Comment mesurer les gains obtenus par la mise en œuvre du projet Développement Durable de son établissement ?

La mesure et la quantification de l’impact de ce que nous réalisons sont inhérentes à une démarche de Développement Durable. La dimension économique est l’un des trois piliers permettant d’obtenir la pérennité recherchée.

La particularité du Développement Durable est que nous devons associer le bilan économique de nos actions à un bilan écologique. Un choix judicieux des paramètres à mesurer pour apprécier les résultats obtenus sera indispensable. C’est à partir de l’évolution de ces indicateurs que nous déterminerons si nous devons persévérer dans notre démarche telle que nous l’avons définie au départ ou si nous devons la modifier.

Pour mesurer l’impact de notre démarche vers le Développement Durable nous aurons à choisir parmi plusieurs solutions : soit le Bilan carbone, soit la réponse à un questionnaire pour l’attribution d’un label, ou encore l’élaboration d’un tableau de bord propre à l’entreprise.

LE BILAN CARBONE

Exemple de Bilan Carbone pour une entreprise de spiritueux

Le Bilan Carbone est un excellent outil conçu par l’Ademe. Il est, c’est sa force et sa limite, monocritère, puisque sa vocation est uniquement la réduction des rejets de gaz à effet de serre. Ainsi des éléments comme la réduction des consommations d’eau froide ne seront pas mesurés.
C’est néanmoins un outil puissant qui est parfaitement approprié pour initialiser une démarche vers le Développement Durable. Sa conception permet en effet de l’utiliser à la fois comme un Compteur et comme une Boussole.
Un Compteur qui vous permettra de quantifier les multiples sources de production de gaz à effet de serre dans votre activité. Une Boussole parce que cette quantification vous permettra de vous orienter vers les actions qui auront le meilleur impact.

Sur ce schéma fourni par Antoine Sauvage, directeur du Développement Durable de Courtepaille, vous pouvez constater que l’on prend en compte à la fois les émissions Directes et les émissions Indirectes. Les émissions directes sont celles qui résultent de votre activité et sont assez facilement mesurables. Les émissions indirectes sont plus difficiles à quantifier, ce sont par exemple celles de vos fournisseurs pour les produits que vous achetez chez eux, mais aussi celles générées par vos clients dans leur trajet pour accéder à votre établissement. Dans cet exemple, les déplacements clients ont un poids important dans le Bilan Carbone, ce sera encore plus lourd si vous êtes un hôtel international avec une clientèle accédant chez vous en avion.

Comme vous le constaterez sur le tableau suivant le bilan carbone met en évidence le poids respectif des diverses sources d’émission de gaz à effet de serre chez Courtepaille.

À partir de cette quantification l’entreprise peut, comme le montre le document suivant, établir sa stratégie pour réduire sa production de gaz à effet de serre.


Source Ademe/Courtepaille.

Dans la pratique, tout part de la décision des dirigeants de l’entreprise de s’investir dans la démarche Bilan Carbone. Puis le dispositif s’effectue en 6 étapes.


Source : Eco2initiative/Ademe.

Pour faire un Bilan Carbone, vous pouvez faire former par l’Ademe l’un de vos collaborateurs, ou plus simplement faire appel à un consultant spécialisé. Courtepaille par exemple a fait appel au cabinet Espère, www.cabinet-espere.fr. De même plusieurs des documents de cette rubrique proviennent d’une conférence de l’Ademe animée par François Kornmann d’Alterconsult avec la participation d’Eco2initiative, www.eco2initiative.com, tous spécialistes du Bilan Carbone.

• La réponse à un questionnaire pour obtenir un label :
Comme nous le verrons dans la rubrique suivante, pour se voir attribuer un label, l’entreprise devra démontrer qu’elle réalise les actions nécessaires pour l’obtenir. La réponse aux questionnaires permettant cette démonstration permet de mesurer l’impact de la démarche réalisée dans l’entreprise. Dans plusieurs cas, le Bilan Carbone a d’ailleurs été utilisé comme le premier palier de la démarche vers la labellisation.

