délai pour être indemnisé ?
En matière de délai de règlement, l'assureur n'est tenu que par les termes
du contrat qui vous lie avec lui. Mais compte tenu du nombre et de l'ampleur des
sinistres, la profession des assureurs s'est engagée à mobiliser ses moyens
humains et logistiques afin d'indemniser tous les dommages jusqu'à 2 000 E d'ici
à trois mois.
Une franchise reste à votre charge
Vous devrez acquitter une franchise qui dépendra, là encore, des termes de
votre contrat. Elle est en général égale à 20 % de la valeur des dommages.
Mise en oeuvre de l'état de catastrophe
naturelle
Dans les communes décrétées en état de catastrophe naturelle, les dommages
provoqués par les inondations sont pris en charge au titre de la garantie
catastrophe naturelle. Tous les contrats d'assurance de biens (multirisques
habitation, multirisques entreprise…) comportent obligatoirement cette garantie.
Dès le 1er mars, Christine Lagarde, Brice Hortefeux et Eric Woerth signaient
l'arrêté portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle suite à la
tempête Xynthia. L'arrêté ministériel publié dès le lendemain concerne toutes
les communes de Charente-Maritime et de Vendée au titre des inondations, coulées
de boue, mouvements de terrain et chocs mécaniques liés à l'action des vagues ;
toutes les communes des Deux-Sèvres et de la Vienne au titre des inondations,
coulées de boue et mouvements de terrain. Cet arrêté retient tous les
départements ayant fait l'objet d'une vigilance rouge.
Cependant, le Gouvernement précise que les procédures de reconnaissance de
l'état de catastrophe naturelle ne se limiteront pas à ces quatre départements.
Il appartient au maire des communes sinistrées de déposer une demande de
reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.
Dans quel délai doit-on faire sa
déclaration ?
Le délai pour déclarer le sinistre aux assureurs commence à courir à partir
de la date de publication de l'arrêté, soit à compter du 2 mars. À partir de
cette date, l'assuré dispose de dix jours ouvrés pour faire sa déclaration. Mais
Christine Lagarde, ministre de l'Économie, a décidé d'allonger ce délai à trente
jours, jusqu'au 31 mars 2010.
Un délai d'indemnisation plus court
La loi impose que l'indemnisation soit réalisée dans les trois mois à partir
du moment où est fourni l'état déclaratif des biens endommagés. Mais en raison
de l'engagement pris par la profession, même les assurés mettant en oeuvre la
garantie tempête bénéficieront de ce délai.
Les sociétés membres de la FFSA s'engagent sur les mesures suivantes :
• les délais de déclaration de sinistres sont prolongés jusqu'au 31 mars, au
lieu des cinq ou dix jours contractuellement ou légalement prévus ;
• les déclarations de dommages pourront être faites par tout moyen ;
• l'attestation de vitesse du vent ne sera pas réclamée aux assurés ;
• une convention entre assureurs sera établie pour éviter les procédures
judiciaires longues, lorsque les dommages subis sont causés par un tiers
responsable.
Mais toujours une franchise
Bien entendu, une franchise est une fois de plus prévue. Celle-ci s'élève à
380 E pour les biens à usage privé (maison, voiture…) et à 10 % du montant des
dommages avec un minimum de 1 140 E pour les biens à usage professionnel
(commerce, entreprise). Dans ce dernier cas, lorsque la franchise prévue par le
contrat est supérieure, c'est celle-ci qui sera appliquée. En outre, ces
franchises peuvent être plus élevés en cas d'absence de plan de prévention des
risques (PRP).
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Les sociétés membres de la FFSA s’engagent sur
les mesures suivantes
- Les délais de déclaration de sinistres sont prolongés jusqu’au 31 mars, au
lieu des 5 ou 10 jours contractuellement ou légalement prévus ;
- Les déclarations de dommages pourront être faites par tout moyen ;
- L’attestation de vitesse du vent ne sera pas réclamée aux assurés, les
assureurs se chargeant d’obtenir les documents nécessaires directement auprès de
Météo France ;
- Une convention entre assureurs sera établie pour éviter les procédures
judiciaires longues, lorsque les dommages subis sont causés par un tiers
responsable.
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