Hervé Novelli
conclut à un bilan positif à mi-parcours
Pour le 1er anniversaire de la baisse
de TVA en restauration, le secrétaire d'État au Tourisme a réuni
les membres du comité de suivi puis la presse afin de présenter le bilan
sur l'ensemble des contreparties réalisées par la profession. Il met en
avant l'effet TVA en matière de créations d'emploi, de rémunérations
et de dynamisation du secteur.

Conférence
de presse du secrétaire d'État au Tourisme Hervé Novelli à Bercy.
|
Lors
de sa conférence de presse, Hervé Novelli a tenu avant toute chose
à rappeler qu'il s'agissait d'un bilan à mi-parcours du contrat d'avenir.
Ce bilan est positif, démontre-t-il, même si les objectifs en
matière
de prix n'ont été que partiellement atteints. Mais, en matière d'emploi
et de mesures sociales, le secrétaire d'État conclut à un 'carton'
réalisé par les professionnels. Le secteur de la restauration est celui
qui a connu la plus forte progression avec 21 000 créations nettes d'emplois.
Sans oublier que l'effet TVA a permis aussi d'inverser la tendance en matière
de faillites d'entreprise.
Il ne suffit pas au secrétaire
d'État au Tourisme de présenter ces bons résultats, il lui faut
aussi répondre aux critiques largement diffusées dans la presse sur le
coût de la mesure et les objectifs qui ne seraient pas atteints par la profession.
Hervé Novelli tient à remettre
les pendules à l'heure : "Je voudrais faire une mise au point par rapport
à des chiffres que je vois fleurir et qui sont fantaisistes. Le coût
net de cette mesure pour l'État est de 2,4 milliards d'euros par an, déduction
faite des 600 000 E annuels d'allègement de cotisations sociales (prime
Sarkozy) qui ont disparu dès la mise en application de ce taux réduit.
À cette somme il faut aussi retrancher toutes les activités de restauration
qui ne sont pas concernées par ce contrat d'avenir, à savoir les points
de restauration dans les supermarchés, les casinos… Au final, le coût
de la mesure qui engage les signataires ne représente que 2 milliards d'euros.
Et je ne prends pas en compte les effets indus, avec l'augmentation des cotisations
sociales dues aux embauches supplémentaires, et l'augmentation de l'impôt
sur les sociétés."
21 700 emplois supplémentaires
créés
À la date anniversaire
de la signature du contrat d'avenir, le 28 avril dernier, Hervé Novelli avait
présenté un premier bilan en termes de créations d'emploi. Aussitôt,
la presse s'était déchaînée en contestant ces bons résultats,
arguant que la profession n'avait pas respecté son engagement en la matière
et que les chiffres présentés correspondaient pour une grande partie au
rythme habituel de recrutement dans la profession.
Mais, comme le rappelle Hervé
Novelli, il faut tenir compte de l'évolution de l'emploi avant la mise en place
du taux réduit et surtout d'une forte dégradation de l'emploi avec la
crise économique.
Si de 2002 à 2007, les CHR ont
connu une évolution dynamique avec une tendance annuelle de 18 000 créations
d'emplois par an, en 2008, la profession a perdu 7 000 emplois. Début 2009,
cette tendance s'accentue avec 7 000 destructions pour le seul premier semestre.
"Mais, à partir de juillet
2009, on observe un effet TVA incontestable sur l'emploi, précise le ministre
qui ajoute : Alors que le secteur marchand dans son ensemble souffre (- 0,4
% d'emplois en neuf mois), le secteur CHR connaît une croissance de l'emploi
de 2,4 %, soit 21 700 emplois supplémentaires pour la période du 1er
juillet 2009 au 31 mars 2010. Il s'agit de la meilleure performance en terme d'embauche
depuis 2002."
Il tient aussi à rectifier certaines
informations erronées parues dans la presse en précisant que ces chiffres
n'intègrent pas les intérimaires.
La dernière enquête 'Besoins
de main d'Ïuvre 2010' publiée le 13 avril par Pôle emploi a conclu que
le secteur de l'hôtellerie-restauration serait le premier recruteur national
en 2010. Tendance confirmée par le dernier baromètre
d'Atout
France qui déclare que 34 % des restaurateurs envisagent de recruter du personnel
permanent dans les douze prochains mois, contre 22 % l'an dernier à la même
époque.
Renouer le dialogue social
Hervé Novelli rappelle
que le dialogue social était peu fécond dans la branche, marqué par
l'absence d'accord majeur depuis juillet 2007 et une grille de salaire qui n'avait
pas bougé malgré 4 réévaluations successives du smic. La signature
de l'accord social du 15 décembre 2009 et applicable à compter du 1er
mars constitue un autre effet positif de la baisse de TVA. Cet accord a été
qualifié d'historique car signé par l'ensemble des 5 syndicats de
salariés et 3 organisations patronales. Il a instauré une hausse moyenne
de la grille de salaire de 5,5 %, avec un taux minimum fixé à 8,92 E
, qui se décroche par conséquent du smic (8,86 E). L'accord a permis la
création d'une prime TVA pérenne, égale à 2 % du salaire annuel
brut avec un plafond de 500 E, l'instauration de deux jours fériés supplémentaires,
qui permettent aux salariés du secteur d'accéder au régime de droit
commun des jours fériés, et la mise en place d'une
mutuelle frais de santé pour le 1er janvier 2011.
Concrètement, cela représente pour un
salarié au smic à temps complet travaillant dans un restaurant, une
augmentation de sa rémunération de plus de 600 E par an (prime + revalorisation
du salaire).

