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Monsieur le président,
Vous
avez bien voulu appeler mon attention sur la contribution assise sur le
chiffre d’affaires des établissements qui réalisent des ventes à
consommer sur place de produits alimentaires destinés à financer le
fonds de modernisation de la restauration (FMR), créée pour aider les
restaurateurs à investir.
Vous
estimez qu’à aucun moment il n’a été question lors des discussions
afférentes au contrat d’avenir de faire financer ce fonds par une
contribution qui ne porterait pas exclusivement sur le chiffre
d’affaires de la restauration relevant désormais du taux réduit de la
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 5,5 %.
Vous
souhaitez dès lors avoir confirmation que l’assiette de la contribution
est limitée aux ventes de produits alimentaires soumises au taux réduit
de la TVA, c’est-à-dire qu’elle n’inclut pas les ventes de boissons
alcooliques.
Votre courrier appelle de ma part les observations suivantes.
Les
organisations professionnelles du secteur "hôtels-cafés-restaurants" et
l’État ont signé un contrat d’avenir le 28 avril 2009 prévoyant les
contreparties et les engagements de la profession à la suite de la
baisse du taux de TVA dans la restauration à 5,5 % à compter du 1er
juillet 2009.
À
travers ce contrat, les organisations se sont engagées à répercuter
totalement les gains obtenus sur la baisse des prix, la création
d’emplois, l’amélioration de la situation des salariés et la
modernisation du secteur.
La
contribution sur le chiffre d’affaires, instaurée par l’article 22 de la
loi n° 2009-888 du 22 juillet 2009 sur le développement et la
modernisation des services touristiques, a été instituée afin de
financer le FMR destiné à aider les professionnels de la restauration à
rénover leurs établissements et à améliorer l’accueil en vue de
développer leur activité et les emplois, et respecter ainsi un des
engagements du contrat.
Elle
est due par toute personne qui exploite en France métropolitaine un
établissement d’hébergement, ou qui exploite un établissement qui
réalise des ventes à consommer sur place de produits alimentaires et
dont l’activité principale résulte de ventes à consommer sur place ou à
emporter de produits alimentaires, à l’exception des cantines
d’entreprises.
Elle
est calculée sur la fraction du chiffre d’affaires annuel réalisé au
cours du dernier exercice clos au titre de l’ensemble des ventes et
produits alimentaires supérieure à 200 000 euros à laquelle est
appliquée un taux de 0,12 %.
L’assiette et le taux de la contribution ont été calibrés de manière à
générer environ 30 millions d’euros de recettes par an pour le FMR qui
pourra ensuite accorder chaque année jusqu’à 110 millions d’euros de
prêts participatifs aux professionnels à des conditions avantageuses.
Le
Gouvernement a préféré privilégier la solution d’un taux faible appliqué
à une assiette large, tout en sachant que l’abattement actuel permet
déjà de ne pas soumettre à la contribution près de 70 % des redevables
potentiels. Il a ainsi choisi d’inclure dans le champ de la taxe,
l’ensemble des ventes de produits alimentaires, y compris les boissons
alcooliques.
L’exclusion des boissons alcooliques aurait conduit à rendre plus
complexe le dispositif, mais surtout à réduire l’assiette de la
contribution et donc à augmenter le taux pour garantir au FMR les
recettes nécessaires à son bon fonctionnement, sauf à en réduire
l’action.
Par
ailleurs, il semble naturel de soumettre à la contribution l’intégralité
du chiffre d’affaires sur les services de restauration des
"hôtels-cafés-restaurants" destinataires du fonds de modernisation, dès
lors qu’ils commercialisent également des boissons alcooliques.
Dans
ces conditions, vous comprenez que je ne peux vous apporter la
confirmation souhaitée.
Je
vous prie de croire, Monsieur le président, à l’assurance de ma
considération distinguée.
Hervé Novelli |