• Un tableau de bord propre à l’entreprise :
Depuis la loi RSE sur la Responsabilité Sociale et Environnementale de l’entreprise, les grands groupes ont à produire chaque année un rapport Développement Durable qui décrit ce que le groupe à réalisé dans l’année. Ces rapports comportent au moins une trentaine de rubriques, comme vous pouvez le voir pour la partie environnementale sur l’extrait suivant du rapport du groupe Casino.

http://www.groupe-casino.fr/francais/fichiers/2008RDD.pdf
Si vous n’avez pas ce type d’obligation, vous pouvez néanmoins vous en inspirer pour construire votre propre tableau de bord.

La mesure de l’impact d’une démarche Développement Durable suppose de se fixer une année 0 qui servira de référence. Un Bilan Carbone peut être la solution appropriée pour définir le niveau de départ, de même que la réponse à un questionnaire destiné à une labellisation.
Vous pouvez d’ailleurs utiliser ces outils pour enclencher votre démarche avant de décider de vous y investir à fond. Tout ce que vous aurez recueilli comme information vous sera utile par la suite, parce que par exemple le recueil des données est la phase la plus longue d’un Bilan Carbone.
La mesure de l’impact d’une démarche Développement Durable va modifier certaines de nos habitudes. Il s’agit de s’habituer à utiliser des unités de valeur avec lesquelles nous sommes peu habitués du type : kg équivalent CO2, KWH… pour cela l’Ademe fournit sur son site : www.ademe.fr/bilan-carbone

Un document de référence : le cahier des charges «entreprises». Et une liste de ce qu’ils appellent les «facteurs d’émission» c'est-à-dire les éléments qui permettent de convertir des «données d’activité» (litres d’essence consommés, km parcourus, tonnes d’acier coulé…) en émissions de CO2. Tout ceci vous l’avez compris est affaire de spécialistes et nécessite d’avoir été spécialement formé. Si vous souhaitez former un collaborateur, les formations Ademe durent 3 jours et coûtaient 2 000 € en 2008. (Face à son succès le dispositif sera changé en 2009).
Vous pouvez obtenir une subvention si vous choisissez de faire le Bilan Carbone de votre établissement avec un consultant habilité par l’Ademe. Les délégations régionales de l’Ademe attribuent un montant de subvention plus ou moins élevé en fonction de la pertinence du dossier de demande. Ces subventions représentent au maximum 50 % de 15 000 € d’honoraires pour une intervention d’une durée de 10 à 15 jours.
L’outil de calcul du Bilan Carbone est un tableur auquel sont adjoints d’autres utilitaires. Deux de ces utilitaires permettent de déterminer votre dépendance aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de calculer les surcoûts éventuels générés par une hausse du prix des carburants.
Avec ces éléments vous pouvez calculer pour l’exploitation de votre établissement son seuil de vulnérabilité à une hausse du prix de l’énergie. Vous aurez ainsi une estimation de l’intérêt pour vous de réduire votre dépendance énergétique et d’opter pour des énergies renouvelables.
Un autre exemple démontre que Développement Durable et performance économique sont partie liée. Le groupe Sodexo s’est impliqué depuis 2001 dans une démarche de Développement Durable avec un plan intitulé «Ambition 2015». Ce programme comporte trois domaines :

• La protection de l’environnement (eau, énergie, déchets).

• La nutrition et la santé (lutte conte l’obésité).

• L’implication dans les communautés locales (lutte contre la faim dans le monde).

Pour ce programme, le groupe Sodexo vient d’être distingué dans le «Sustainability Yearbook 2008» en étant, au sein des 2 500 plus grandes entreprises mondiales, parmi les 10 qui associent le mieux : performance économique et Développement Durable. Le groupe a reçu 3 prix prestigieux : le SAM (Sustainable Asset Management) Worldwide Supersector Leader 2008 ; le SAM Gold Class 2008 et le SAM Sector Mover 2008. Ces prix récompensent les meilleures performances économiques, écologiques et sociétales, et l’exemplarité pour le secteur d’activité de l’entreprise.


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