Les offerts ne donnent pas lieu à
régularisation de TVA
Un restaurant offre de temps en temps des
repas, à quel taux faut-il reverser la TVA depuis le 1er juillet 2009, sachant
que le restaurant applique la TVA à 5,5 % sur les consommations hors alcools.
(B.B. par courriel)
Il est de pratique courante dans la
restauration (ou dans les bars) d’offrir à certains clients un plat ou une
boisson. Dans ce cas, on est en présence d’une prestation ou un service rendu à
titre gratuit.
Pendant longtemps, l’administration fiscale considérait que le restaurateur
devait reverser la TVA qu’il avait précédemment déduite lors de l’achat des
produits utilisés. Toutefois, depuis 1989, la TVA afférente aux services rendus
sans rémunération n’a plus à être reversée dès lors que les services offerts
sont "nécessaires à l’exploitation" et qu’ils ne sont pas exclus du droit à
déduction par une disposition particulière.
Cette règle a été explicitée par une réponse ministérielle (Lauga, 8 juillet
1996) qui indique que "lorsqu’ils offrent a leurs clients un plat ou une
boisson, les restaurateurs sont réputés, pour l’application des règles de TVA,
effectuer une prestation de services à titre gratuit. La taxe afférente à ces
dépenses est déductible lorsqu'elles sont exposées dans l'intérêt de
l'exploitation".
Mais cette même réponse ministérielle précise qu’il faut en outre que
l’entreprise justifie ces offerts : "la justification de ces offerts peut être
apportée par les restaurateurs au moyen des notes ou tickets de caisse qu'ils
conservent à l'appui de la comptabilité et sur lesquels doit être mentionnée la
nature de la prestation offerte".
Quant à la notion de "nécessaire à l’exploitation", il s’agit d’une question de
fait qui dépend des caractéristiques de l’établissement et des circonstances
propres à chaque exploitation. Il n’existe pas de règle précise ni de limite
quantitative, et il y a peu de jurisprudences sur ce sujet. Les quelques
décisions de justice qui existent visent des hypothèses de reconstitution du
chiffre d’affaires suite à un rejet de comptabilité de l’entreprise et sont très
hétéroclites. Certaines admettent un pourcentage de 10 à 15 % d’offerts, quand
d’autres citent des proportions de moins de 5 %. Tout va dépendre donc des
justificatifs que l’entreprise peut présenter, des caractéristiques de
l’établissement et des circonstances propres à chaque exploitation. Mais dans
tous les cas, l’entreprise doit veiller à bien mentionner ces offerts sur les
factures qu’elles délivrent en précisant la prestation à laquelle elle se
rapporte.
Les offerts qui répondent à l’ensemble de ces conditions ne donnent lieu ni à
régularisation de la TVA déductible sur les achats qui la composent, ni à TVA
collectée.