Préparez-vous
aux règles de sécurité incendie et au classement hôtelier
Le Synhorcat a convié ses adhérents à une réunion
d'information sur la mise en conformité des hôtels de 5e catégorie
aux règles de sécurité incendie et ses répercussions au niveau
du bail commercial. Sans oublier de présenter la nouvelle classification hôtelière.
Comme
le rappelait l'intitulé de cette réunion d'information : 'Aujourd'hui,
c'est déjà demain'. Tous les établissements hôteliers de
5e catégorie, c'est-à-dire ceux dont la capacité d'accueil
est inférieure à 100 personnes, doivent se mettre en conformité
aux prescriptions de l'arrêté du 24 juillet 2006, et ce, avant le 4 août
2011. C'est-à-dire demain ou presque : il reste tout juste un an aux hôteliers
pour effectuer ces travaux de mise aux normes.
Michelle Lepoutre, présidente de la
commission juridique et fiscale du Synhorcat et hôtelière en activité,
vient rappeler les obligations de mise en conformité qui incombent aux hôteliers
et surtout leur donner des conseils afin de mieux appréhender ce dossier. En
préambule, elle rappelle que "les textes remontent à 2006. Au début,
les hôteliers n'ont pas très bien vu les implications et se sont dit
que cinq ans, c'était loin. Mais la date butoir de l'application de ces textes
est pour le 4 août 2011. En conséquence, il reste très peu de temps,
surtout quand on connaît les délais nécessaires pour monter un dossier
de travaux." Effrayés par l'ampleur et le coût des travaux, beaucoup
de professionnels ont pratiqué la politique de l'autruche face à ces
nouvelles contraintes, espérant un hypothétique report de l'application
de l'arrêté de 2006. Comme le précise Michelle Lepoutre, "il
y a des problèmes insurmontables, mais il y a aussi des choses faciles qu'il
ne faut surtout pas négliger. Rien n'irrite plus une commission de sécurité
que d'arriver dans un établissement et de constater que les choses faciles,
qui en outre ne coûtent pas cher, n'ont pas été faites."
Les normes de sécurité incendie
Première mesure qui
doit être mise en place : tenir un registre de sécurité incendie
impeccable, c'est-à-dire mis régulièrement à jour et contenant
tous les rapports, contrôles et procès-verbaux. Un tiers des hôteliers
ne respecte pas cette obligation, alors qu'il s'agit d'un outil essentiel de la
mise en sécurité d'un établissement. Dans la même lignée,
vérifiez que vos consignes incendie sont conformes aux prescriptions de l'arrêté
de 2006. Elles doivent être rédigées en français et dans
les langues étrangères les plus fréquemment pratiquées dans
l'établissement, illustrées par des dessins pour être comprises
par tous. Sont ensuite présentées une seconde série de mesures plus
coûteuses mais aisément réalisables : les portes de tous les locaux
sauf celles des toilettes et salles de bains doivent être coupe-feu une demi-heure
et munies d'un ferme-porte. Également, la mise sous détection des locaux
techniques qui peuvent être dangereux, c'est-à-dire la bagagerie, la
lingerie, les locaux de stockage des linges mais aussi les caves. Enfin, dernier
volet, qui cette fois coûte très cher, et peut être très difficile
voire impossible à mettre aux normes : l'escalier. La règle générale
prévoit qu'au-dessus de 50 personnes, il faut théoriquement 2 escaliers
ou un escalier unique encloisonné. "C'est une des prescriptions contre laquelle
nous nous sommes énormément battus", précise Michelle Lepoutre
qui tient à ajouter : "Cette réglementation a pour objectif d'encloisonner
l'escalier unique ; les exceptions
seront rarissimes." En conclusion, Michelle Lepoutre précise que, selon son
expérience, il est indispensable de bien préparer son dossier en amont
et qu'il est toujours possible de trouver des solutions avec la commission de sécurité
à condition de ne pas attendre le dernier moment.
Classement hôtelier
: échéance
en 2012
Le nouveau classement hôtelier
est présenté par Laurent Gardinier, président des hôtels
de prestige du Synhorcat et propriétaire de l'hôtel des Crayères
à Reims (51), classé 5 étoiles. Laurent Gardinier, tient à
rappelle que le classement d'un hôtel relève du choix personnel de l'exploitant.
Ici, la date butoir est fixée au 21 juillet 2012. Au-delà de cette date,
soit les hôtels auront procédé à leur nouveau classement
soit ils ne pourront plus utiliser leur classement actuel. Par conséquent,
ils devront retirer le panonceau bleu avec leurs étoiles de la façade
de leur établissement. Désormais, ce sont des organismes privés
accrédités par le Cofrac (une liste régulièrement actualisée
est disponible sur le site www.atout-france.fr ) qui procèdent aux visites
des établissements souhaitant postuler à ce nouveau classement. Le 1er
juin 2010, 19 cabinets de contrôle ont obtenu le précieux sésame.
La visite de contrôle
effectuée par l'un des ces cabinets est payante et à la charge de l'hôtelier.
Pour la déclencher, l'hôtelier doit au préalable effectuer un autodiagnostic
de son établissement lui permettant de faire le point. L'hôtelier peut
désormais remplir son autodiagnostic en ligne sur le site d'Atout France.
