Gérance

  • Dans cette page, vous trouverez les réponses aux questions suivantes :

N°18, 20, 56 & 162

18

J'exploite une activité de chambres d'hôtes affiliée au réseau Gîtes de France, au titre d'une activité principale. En sachant que je souhaite relever du régime agricole, l'entreprise familiale étant une cave particulière de vins du Languedoc :

  • Pouvez-vous m'indiquer quels types de statuts juridiques et fiscaux peuvent être applicables à cette activité de chambres d'hôtes ?

  • quelles sont les différentes solutions envisageables ?

Quelques informations sommaires sur les différents statuts possibles, semblant pouvoir convenir à votre cas, partant de l'hypothèse que vous teniez à bien séparer vos activités, voici les principales solutions :

1) ENTREPRISE INDIVIDUELLE :

  • pas de notion de capital, mais responsabilité sur vos biens personnels ;
  • transmission de l'entreprise facilitée (cession du fonds, apport en société) ;
  • régime fiscal : impôts sur les revenus - IR - dans le cadre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
  • pas de rémunération hormis les bénéfices ;
  • régime social : celui des travailleurs indépendants.

2) CONSTITUTION D'UNE SOCIÉTÉ (SARL à plusieurs associés) :

  • au minimum deux associés (50 maximum) ;
  • un gérant - voire deux - doit être nommé, par statut ou assemblée générale ordinaire ;
  • un capital doit être déterminé (minimum 8 000 €, mais peut être constitué pour une part par les investissements) ;
  • responsabilité limitée aux apports ;
  • transmission par cession de parts ;
  • régime fiscal I.S. (ou régime micro-entreprise) ;
  • rémunération du gérant possible à inclure dans les charges d'exploitation ;
  • le régime social du gérant :
  • si minoritaire : relève du régime des salariés sauf pour les Assedic,
  • si majoritaire : relève du régime des non-salariés (est considéré comme majoritaire le gérant qui avec les parts de son conjoint et/ou de ses enfants aurait plus de 50 % des parts).

3) CONSTITUTION D'UNE SOCIÉTÉ (EURL, un seul associé) :

  • SARL à associé unique : mêmes règles que ci-dessus, mais compte tenu du fait que c'est un associé unique ;
  • régime fiscal IR dans la catégorie BIC, mais pouvant opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) ;
  • régime : celui des travailleurs indépendants.

20

  • Est-il possible d'être gérant d'une résidence ayant l'activité de chambres d'hôtes ?

Il s'agit d'une habitation transformée en 5 chambres d'hôtes dont les propriétaires ne veulent plus exercer l'activité. Ils veulent nous louer leur résidence et nous permettre de poursuivre l'activité. Est-ce possible?

L'esprit même des chambres d'hôtes n'est pas celui-là : il faut recevoir chez soi, pouvoir y accueillir ses clients comme des amis de passage.

Pour résoudre le problème que vous posez, il faudrait soit que les actuels propriétaires vous louent également leur domicile et aillent s'installer ailleurs, soit que vous utilisiez l'une des installations pour y loger vous-même. L'un de ses deux schémas est-il possible ?

56

Je vais bientôt acheter une structure Gîte de France : un gîte de séjour en gestion libre de 25 personnes. Le propriétaire actuel est agriculteur, ce qui n'est pas mon cas. Je suis salariée à mi-temps dans l'entreprise de mon mari. Le gîte génère un CA annuel de 35 000 €.

  • Quelle est la structure juridique que vous me conseillez d'adopter pour cette activité ? EURL , SARL, SCI ?

  • Notre souhait est bien sûr de ne pas avoir de confusion entre la SARL de mon époux et ma future activité de propriétaire de Gîte. Dois-je nécessairement devenir "commerçante" ?

Une dernière précision ; il n'y aura pas de restauration dans ma structure, seulement de la location puisque c'est un gîte en gestion libre.

Je dois vous avouer que je ne sais pas ce que vous voulez dire par "gestion libre" ?

S'agit-il de gîte rural avec aucune prestation de service fournie par le propriétaire ?

Seulement des loyers payés ? Mais cela ne change rien, j'imagine, à la question que vous posez.

Le chiffre d'affaires que vous indiquez (35 000 €/an) permet une franchise de TVA et un statut de micro-entreprise.

Une EURL ou une SARL seraient de bonnes solutions avec, pour moi, une préférence peut-être pour la SARL vous permettant plus de souplesse si, à court ou moyen termes, vous souhaitiez faire évoluer les choses ; le fait que votre mari ait une SARL n'a aucune importance : les noms et les raisons sociales seront différents.