Un effet aussi sur les prix
Il s'agit d'une des mesures
les plus décriées par la presse, qui reproche à la profession le
non-respect de son engagement et lui a valu une très mauvaise couverture médiatique.
Si le secrétaire d'État a reconnu que l'objectif sur les prix a été
partiellement atteint, il a toutefois tenu à relativiser ces chiffres et
à démontrer qu'en matière de prix il y avait eu aussi un avant
et un après TVA.
Depuis les années 1970,
l'indice des prix dans les CHR était structurellement supérieur à
l'indice général des prix. Au second trimestre 2009, les prix dans les
cafés-restaurants enregistrent un recul de 1,35 % (l'objectif était
d'atteindre 3 %), dans le même temps l'économie globale enregistre une
quasi-stagnation des prix avec une légère hausse de 0,35 %. Deux tiers
des établissements ont pratiqué des baisses de prix, mais moins d'un établissement
sur deux a respecté la totalité des engagements du contrat d'avenir en
la matière.
Hervé Novelli considère que
si l'on tient compte de cette tendance, l'impact réel de la baisse de TVA peut
être estimé à 2,5 %, c'est-à-dire en considérant à
la fois la baisse des prix et l'absence d'augmentation des prix qui aurait dû
se produire.
Mais surtout, pour la première
fois, au premier semestre 2010, alors que l'inflation repart avec un indice des
prix en hausse de 1,3 % entre janvier et mai, les prix dans les
CHR
sont inférieurs à cette évolution avec une hausse de seulement
0,3 %.
Limiter les défaillances
d'entreprises
Entre le début de la
crise à l'automne 2008 et l'été 2009, les défaillances d'entreprises
du secteur des HCR explose, avec un pic au printemps 2009. Cette hausse atteint
30 %, soit le double de la hausse rencontrée dans le reste de l'économie,
avec 16 %. Depuis septembre 2009, le nombre de défaillances d'entreprises a
reculé de 17 % contre 14 % dans le reste de l'économie.
Parallèlement, depuis onze
mois, les créations d'entreprises ont augmenté plus fortement dans la
restauration que dans le reste de l'économie.
Quant à la formation, le secrétaire
d'Etat ne s'est pas étendu sur le sujet dans la mesure où il est encore
un peu tôt pour faire véritablement un bilan. Toutefois, il a constaté
que le nombre de contrats de professionnalisation avait doublé entre le 1er
et le 2e trimestre 2010. En septembre 2009, les contrats d'apprentissage
sont en hausse de 6,7 %. Il est toutefois trop tôt pour imputer cette augmentation
à l'effet TVA, mais il faudra suivre les rentrées 2010 et 2011.
En revanche, la formation continue
des salariés a enregistré une forte hausse sur l'année 2009 (+ 7,9
%), ce qui représente 169 000 salariés formés.
En conclusion, Hervé Novelli a
rappelé son attachement au titre de Maître restaurateur, seul titre décerné
par les pouvoirs publics. Alors qu'il a remis récemment le 1 000e
titre, il estime que l'objectif des 3 000 Maîtres restaurateurs devrait être
atteint d'ici à 2012.
|
L'unité
des organisations patronales pour promouvoir le secteur

Les
représentants des organisations professionnelles : (de gauche à droite)
Claude Daumas (Fagiht), Jacques Barré (GNC), Didier Chenet
(Synhorcat), Philippe Villalon (Umih), Philippe Labbé (SNRTC)
et Gérard Guy (CPIH). |
Les représentants des organisations professionnelles de la
restauration signataires du contrat d'avenir ont exposé, d'une seule voix,
les enjeux du secteur de la restauration. Temps fort de cette présentation,
les résultats d'une étude de TNS Sofres sur le secteur de la restauration
et l'annonce du lancement d'une grande campagne de communication pour valoriser
la restauration et ses métiers.
Selon l'étude TNS Sofres 'Regards croisés sur le secteur
de la restauration' réalisée auprès du grand public et des professionnels
(employeurs comme salariés), il ressort que le secteur de la restauration bénéficie
d'une bonne image globale. 92 % des salariés de la restauration sont satisfaits
de leur métier, et 71 % sont optimistes pour leur avenir professionnel. 81
% des Français ont une bonne image du
secteur.
Ce taux monte à 95 % pour les restaurants qu'ils fréquentent. Mais cette
image reste fragile, car 9 % seulement des Français déclarent avoir
une très bonne image
de la restauration (avis partagé par 17 % des employeurs et des salariés).
Ce qui est perçu négativement : les conditions de travail et la rémunération.
35 % du grand public considère que les patrons traitent bien leurs salariés
(pour 76 % chez les salariés et 68 % chez les patrons). Le grand public estime
à 35 % également que la situation des salariés s'améliore,
alors 59 % des salariés ont cet avis et 65 % des employeurs. Quant à
savoir si la restauration est un secteur où les salariés sont bien payés,
il n'y a plus que 17 % de réponses positives (42 % pour les salariés et
32 % pour les patrons).
À la lecture de cette étude, il se dégage un
consensus sur l'ouverture et le professionnalisme du secteur, mais, dans l'esprit
du grand public en particulier, il demeure une image négative cristallisée
sur les questions sociales. Les
organisations professionnelles ont décidé de se mobiliser pour communiquer
d'une seule voix afin de valoriser les atouts du secteur auprès des jeunes,
et plus largement auprès de l'ensemble des Français. Elles ont adopté
une signature commune sous le nom 'La restauration, le goût en mouvement'.
Cette signature se veut le symbole de l'unité de la profession. Pour aller
plus loin, les organisations professionnelles ont aussi annoncé le lancement,
à la rentrée 2010, d'une campagne de communication à destination
du grand public afin d'expliquer et de valoriser la restauration et ses métiers.
|