Compte dexploitation et
budget
|
Dans cette page, vous trouverez les réponses aux questions suivantes :
|
N°249
& 300 |
249
|
À plusieurs reprises, vous avez parlé de compte d'exploitation, pour
conclure une étude de marché, servir de base à un business plan mais sans donner de
détails ; vous avez indiqué que l'on pouvait présenter à l'administration fiscale
un compte de résultats, mais précisant aussi dans la réponse à la question 242 "qu'un
bon livre de compte avec recettes et dépenses est bien suffisant pour commencer".
Pourriez-vous me donner un peu plus de précision sur cet
aspect de la gestion ?
|
Vous évoquez deux aspects différents de l'analyse ou de l'anticipation
des résultats, qui dans la méthode sont très proches :
le second devant permettre de vérifier le bien fondé du premier,
mais, dans les deux cas, il s'agit bien de rapprocher le chiffre d'affaires généré par
l'exploitant (ou envisagé dans le projet) des charges qu'elles soient opérationnelles,
fiscales, financières pour aboutir d'abord à un résultat brut, ensuite, le cas
échéant, à un résultat net.
1- RECETTES
Première règle absolue :
ne considérer que le chiffre d'affaires hors taxes ;
la TVA, si l'exploitation n'en est pas exonérée, n'est pas du chiffre d'affaires, mais
une imposition due ; elle trouve sa place provisoirement en trésorerie, mais rien de
plus : il faut donc ne jamais la prendre en compte en recettes, quitte à la faire
figurer sur une ligne à part ;
Deuxième règle :
toujours bien ventiler les recettes entre hébergement, restauration, même
quand, il n'y a que les petits déjeuners et les éventuelles recettes diverses
pour :
- pouvoir vérifier la TVA, si besoin, et répondre à toutes demandes de
l'administration,
- être, par semaine, mois, année, en mesure de vérifier, période par période,
l'évolution des chiffres d'affaires des différentes activités,
- mettre en place un plan d'action commercial - aussi modeste soit-il - et en analyser les
résultats ;
Quatrième règle :
prendre toutes dispositions pour avoir un résultat d'exploitation mensuel, afin de ne
pas attendre la fin d'année pour qu'un comptable annonce une perte ; mais, il ne
s'agit pas de faire de la comptabilité, mais de tenir les comptes comme "une bonne
ménagère", sans aller au centime ou à l'euro près, c'est de l'analytique qui ne
doit pas prendre trop de temps.
2- DÉPENSES
Je propose deux approches possibles :
Méthode simple :
- lister quotidiennement les dépenses en fonction des achats - avec en fin de mois -
un inventaire, surtout pour la restauration, permettant, avec la variation du stock, de
connaître la consommation exacte,
- les dépenses de personnel, quand il y en a, en fonction des salaires avec un ratio pour
les charges,
- les autres dépenses (blanchissage, téléphone, produits d'accueil, fleurs, etc.)
imputées en fonction de facturation quitte à arbitrer quand la facture ne correspond pas
au mois (facture de téléphone bimestrielle à diviser par deux, par exemple).
Méthode plus élaborée :
- l'intérêt majeur de ce suivi - à part l'aspect légal - c'est de savoir, quelles
sont les activités rentables et, surtout, celles qui pourraient ne pas l'être,
- pour ce faire, il faut essayer, à la louche certes, de ventiler les dépenses en
fonction des centres d'activité, c'est-à-dire, l'hébergement et la restauration, cette
dernière ayant toujours une rentabilité plus difficile et des marges beaucoup plus
étroites,
- donc il faut, par exemple, répartir les charges de blanchissage entre hébergement
(draps, linge de toilette...) et restauration (nappes, serviettes...),
- c'est plus difficile de le faire pour l'éventuel personnel salarié mais
indispensable car, le plus souvent, il sera polyvalent ; il faut donc,
évaluer, à la louche si Jeannette, par exemple, passe 75 % de son temps à faire
les chambres, les couloirs, s'occuper du linge des étages et 25 % à faire la mise
en place des petits déjeuners, les préparer, les servir et remettre le tout en place.
C'est la différence entre les recettes et les dépenses
d'exploitation ; c'est ce sur quoi un responsable peut et doit avoir une influence.
Ensuite, pour obtenir le résultat net, il faut déduire les frais
financiers, les assurances, les impôts (foncier, taxe d'habitation, taxe professionnelle
éventuelle, etc.).
Attention :
tout ce qui précède ne correspond pas à une quelconque orthodoxie comptable, mais peut
servir de base à une approche artisanale de la gestion, permettant de suivre votre
activité.
Ceux qui souhaitent aller plus loin peuvent se référer avec beaucoup
d'intérêt au Blog des Experts de Jean-Claude Oulé "Outils de gestion en CHR",
qui présente des tableaux de bord que l'on peut encore simplifier pour les toutes petites
exploitations.
|
300
|
Comment monter un business plan pour l'exploitation de chambres d'hôtes et de
gîtes ?
Existe-t-il un modèle type ou un pro-forma que l'on puisse utiliser ?
|
|
Je vous suggère de vous reporter à la réponse à la
question 249 page "Gestion
: compte d'exploitation", donnant une approche simplifiée sur la tenue, plus ou
moins élaborée, d'un compte d'exploitation plus analytique que comptable.
L'approche budgétaire est la même mais en anticipation ;
sil vous manque des ratios pour les dépenses, je vous conseille d'aller sur le
Blog des Experts de Jean-Claude Oulé "Outils
pratiques de gestion en CHR", en particulier les chapitres "La réalisation
du business plan financier" et "Un exemple d'étude de rentabilité
sommaire".
Vous y trouverez des ratios de consommation pour l'énergie, le
linge... peut-être un peu forts pour l'exploitation que vous envisagez, mais qui vous
donneront déjà une bonne idée.
Prévoyez aussi des frais de promotion.
Quant au taux d'occupation (T.O.) et les recettes moyennes par nuitée
chambre (RMC) - et c'est le plus important - vous n'avez pas d'autres solutions que de
consulter votre concurrence, à niveau de gamme comparable, pour savoir ce que sont leurs
résultats ; prenez des chiffres légèrement en dessous des leurs, tant en T.O.
qu'en RMC, puisque vous devez créer votre notoriété.
Les Comités Départementaux du Tourisme (CDT) et Offices du Tourisme
ne vous donneront que des résultats globaux, ne s'appliquant pas forcément à votre
situation particulière ; ils vous indiqueront cependant si le marché est porteur ou
pas.
À vous de déterminer si, pour vous ou votre conjoint, vous envisagez
une rémunération par salaires (je ne vous le conseille pas pour débuter car cela risque
de trop "charger la barque") ou si vous souhaitez être rémunérés sur les
résultats (par exemple BIC/IRPP).
Vous partez de vos investissements, de vos emprunts éventuels, de leur
charge d'intérêt et de remboursement pour déterminer en combien d'années vous avez un
"Retour sur Investissement" (ROI).
Bien sûr, vous pouvez toujours demander à un cabinet conseil de vous
faire une petite étude (notamment en cliquant sur l'icône ci-dessus "Contacter
l'auteur"). |

Poser une nouvelle question
Protection de vos données
-
Signaler un contenu illicite
|