"Nous vous engageons à entamer
ce processus relativement tôt, même s'il vous reste encore deux ans.
N'attendez pas la dernière minute pour le faire", recommande Laurent Gardinier
qui donne ensuite quelques conseils pour gagner des points permettant d'accéder
à une catégorie donnée. Parmi les mesures peu connues, la formation
du personnel au développement durable. Formation d'une journée qui est
désormais proposée par l'Asforest sous l'intitulé 'Avoir une démarche
éco-responsable au sein de votre établissement' et traitant de sujets
tels que : 'Qu'est-ce que le développement durable ?', 'La gestion des déchets,
de l'énergie, de l'eau'…
Qui doit payer les travaux de mise aux normes ?
Après avoir mentionné
toutes les nouvelles mises aux normes qui pèsent sur les hôteliers, vient
le délicat sujet de la prise en charge de ces travaux et, plus précisément,
la question de savoir qui doit les payer. Sont-ils à la charge du propriétaire
ou de son locataire ? La réponse dépend non seulement de la nature des
travaux, mais surtout des clauses du bail. Samuel Guillaume, avocat au barreau
de Paris et spécialiste en baux commerciaux, vient dégager quelques solutions
dans ce maquis de jurisprudences afin de permettre aux hôteliers de s'y retrouver.
Dans le cadre d'un bail commercial, rappelle-t-il, il est tout à fait possible
de prévoir dans le contrat le transfert sur le locataire des charges incombant
normalement au propriétaire. Un bail peut donc très bien prévoir,
par exemple, que les grosses réparations de l'article 606 du code civil, les
assurances, les impôts fonciers, la recherche d'amiante, le désamiantage…
sont à la charge du locataire.
En matière de travaux imposés
par l'administration, le principe est simple : ils sont à la charge du propriétaire.
Cela relève de son obligation de délivrance de la chose qui a été
louée. Obligation qui pèse sur le propriétaire non seulement lors
de la remise des clés mais aussi en cours de bail : il doit entretenir la chose
à l'usage pour lequel elle a été louée. Qu'il s'agisse de
travaux initiaux ou de travaux imposés en cours de contrat en raison de l'évolution
de la réglementation, ils sont donc à la charge du propriétaire.
Cependant, le propriétaire peut
se décharger de cette obligation en la transférant au locataire dans le
bail par une clause expresse et précise visant ces travaux. De nombreux baux
hôteliers récents (ayant intégré toutes les évolutions
jurisprudentielles sur le sujet) sont rédigés de façon suffisamment
claire et précise et mettent toutes les charges et réparations sur le
locataire, y compris les travaux de mise aux normes. Mais le plus souvent, soit
le contrat de bail est silencieux sur cette question, soit la clause portant sur
ces travaux de mise aux normes n'est pas suffisamment précise pour la transférer
aux locataires. Dans tous les cas, pour savoir à qui incombent ces travaux
imposés par l'autorité administrative, il faut donc pour chaque bail se
référer aux clauses et conditions prévues. L'avocat propose quelques
exemples de clauses qui peuvent être mentionnées dans un bail. Ainsi,
une clause qui met à la charge de l'hôtelier "toutes les réparations,
y compris celles relevant de l'article 606 du code civil" ne permet pas de viser
les travaux imposés par l'administration qui restent à la charge du
propriétaire. Idem pour la clause qui met à la charge du locataire "toutes
les transformations et réparations nécessitées par l'exercice de
son activité, devant se conformer aux prescriptions de tous règlements,
notamment sanitaires, et veiller à toutes les règles d'hygiène
et de salubrité". Tout comme la clause habituelle prévoyant que "le
locataire doit prendre les locaux en l'état, sans pouvoir exiger du bailleur
(propriétaire) aucune espèce de réparation", ne met pas
non plus les travaux de mise en conformité à la charge du locataire.
Samuel Guillaume souligne enfin : "En toute hypothèse, sachez que les clauses
ambiguës d'un bail doivent toujours s'interpréter en faveur du locataire."
Pour conclure ces débats, Christophe Paluel-Marmont, président
de la commission Europe au sein du Synhorcat vient présenter l'action judiciaire
engagée par son organisation professionnelle contre Tripadvisor, premier site
d'opinion sur internet, pour informations mensongères et pratiques commerciales
déloyales.
Les consignes de sécurité incendie
Pour être conformes aux prescriptions
de l'arrêté du 24 juillet 2006, les consignes de sécurité
incendie affichées dans toutes vos chambres doivent être rédigées
en français et complétées par une bande dessinée illustrant
les consignes. Vous pouvez la compléter avec une traduction dans les langues
les plus usitées par votre clientèle.
Vous pouvez vous procurer ces consignes auprès :
du CNPP (Centre
national de prévention et de protection) Tél. : 02 32 53 64 34
www.cnpp.com
de Savoie plan incendie Tél.
: 06 70 32 63 60
www.savoie-plan-incendie.com
|
Les
textes de références pour la sécurité incendie des hôtels
de 5e catégorie
Arrêté du 24 juillet 2006
portant approbation de diverses dispositions complétant et modifiant le règlement
de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements
recevant du public (petits hôtels) ;
Circulaire du 1er février 2007 relative
à la sécurité contre l'incendie dans les petits hôtels.