Par contre, vous pourriez avoir une SCI propriétaire du Gîte à laquelle la SARL payerait un loyer ; cette SARL toucherait les loyers ; mais ceci est peut-être un peu compliqué pour un chiffre d'affaires relativement faible. Donc vous pourriez n'avoir que la SCI, sans SARL.

Ainsi vous le voyez, je ne vous conseille pas grand-chose : tout est possible.

C'est aussi un peu en fonction de vos objectifs : avez-vous l'intention de développer ce projet ? Si vous avez une société, il n'est pas utile d'avoir un statut de commerçante ; mais si vous voulez être salariée ne serait-ce qu'à mi-temps, il faudrait que vous soyez gérant minoritaire (50 % des parts ou moins).

C'est très difficile de suggérer une orientation sans savoir d'une façon précise quelle est votre situation (situation matrimoniale, fiscale, patrimoine, moyens, besoins, objectifs à court, moyen et long terme, question sur la transmission de la société, volonté d'avoir des revenus ou une Plus-value des actifs pour une vente éventuelle à terme, besoin d'améliorer les éléments pour la retraite, etc.).

Donc, les réponses que je vous fais ne sont pas péremptoires - et pour cause - ; volontairement, je vous laisse beaucoup d'options ouvertes, vous donnant peut-être l'impression de vous dire tout et son contraire ?

162

J'ai hérité d'une maison dans laquelle je suis en train de faire des travaux en vue d'y établir 5 chambres d'hôtes dont une familiale.

  • Travaillant sur mes fonds propres et sans aides ni subventions, je me demande quelle serait la solution pour pouvoir au moins récupérer la TVA des matériaux et autres investissements achetés ou effectués ?

  • Dois-je créer une société et si oui de quel type (SARL, SCI, EURL) et de quel montant pour le capital ?

  • Je suis propriétaire des lieux, dois-je les louer à cette société ?

  • En tant que gérant de ladite société dans quelle catégorie de travailleur vais-je me situer ?

  • Dois-je percevoir un salaire ?

  • Quelle serait la meilleure formule pour gérer ce patrimoine ? Déclarations fiscales ? Commissaire aux comptes ? Comment les éviter ?

Plusieurs points sont abordés dans votre question :

  • subventions : pourquoi ne pas prendre un contact avec le Centre de Formalités des Entreprises (CCI) pour voir, dans votre département, quelles sont les possibilités de subventions de Conseil Général, Chambre d'Agriculture, etc. ? Vous pourriez avoir jusqu'à 30 % du montant net des investissements, voire 40 % dans certaines régions ;

Voir le Blog des Experts Subvention en hôtellerie par Catherine Avignon
À noter aussi que selon les départements ou les régions, les subventions pour les études concernant un projet de rénovation ou de création peuvent aller jusqu’à 80 % du montant des études avec un plafond raisonnable.

  • oui, pour pouvoir récupérer la TVA des travaux, il faut créer une société ; ce crédit de TVA sera récupéré par les recettes avec TVA ; ce qui veut dire que dès à présent, vous n'envisagez pas de profiter de la possibilité de faire vos ventes en exonération de TVA, si vos ventes annuelles sont inférieures à 76 300 € (voir réponse à la question 9) ?
     
  • mais ayant une société, peut-on récupérer la TVA, sans attendre d'avoir un chiffre d'affaires d'un montant suffisant pour générer des ventes avec TVA ? Cela me paraît possible encore faudrait-il le vérifier auprès de votre centre des impôts ;
     
  • je pense que vous pouvez créer une SARL à laquelle, vous pourriez louer les locaux destinés à la location en chambres d'hôtes ; c'est cette société qui financera les travaux (pour permettre la récupération de la TVA) et qui exploitera les chambres d'hôtes ;
     
  • vous pouvez être gérant majoritaire mais non-salarié - ce qui évite les charges, mais vous prive des couvertures sociales -, votre rémunération se faisant par les bénéfices ;
     
  • vous pouvez être gérant minoritaire et salarié avec les charges afférentes à tout emploi salarié ; tous ces choix dépendent de votre situation personnelle, en général ;
     
  • si vous avez cette activité, vous êtes bien obligé de déclarer votre chiffre d'affaires et vos résultats selon les procédures de droit commun, soit sur la base de l'IRPP et des BIC, soit en présentant les résultats de la société (il y a beaucoup d'interventions sur ce thème dans les réponses aux questions 6, 15, 18, 40 et 47 de la page "Fiscalité : IRPP, BIC") ;
     
  • si vous avez une SARL, vous n'êtes pas obligé d'avoir un Commissaire aux Comptes ; un comptable seul, pour sortir le compte de résultats et le bilan à moins que vous ne puissiez le faire vous-même.



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