La loi de modernisation du tourisme du 22 juillet 2009 a instauré
une contribution annuelle de 0,12 % sur la vente des produits alimentaires.
Une instruction fiscale publiée le 5 mai 2010 définit les contours de
cette taxe, mais accorde surtout un délai supplémentaire aux professionnels
pour en faire la déclaration.
L'article
22 de la loi de développement et de modernisation des services touristiques
du 22 juillet 2009 a étendu l'application du taux réduit de TVA au secteur
de la restauration. Parallèlement, il a institué à titre temporaire,
pour une période de trois ans, une contribution annuelle sur les ventes de
produits alimentaires afin de financer le fonds de modernisation de la restauration
(FMR). Ce fonds, géré par Oséo, est destiné à aider les
professionnels de la restauration à rénover leur établissement
en leur permettant d'obtenir, sans garantie ni caution personnelle, un prêt
préférentiel d'un montant compris entre 30 000 E et 120 000 E (représentant
50 % d'un crédit bancaire associé) avec une durée de remboursement
sur 5 ans et un différé d'amortissement du capital de 12 mois.
Les établissements concernés
Cette contribution est due
par les personnes exploitant en France métropolitaine (France continentale
et Corse) :
des établissements
d'hébergement ;
des établissements qui
réalisent des ventes à consommer sur place de produits alimentaires
et dont l'activité principale est constituée par la vente de produits
alimentaires à consommer sur place et à emporter, à l'exception
des cantines d'entreprises.
Les établissements situés
dans les DOM ne sont pas concernés par cette nouvelle taxe.
Cette instruction fiscale donne des
exemples de la catégorie d'établissements concernés par cette contribution.
Pour l'hébergement, sont visés : les hôtels, les villages de vacances
classés ou agréés, les maisons familiales de vacances, les terrains
de camping, les foyers-hôtels, les pensions de famille, les résidences
de tourisme classées, les villages résidentiels de tourisme.
Quant aux établissements de restauration,
le document précise que sont concernés les restaurants traditionnels et
rapides, mais aussi les cafétérias, les traiteurs avec service à
table, bars, cafés…
La base d'imposition
La base d'imposition de
cette contribution est constituée par le montant hors taxe sur la valeur ajoutée
des sommes encaissées en rémunération des ventes de produits alimentaires
à consommer sur place ou à emporter. En résumé, il s'agit
du chiffre d'affaires hors taxe. Nous vous rappelons que c'est l'intégralité
du chiffre d'affaires du restaurateur qui doit être prise en compte, c'est-à-dire
non seulement la vente des produits solides et liquides, mais aussi celle des boissons
alcoolisées.
Pour les hôtels pratiquant
des prix forfaitaires au titre de la pension ou demi-pension, cette circulaire précise
qu'il appartient au redevable de déterminer la part des recettes correspondant
aux ventes à consommer sur place, de manière simple et économiquement
réaliste, sous sa propre responsabilité et sous réserve du droit
de contrôle de l'administration. À défaut, l'hôtelier peut
utiliser la règle qu'il pratiquait avant l'instauration du taux réduit
de TVA dans la restauration dans le cadre du régime de la pension et demi-pension
: il prend en compte un quart du montant des sommes encaissées au titre de
la pension ou demi-pension (les trois quarts restants pour l'hébergement ne
rentrent pas en compte dans la base d'imposition de cette taxe).
Comment
calculer cette taxe ?
Elle est calculée sur
la fraction du chiffre d'affaires annuel réalisé au cours du dernier exercice
clos au titre de l'ensemble des ventes de produits alimentaires supérieures
à 200 000 E HT à laquelle est appliquée un taux de 0,12 %.
Exemple : un restaurateur
exploite un établissement dont le montant des encaissements taxables réalisés
en 2010 s'élève à 4 000 000 E.
Au titre de l'année 2010, la taxe
due est de 3,8 M E x 0,12 % = 4 560 E.
Cependant,
nous vous rappelons que pour l'année 2009, la loi ne prévoit pas de réduction
du seuil de 200 000 E au prorata du temps de la période concernée par
la taxe. C'est donc uniquement sur la base du second semestre 2009 que l'on apprécie
ce seuil. Ce qui va permettre à davantage d'entreprises d'échapper à
cette contribution pour l'année 2009.
