Selon Jacques Borel, la baisse de
la TVA a été répercutée par les professionnels
Pour le président fondateur du club TVA
JB, association de lobbying qui a défendu, aux niveaux national et européen,
les bénéfices du taux réduit de TVA pour le secteur de la restauration,
le coût de cette mesure profite aux salariés et aux finances publiques.
Jacques
Borel avance ses chiffres : le coût de la baisse de TVA en restauration
représente selon lui 2,6 milliards d'euros pour les finances publiques.
Pour parvenir à cette estimation, Jacques Borel effectue le calcul suivant
: la baisse de TVA de 19,6 % à 5,5% représente un différentiel
de 14,1 points. En considérant que 20 % des ventes moyennes - à l'instar
des alcools - ont été exclus de la baisse de TVA, la baisse réelle
correspond à 14,1 points multiplié par 80 % : ce qui donne un différentiel
de 11,8%. D'autre part, ces 11,8% s'appliquent à 22 milliards d'euros de
vente (en sont exclus l'alcool, l'hébergement hôtelier, les ventes à
emporter ainsi que les ventes de la restauration collective), ce qui représente
un coût de 2,6 milliards.
Marge de progression
En contrepartie de cette
baisse de TVA, les professionnels se sont
notamment engagés à répercuter une partie de ce différentiel
à destination des consommateurs par une baisse des prix de leurs prestations,
mais aussi en faveur de l'emploi et des salariés, avec une amélioration
de leurs conditions de travail. Selon Jacques Borel, les professionnels ont rendu
l'équivalent aux finances publiques et aux salariés du coût de cette
mesure. L'augmentation des salaires et des avantages sociaux des salariés du
secteur est estimée à un milliard d'euros par an. La création de
29 500 emplois nets, se traduit non seulement par une augmentation des charges sociales
dans les caisses de l'État, mais aussi par une hausse de l'impôt sur
le revenu et des indemnités de chômages économisées, soit une
somme de 284 millions d'euros. Un total auquel il faut rajouter la baisse des prix
de 1,05 % sur 22 milliards d'euros de vente : soit 231 millions.
Parallèlement, cette baisse de TVA entraîne
une diminution de la fraude à la TVA de l'ordre de 484 millions d'euros et
une baisse du travail au noir qu'il évalue à 324 millions. Cette activité
se traduit par une augmentation de l'impôt sur les sociétés d'environ
87 millions d'euros. Au final, les restaurateurs ont rendu l'équivalent de
2,4 milliards d'euros. Pour Jacques Borel, d'ici la fin du contrat d'avenir en avril
2012, il reste encore de la marge pour que ces performances soient améliorées
et viennent démontrer le bien fondé de cette mesure.