Comment contribuer avec ses collaborateurs à la réduction et au tri des déchets ?

Il n’est pas nécessaire d’aller voir le film «wall.e» pour être conscient de l’amoncellement exponentiel de déchets générés par nos modes de vie actuels. Et tout ce que nous pourrons faire pour limiter les déchets résultant de nos activités et en favoriser le recyclage sera bienvenu.

Selon une étude de l’Ademe, la restauration génère 10 % des déchets ménagers produits en France, soit 2,5 millions de tonnes par an. Un repas au restaurant c’est en moyenne :

• 520 g d’emballages ;

• 330 g d’eaux grasses ;

• 30 ml d’huiles alimentaires usagées.

Avec l’augmentation du prix des matières premières, il sera toujours plus justifié de dire que nos poubelles sont de véritables gisements. La tendance sera de chercher à réduire les déchets et à réutiliser les produits en fin de vie. Devant les coûts élevés et les risques environnementaux liés à la récupération et au traitement des déchets, les pouvoirs publics vont mettre en place des dispositifs de plus en plus contraignants et coûteux. Un établissement sera bien avisé de chercher à trier le maximum de déchets et surtout à les réduire.

1 - La première étape est de réduire le plus possible l’impact écologique des emballages qui constituent un volume important des déchets produits. Cela passe par une réflexion sur les approvisionnements de l’établissement et un échange avec les fournisseurs sur les conditionnements permettant de réduire les emballages. La recherche avec les fournisseurs peut aussi porter sur la nature des emballages. Par exemple pour privilégier des emballages 'écoconçus' pour toute la durée de leur cycle de vie depuis l’origine jusqu’au recyclage.

2 - La deuxième étape est de choisir des produits qui génèrent moins de déchets. De limiter les produits à usage unique et les conditionnements individuels. Une solution de plus en plus répandue pour les produits d’accueil de la salle de bains est la mise en place de distributeurs rechargeables. Dans la même idée, l’offre au petit-déjeuner, de confitures en pots ou de beurriers, plutôt que de doses individuelles. Bien sûr, derrière ces choix il est essentiel de trouver les dispositifs appropriés au niveau de standing de votre établissement. Il est aussi utile de redéfinir les bonnes pratiques avec les équipes : le client sensible au Développement Durable appréciera que la savonnette ou la dosette de shampoing à peine entamée soit encore à sa disposition s’il reste une nuit supplémentaire.

3 - L’étape suivante est le tri sélectif des déchets qui permet en les séparant de récupérer ce qui peut être recyclé et réutilisé. Le tri sélectif doit être effectué par nature de déchet de façon méthodique pour permettre la récupération et le recyclage. L’implication et la responsabilisation des collaborateurs seront de mise. Si le tri est mal fait, les centres de tri doivent soit retrier soit éliminer les déchets ainsi contaminés. Le niveau de performance du tri des déchets dépend des possibilités offertes par les communes et communautés de communes.
Ce sont les différents bacs mis à la disposition de l’établissement qui vont structurer les possibilités de tri, ne triez pas ce qui ne sera pas traité ensuite dans la filière mise en place par votre commune. Les déchets recyclables sont récupérés dans des bennes de collecte spécifiques afin de ne pas les mélanger avec les autres ordures ménagères.
http://www.sociam.com/image_base/Img_502.pdf

Le tri distingue généralement plusieurs filières : les emballages, les papiers, journaux et magazines, le verre, les déchets végétaux et les déchets électroniques.
Si la plupart des communes offrent des possibilités de tri sélectif, les modalités qu’elles proposent sont très disparates. Etonnamment, sur certaines communes par exemple le verre qui se recycle parfaitement et représente un volume important pour l’hôtellerie restauration n’est pas collecté.
Malheureusement, l’offre de contenants pour effectuer le premier tri reste peu développée, si l’on songe par exemple aux poubelles pouvant être mises à la disposition des clients dans leurs chambres.
Certains déchets peuvent en outre présenter des risques sanitaires pour les collaborateurs. Le port des gants et la mise de sacs en plastique (en amidon de maïs ?) dans les poubelles des chambres permettent de préserver les femmes de chambre de certaines contaminations.
Les déchets de l’électronique sont eux récupérés par les fournisseurs, les appareils mais aussi les cartouches d’encre des imprimantes, des photocopieurs et des fax.
Pour certains déchets, vous devrez organiser le transport à la déchetterie, exemple les peintures et solvants.
Les ampoules longues durées et tubes fluorescents usagés sont collectés par des prestataires spécialisés agréés par un organisme qui s’appelle Recyclum dont le site donne toutes les solutions à votre disposition. Attention à ne pas les casser elles contiennent du mercure.
http://www.recylum.com/quefaire/