Si l'on prend le cas d'un restaurant dont
l'exercice comptable correspond à l'année civile et qui a réalisé
au cours de ce second semestre 2009, un chiffre d'affaires HT inférieur à
200 000 E, celui-ci ne sera pas soumis à cette contribution au titre de l'année
2009. En revanche, si ce même restaurant a réalisé, au cours du
2e trimestre 2009, une chiffre d'affaires de 250 000 E hors TVA, il sera
soumis à cette contribution sur la fraction qui excède 200 000 E, soit
50 000 E. Cela représente une contribution d'un montant de 60 E (50 000 x 0,12
% = 60).
Un délai supplémentaire
pour faire votre déclaration
L'instruction fiscale rappelle
que cette contribution est recouvrée et contrôlée selon les mêmes
procédures et sous les mêmes sanctions, garanties, sûretés
et privilèges, que la TVA. En sachant que cette contribution n'est pas due
lorsque son montant est inférieur à 50 E (c'est-à-dire quand
le chiffre d'affaires ne dépasse pas 241 650 E HT).
Exceptionnellement, au titre
de l'exercice clos en 2009, les redevables de cette taxe bénéficient d'un
délai supplémentaire pour liquider leur contribution, selon les modalités
rappelées par cette instruction, comme suit.
Pour les redevables relevant du régime
réel normal :
Ces derniers procèdent à la liquidation
de la contribution due au titre du dernier exercice clos, lors du dépôt
de leur déclaration de TVA du mois de mars ou du premier trimestre de l'année
civile.
Toutefois, au titre de l'exercice clos
en 2009, un report d'un mois leur est accordé pour liquider cette contribution.
Dès lors, les redevables soumis à des obligations mensuelles procéderont
à la liquidation de la contribution sur l'imprimé n° 3310 A annexé
à la déclaration du mois d'avril 2010, déposée en mai 2010.
Les redevables soumis à des
obligations trimestrielles procéderont à la liquidation de la contribution
par le dépôt d'une déclaration complémentaire au cours du mois
de mai 2010.
À compter de l'exercice clos
en 2010, ils procéderont à la liquidation de la contribution sur l'imprimé
n°3310 A annexé à la déclaration du mois de mars de l'année
2011 ou, selon le cas, à la déclaration du 1er trimestre
2011, déposée en avril 2011. Pascale
Carbillet
Déclarations
et paiements : cas de figures
Exemple
1 : Une entreprise soumise à des obligations mensuelles clôture son exercice le 31 décembre.
Exceptionnellement, elle déclarera, en mai 2010, la taxe
relative aux encaissements taxables de l'exercice clos en décembre 2009.
Elle déclarera en avril 2011, 2012 et 2013, la taxe relative aux encaissements taxables des exercices respectivement
clos en décembre 2010, 2011 et 2012.
Exemple 2
: Une entreprise, soumise à des obligations trimestrielles, clôture
son exercice le 31 décembre.
Elle déposera :
en avril 2010, sa déclaration de TVA relative au 1er
trimestre 2010 ;
en mai 2010, une déclaration complémentaire (imprimés
3310 CA3 et 3310 A) portant sur le premier trimestre 2010 et mentionnant uniquement
la taxe relative aux encaissements taxables de l'exercice clos en décembre
2009.
Elle déclarera, en avril 2011, 2012 et 2013, la taxe relative aux encaissements taxables des exercices respectivement
clos en décembre 2010, 2011 et 2012.
Exemple 3
: Une entreprise, soumise à des obligations mensuelles, clôture
son exercice le 30 septembre.
Exceptionnellement, elle déclarera, en mai 2010, la taxe
relative aux encaissements taxables de l'exercice clos en septembre 2009.
Elle déclarera en avril 2011, 2012 et 2013, la taxe relative
aux encaissements taxables des exercices respectivement clos en septembre 2010,
2011 et 2012.
Exemple 4
: Une entreprise, soumise à des
obligations trimestrielles, clôture son exercice le 30 septembre. Elle déposera
:
en avril 2010, sa déclaration de TVA relative au 1er
trimestre 2010 ;
en mai 2010 une déclaration complémentaire (imprimés
3310 CA3 et 3310 A) portant sur le 1er trimestre 2010 et mentionnant
uniquement la taxe relative aux encaissements taxables de l'exercice clos en septembre
2009.
Elle déclarera en avril 2011, 2012 et 2013, la taxe relative
aux encaissements taxables des exercices respectivement clos en septembre 2010,
2011 et 2012. |
Sources
: Bulletin officiel des impôts n° 49 du 5 mai 2010, 3 P-3-10, relatif à la contribution sur les ventes à
consommer sur place et à emporter de produits alimentaires.