Pour les eaux grasses, comme Courtepaille, vous pouvez, avec la société Sesem, spécialisée dans le traitement des eaux usées, mettre en place des bacs à graisse avec un traitement bactériologique qui permet de réduire le nombre de pompages, d’éliminer les mauvaises odeurs et de réduire les coûts d’exploitation.
http://sesem.fr/pages/?all=actualites&id=9&idl=21

Enfin la filière de récupération des déchets actuellement la plus organisée pour l’hôtellerie-restauration est celle des huiles usagées. Plusieurs lois successives (depuis la loi du 15 juillet 1975) réglementent la récupération et le traitement des huiles usagées.

Par exemple, Promocash propose une solution simple : l’achat de seaux qui servent à la récupération et une fois remplis sont rapportés chez le distributeur. Ce dernier remet alors un bon de reprise indiquant la quantité récupérée servant de justificatif lors d’un contrôle de la DSV ou de la DGCCRF.
http://www.prochedevous-enligne.com/index.cgi?numero=122&type=article&pageid=1102&archives=1

Des entreprises comme Ecogras et Sud Récupération récupèrent les huiles usagées (pour McDonald’s et Courtepaille en particulier) pour en faire des biocarburants. C’est un exemple parfait d’un recyclage qui permet de transformer un déchet (auparavant jeté dans la nature) avec des risques importants de pollution pour qu’il redevienne une ressource. Mieux McDonald’s en fait, dans son restaurant de beaugrenelle Paris XVe, un élément de décoration en exposant à plusieurs endroits des bouteilles d’huile présentant les différentes phases du traitement.
http://www.ecogras.com/restaurateur/index.html
http://www.sud-recuperation.fr/services.html

Évidemment, plus le tri est fait à la source plus il est simple à réaliser. Aussi nous ne pouvons que vous encourager à organiser avec vos équipes une réflexion sur l’implantation des poubelles et le système de collecte permettant de faire ce tri judicieusement.
Les déchets sont produits à toutes les étapes de fonctionnement d’un établissement, depuis la réception des marchandises jusqu’aux différents moments du séjour des clients, en passant par l’activité dans les bureaux.
Vous pouvez par exemple mettre des solutions à disposition des clients, pour simplifier le travail des équipes de nettoyage. Par exemple à l’instar de ce qui se passe dans la restauration rapide, vos clients apprécieront certainement de trouver des poubelles de tri sélectif dans leur chambre ou un collecteur de piles dans votre hôtel. Dans ce cas, soignez particulièrement avec vos équipes la signalétique, pour que l’usage de chaque poubelle soit totalement explicite pour les clients.

Le traitement des déchets représente surtout des coûts, à l’exception de la possibilité de recycler les déchets organiques en compost pour le jardin ou les espaces verts de votre établissement.
Aussi sur le plan financier, la mise en place d’un dispositif performant de réduction et de tri pourrait s’avérer rapidement judicieux : les taxes sur la collecte et le tri des déchets vont probablement continuer à s’accroître avec en prime à l’instar de ce qui se passe dans certains pays des amendes pour un tri insuffisant.
Enfin pour certains établissements situés dans des zones touristiques ou des centres-villes historiques, les poubelles doivent être sorties seulement à certaines heures. Le non-respect de ces horaires contraignants peut entraîner le paiement d’amendes non négligeables.



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